Archives de catégorie : Insectes

La phorésie

La phorésie désigne le transport d’un organisme (le « phoronte ») par une autre espèce (« l’hôte »). Sur la photo ci-dessous, le phoronte est donc un acarien (4 en l’occurrence) et l’hôte, un Coleoptère (Silphidae).

Photo : D. Messin, 2018

Le phoronte solidement attaché, se désolidarisera lorsqu’il aura trouvé à coloniser un milieu où s’épanouir, et ce, plus rapidement que par ses propres moyens. Il s’agit souvent dans le monde des arthropodes, d’acariens ou de pseudoscorpions. Le Coléoptère quant à lui, aura tout simplement servi de « taxi » !

Il n’y a pas, dans la phorésie de risque vital pour l’hôte (on parlerait sinon de « parasitisme »).

Photo : L. Colindre

 

 

 

Identification des coccinelles de Picardie adultes (moyennes et grandes espèces) – Par Sophie Declercq

Ce document s’adresse aux personnes souhaitant apprendre à reconnaître et identifier les coccinelles. Il ne présente pas une liste complète des espèces connues en Picardie. Il a pour but d’aiguiller au mieux l’observateur.

 

 

Document_identification_simplifie_coccinelles_SDeclercq_dec2013

 

Photo de mise en avant : L. Colindre.

Le jeu des différences : Frelon asiatique/Frelon européen

 

 

 

Selon le MNHN (Museum National d’Histoire Naturelle de Paris), le frelon asiatique progresse de 60 km/an. Il est observé en Picardie depuis 2013 (base ClicNat) et touche actuellement l’ensemble des départements picards. Il a été observé à Guignies dans le Hainaut (Belgique) le 20 novembre 2017.

 

Nous mettons à votre disposition un comparatif des deux Hyménoptères (vue de dessus) :

Frelon européen, Vespa crabro Linnaeus, 1758 – Frelon asiatique, Vespa velutina Lepeletier, 1836

 

1 – Pattes : Européen = pattes brunes / Asiatique = pattes nettement bicolores (jaunes & noires) d’où son deuxième nom : « Frelon à pattes jaunes » ;

2 – Thorax : Européen = noir et brun / Asiatique = complètement noir ;

3 – Abdomen : Européen = jaune « dessiné » de noir / Asiatique = sombre annelé de jaune-orange, puis une bande orangée plus large à l’extrémité.

En outre, les antennes sont brunnes chez l’Européen et complètement noires chez l’Asiatique.

Frelon asiatique, Vespa velutina (L. Colindre)

Frelon européen, Vespa crabro (C. Derozier).

 

Quelques informations complémentaires (Com. pers. C. Villemant, MNHN, 2018) :

Les études menées sur le frelon asiatique ont démontré qu’un nid produisait en moyenne 500 reines.

Au Népal, le frelon asiatique est observé jusqu’à 3000 mètres d’altitude. L’espèce ne craint donc pas le froid et les projections de dissémination de l’espèce étudiée par ordinateur, permettent d’imaginer qu’il pourra atteindre le Nord de la Norvège ou bien encore l’Islande. A contrario, la sècheresse estivale est un frein à sa colonisation (limites Sud Espagne et Afrique du Nord).

En milieu naturel, la prédation est d’environ 1/3 de Diptères, 1/3 de guêpes, 1/3 d’abeilles. Cette prédation est optimale là où les insectes se regroupent (ruches, cadavres d’animaux, étables, bouses, etc).

La principale conséquence de la prédation du frelon asiatique sur les ruches est l’arrêt du butinage des abeilles (conduisant à un manque de réserve hivernale, impactant le couvain). Les frelons asiatiques faisant en effet un « siège » tout l’été. Des grilles « muselières », tenant le frelon à distance de l’entrée de la ruche et l’empêchant de pénétrer à l’intérieur, sont testées chez plusieurs apiculteurs et prouvent actuellement leur efficacité.

