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Myriapodes : appel à contribution picarde

  1. Nous relayons le message de M Etienne IORIO (que nous remercions au passage), attaché au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN), Département Systématique & Evolution sur l’opportunité de mieux connaître les myriapodes de notre région. Un manque de données est pointé du doigt par la cartographie que vous retrouverez dans ce communiqué.

« Les myriapodes ne sont plus les grands délaissés d’il y a 20 ans puisque l’activité est croissante sur ce groupe en France, en particulier sur les chilopodes pour lesquels des clés récentes existent. De nombreux trous se sont ainsi comblés dans plusieurs secteurs français grâce à plusieurs collègues qui se sont mis à leur étude. Malgré tout, d’autres secteurs demeurent désespérément vides de données ou presque, alors que des associations sur les insectes et autres arthropodes y existent. C’est notamment le cas en Picardie, comme vous le verrez dans le bref bilan ci-après sur les chilopodes, initialement diffusé en interne au sein du groupe informel des « myriapodologistes » français récemment créé : même les espèces très communes n’y sont quasiment pas signalées » !

 

EI_Etat_des_lieux_connaissance_chilopodes_de_France_nov_2018

 

« La contribution même minime de quelques collectes serait vraiment utile. Comme l’attestent les cartes du bilan cartographique, apporter des données sur des espèces communes de son jardin ou du bois d’à côté combleraient déjà un grand vide picard ».

M Etienne IORIO

L’identification des espèces en Picardie est vraiment devenue plus simple grâce à l’ouvrage que messieurs Etienne IORIO et Aurélien LABROCHE ont réalisé en 2015. Il est aujourd’hui dispo gratuitement en pdf car épuisé au format papier :

https://www.researchgate.net/publication/317850088_Les_chilopodes_Chilopoda_de_la_moitie_nord_de_la_France_toutes_les_bases_pour_debuter_l’etude_de_ce_groupe_et_identifier_facilement_les_especes

lien vers « le monde des insectes » :

https://www.insecte.org/forum/viewtopic.php?t=47295

 

 

La phorésie

La phorésie désigne le transport d’un organisme (le « phoronte ») par une autre espèce (« l’hôte »). Sur la photo ci-dessous, le phoronte est donc un acarien (4 en l’occurrence) et l’hôte, un Coleoptère (Silphidae).

Photo : D. Messin, 2018

Le phoronte solidement attaché, se désolidarisera lorsqu’il aura trouvé à coloniser un milieu où s’épanouir, et ce, plus rapidement que par ses propres moyens. Il s’agit souvent dans le monde des arthropodes, d’acariens ou de pseudoscorpions. Le Coléoptère quant à lui, aura tout simplement servi de « taxi » !

Il n’y a pas, dans la phorésie de risque vital pour l’hôte (on parlerait sinon de « parasitisme »).

Photo : L. Colindre

 

 

 

La maladie de Lyme

Laurent Colindre & Jean-Hervé Yvinec.

 

 

 

 

 

 

La maladie de Lyme ou Borréliose de Lyme, est une zoonose. L’infection (bactérie) est en effet transportée par un animal. Dans le cas présent le vecteur de transmission est une tique (Arthropoda, Arachnida, Ixodida). Le rostre de l’animal est spécifiquement hérissé permettant à l’animal de s’ancrer très solidement dans la peau.

La tique peut transmettre la bactérie à l’homme au moment d’une morsure (NB : toutes les tiques ne sont pas infectieuses). En outre cette maladie, n’est en aucun cas contagieuse.

Dans les 3 à 30 jours suivant la morsure, la maladie peut apparaître sous la forme d’une rougeur, puis s’étendre sous forme de cercle (centrifuge) autour de la morsure, appelé « érythème migrant ». L’érythème se dissipe pour disparaître complètement en quelques semaines. Mais il n’apparait que dans environ la moitié des cas.

Il faut consulter un médecin (y compris sans rougeur apparente ou sans érythème) si des symptômes grippaux ou de fatigues inhabituelles sont consécutifs à une morsure, quelques semaines après.

Le médecin traitant prescrira des antibiotiques et l’on considère que trois semaines de traitement sont nécessaires.