Les deux principaux prédateurs naturels connus du frelon asiatique (comme tous les autres Hyménoptères autochtones…) sont Pheromermis vesparum Kaiser, 1987 (Nematoda, Enoplea, Mermithida) et Conops vesicularis Linnaeus, 1760 (Arthropoda, Hexapoda, Diptera).

 

Pour en savoir plus sur la biologie du Frelon asiatique :

http://www.lot.gouv.fr/IMG/pdf/Fiche_descriptive_frelon.pdf

Base ClicNat :

http://www.clicnat.fr/?page=accueil

Nid de frelon asiatique Photo : D. Messin

Remerciements à Jean Claude Bocquillon et Carole Derozier pour les photographies comparatives – Photo de mise en avant : L Colindre.

 

Fiche espèce : Tritomegas rotundipennis (Dohrn, 1862)

Texte et images de Michel BERTRAND

Découvrez sur lien ci-dessous le développement de cet Hémiptère de la famille des Cydnidae.

Attention, il existe trois espèces semblables Tritomegas sexmaculatus (Rambur, 1839) potentiellement présente en Picardie et avérée dans le Nord Pas de Calais, Tritomegas bicolor (Linnaeus, 1758) et enfin Tritomegas rotundipennis (Dohrn, 1862) présentée ici :

tritomegas rotundipennis

Bibliographie :

A retrouver aussi dans l’entomologiste, tome 70, 2014, n° 5 : 319 – 324

Evolution de la systématique myrmécologique

De nombreux changements sont intervenus dernièrement, dans la systématique concernant les fourmis : synonymies, modifications d’espèces ou de genres. Ces modifications touchent l’ensemble de la faune myrmécologique française.

Nous indiquons ici, les seuls changements qui impactent les espèces connues des Hauts-de-France :

  • Myrmica martini est mise en synonymie avec Myrmica scabrinodis.
  • Tetramorium « U2 » et Tetramorium « sp. D » sont mis en synonymie avec Tetramorium caespitum.

 

 

Des mouches et des bijoux

 

 

Par Jean-Jacques Decerf.

 

C’est le responsable d’un centre de vacances, globe-trotter et entomologiste passionné qui me fit cette remarque il y a bien longtemps qui devait marquer ma façon de voir les insectes et en particulier les Mouches notamment dans leur présentation.

« Toute bête » me dit-il « est une œuvre d’art, un bijou de la nature, et à ce titre doit être traité comme tel avec tout le respect que l’on doit à une chose merveilleuse. La façon de présenter chaque insecte devra faire ressortir cette unicité et la beauté que représente la moindre bestiole. »

J’ai gardé par devers moi cette pensée, cette philosophie, et souvent lorsque j’étale une mouche je pense à cet homme et à ses collections, non pas de diamants et de rubis, mais d’insectes magnifiés et traités comme des bijoux.

Avec le temps, ce propos n’a fait que croitre en pertinence. D’un point de vue esthétique d’ abord, la présentation à un public de néophytes de mouches, ou d’autres insectes bien étalés prend toute sa dimension. Agréables à regarder, mouches, punaises et autres en deviennent plus sympathiques, les couleurs ressortent, les morphologies se dévoilent et ces insectes que l’on ignorait deviennent sujets d’interrogation et d’étonnement dans leur présentation.

On découvre avec ravissement que la mouche vaut le papillon dans ses couleurs, qu’elle rivalise d’ingéniosité avec le coléoptère dans ses formes étranges et élaborées, mais attention avec le ravissement de l’esthétisme on risque d’être ébloui par des mœurs et des biologies si singulières.

L’autre point, plus pratique et entomologique, concerne la détermination. L’anatomie bien mise en évidence permet la recherche des critères de détermination qui permettront de mettre un nom sur nos bêtes. Que n’ai-je ragé devant une bête recroquevillée dont des critères importants étaient cachés à mon regard.