En l’absence de ce traitement ou si le diagnostic survient plusieurs mois (voir années) plus tard, la maladie passe en phase chronique. Alors, des atteintes du système nerveux (hemiparalysie faciale, fortes fatigues), des articulations (arthrite), de la peau, du système digestif et du cœur peuvent se déclarer. La forte fatigue reste un symptôme récurrent.

Afin d’éviter au mieux la transmission de la maladie avant une promenade :

La période s’étend d’avril et octobre (avec des pics en mai-juin et septembre-octobre). Les herbes hautes sont des milieux propices : le port de guêtres, ou chaussettes par-dessus du pantalon est recommandé. Les bottes sont aussi une bonne protection. Vérifiez les parties découvertes du corps (bras, nuque, etc) pendant la promenade et badigeonnez d’un répulsif cutané.

Après une promenade :

Inspectez très soigneusement le corps y compris dans les endroits de pliure (derrière le genou, pliure du coude, aisselles) et cuir chevelu, à l’endroit du resserrement de la ceinture, les jambes. Une douche et le lavage des vêtements complètent le dispositif de protection.

Il est primordial d’être muni de pinces permettant le retrait total de la tique. Deux pinces (« tire-tique » ou « crochet à tique ») très efficaces pour un prix modique existent, selon la taille de la tique à retirer. Les pharmacies vendent souvent les pinces en duo. Il suffit alors d’insérer le corps de la tique dans l’encoche et de tourner doucement la pince jusqu’à ce que l’animal lâche prise, puis désinfectez à l’alcool modifié. Il ne faut surtout pas essayer de retirer ou comprimer le corps de la tique avec une pince à épiler (ou autre instrument) ce qui risquerait de propager la bactérie par régurgitation.

    

Le retrait de l’acarien doit être le plus rapide après détection. En cas de fixation prolongée, il est indispensable de consulter un médecin et de recevoir un traitement curatif.

Vous pouvez contribuer à améliorer la prévention en signalant vos piqûres avec le projet CITIQUE (laboratoire tous chercheurs, centre INRA Grand Est-Nancy) :

http://ephytia.inra.fr/fr/C/24958/Signalement-TIQUE-Signaler-une-piqure

 

Photos : L. Colindre.

NB : Il ne s’agit ici que de recommandations qui ne saurait se substituer à un avis ou un diagnostic médical. En aucun cas l’ADEP ou l’un de ses membres ne pourrait être mise en cause, ni engager sa responsabilité.

 

Mots-clés : tique, ixodes.

 

Les Plathelminthes terrestres invasifs (Geoplanidae).

 

 

Image de mise en avant :

Figure 24 (PeerJ 4672) – Diversibipalium blue.png 1,599 × 1,601; 4.18 MB Media from Justine et al. 2018 – PeerJ/4672. Licence « Creative Commons ».

 

Une fois n’est pas coutume, il n’est pas question d’arthropodes mais de vers prédateurs terrestres, dits « bipaliinés ». La France compterait 10 espèces invasives de plathelminthes. Relayer cette information est donc primordiale (impact sur la biodiversité).

Ci-joint la communication de M Jean-Lou Justine, Directeur-Adjoint, ISYEB, Institut de Systematique, Evolution, Biodiversite (UMR7205 CNRS, EPHE, MNHN, UPMC) Museum National d’Histoire Naturelle CP 51, 55 rue Buffon 75231 Paris cedex 05, France :

« La semaine dernière a été publié un article scientifique, concernant les Bipalium et Diversibipalium de France et/ou des territoires d’outre-mer et publié dans la revue scientifique PeerJ (journal scientifique de biologie et de médecine, couvrant de larges domaines).

Vous pouvez lire l’article (en anglais) en cliquant ici :

https://peerj.com/articles/4672

Il existe une version française intégrale de l’article avec photos :

http://dx.doi.org/10.7717/peerj.4672#supplemental-information

sous le titre français « Des vers géants chez moi ! Plathelminthes (Geoplanidae, Bipalium spp., Diversibipalium spp.) en France métropolitaine et dans les territoires français d’outre-mer ». L’article fait 45 pages + annexes. »

Jean-Lou Justine