Ainsi on peut être démotivé, revenant d’une prospection, des bêtes plein nos flacons, par le travail nécessaire à la préparation d’une récolte hétéroclite. Il y aura nécessairement du rebut, mais ce qui sera conservé devra recevoir le meilleur traitement possible. Les insectes peuvent attendre longtemps dans une boite de stockage avant d’être déterminés, parfois des années, et il serait contre productif de les ressortir les pattes emmêlés et les ailes fripées. Quelle tristesse de poser le regard sur des boites mal entretenues et qui plus est contenant des insectes dans des postures difformes, sans considération pour les êtres merveilleux qu’ils furent.

La pratique de l’art se veut efficace et bien souvent c’est au détriment de l’esthétisme. Pourtant la recherche aussi peut-être belle, même lorsqu’il s’agit de mouches, alors quelle fierté de pouvoir sortir et montrer nos boites comme on présenterait des bijoux.

 

Thelaira sp

Tachina lurida (Fabricius, 1781)

Phasia hemiptera (Fabricius, 1794)

Photos de l’auteur.

 

Fiche espèce – Un syrphe rare : Ferdinandea ruficornis (Fabricius, 1775) !

Bonjour,

Cette jolie femelle est entrée dans la chambre (Cuise La Motte ; 23-06-2017), plus besoin de se fatiguer à les rechercher !


Je l’ai envoyée à Damien Top qui s’est chargé de la détermination et a préparé un petit topo sur la bestiole dont j’ai fait un petit résumé.

Cette espèce n’est connue pour l’instant en Picardie que de l’Oise (Compiègne, 2014 et Plailly, 2015).

« Ferdinandea ruficornis (Fabricius, 1775)

Environnement préféré : forêt de chênes et forêt alluviale de feuillus.
Habitats et habitudes des adultes : données insuffisantes ; probablement largement arboricole, a été trouvé sur les troncs des chênes vivants (Quercus) infestés de Cossus gâte-bois (Cossus cossus).
Fleurs visitées : Campanula latifolia -la Campanule à larges feuilles- (N.Jones, pers.comm.), Heracleum -Berce- (de Buck, 1990).
Période de vol : mars (zone méditerranéenne) et mi-avril / début septembre, avec des pointes début mai et août.
En Europe de l’Ouest au moins, l’association étroite qui existe apparemment entre cette espèce et Cossus cossus implique la rareté du syrphe, puisque la pratique forestière a pour effet d’éliminer Cossus cossus et les arbres sénescents qu’il a infesté. Cossus cossus connaît actuellement un déclin marqué dans une grande partie de l’Europe occidentale et F. ruficornis doit être considéré comme menacé sur une grande partie de son aire de répartition européenne.

D’après Speight (1989), il s’agit d’une espèce utile pour l’identification des forêts d’importance internationale dans le domaine de la protection de la nature.

Sources :

Speight, M.C.D. (2016) Species accounts of European Syrphidae 2016. Syrph the Net, the database of European Syrphidae (Diptera), vol. 93, 288 pp., Syrph the Net publications, Dublin.

Ref biblio :Speight, M.C.D., Castella, E. & Sarthou, J.-P. (2016) StN 2016. In: Syrph the Net on CD, Issue 11. Speight, M.C.D., Castella, E., Sarthou, J.-P. & Vanappelghem, C.  (Eds.) ISSN 1649-1917. Syrph the Net Publications, Dublin. SPEIGHT M.C.D., 1989. Les invertébrés saproxyliques et leur protection. Conseil de l’Europe, collection Sauvegarde de la Nature, n° 42, 77 p.

Michel

Brouteuses de chénopode.

Bonjour,

Dans mon jardin, sur mes plants de chénopode géant (Cuise La Motte).
Il a été difficile de photographier l’adulte. De plus, l’élevage n’a pas abouti, c’est dommage, j’aurais bien aimé voir la chrysalide. Chenilles mises en élevage le 10 septembre. Une chenille pénètre à l’intérieur du papier essuie-tout le 25 septembre, complètement à l’intérieur le 1 octobre, mais n’a, semble-t-il, pas survécu.

Le sujet sur insecte.org : https://www.insecte.org/forum/viewtopic.php?f=2&t=173239&hilit=Chrysoesthia

Michel