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Contribution à la connaissance des Lépidoptères de l’Aisne, Région Haut de France.

Par Philippe MATHIAS :

Lorsque mon père revint de sa captivité en Allemagne j’avais presque 11 ans et des souvenirs assez

vagues. Mais je savais qu’il avait une collection de papillons que ma mère m’avait montrée avant de la

mettre à l’abri des bombardements de la région parisienne. Je revoie encore mon père dans l’entrée de la

maison de Pavant, le chien qui l’avait reconnu entre les genoux, ouvrir la petite boite que j’avais préparée

avec des papillons attrapés dans le jardin. Je me souviens encore très bien qu’il s’agissait d’une espèce

aujourd’hui disparue du village : la melitée des scabieuses (Melitaea parthenoides). Ensuite ce fut le

début d’une collection d’abord de papillons de jour (près de 85 espèces sur la centaine que l’Aisne

comptait à cette époque) puis de papillons de nuit grâce au grand jardin familial et au piège lumineux

installé dans une pièce du grenier. Les nuits d’été il y avait parfois une foule innombrable et je récoltais

les espèces que je ne connaissais pas car mes moyens et la place étaient limités ! Puis ce furent les

déplacements en France et en Europe à la recherche d’espèces nouvelles pour la collection. Je n’oublie

pas non plus les espèces exotiques collectionnées grâce à des amis que je remercie mais dans un esprit

plus esthétique que scientifique ! Depuis, à la retraite depuis plus de 20 ans j’ouvre une fiche par espèce

et classe au mieux la collection. N’ayant pas la passion de la photographie, et c’est dommage ce sont des

souvenirs agréables qui défilent devant moi. J’espère qu’à l’avenir la collection sera autre chose qu’un

musée d’espèces disparues !

 

Retrouvez ici le lien, la collection de Philippe Mathias, document intitulé :

« Contribution à la connaissance des lépidoptères de Picardie, région Hauts-de-France ». ADEP (2017)

Mathias Collection papillons Picardie

Mots clés : Aisne, Collection, Lépidoptères.

De l’utilité et de l’importance des collection

De l’utilité et de l’importance des collections

Les prélèvements d’insectes effectués  lors des sorties permettent d’inventorier la faune mais aussi de créer des collections de référence. Celles-ci fournissent la matière première permettant de réaliser des inventaires et des atlas, à l’échelle d’un massif forestier, d’une réserve naturelle ou encore d’une région… Pour les insectes, souvent de très petite taille, seule une étude minutieuse permet de séparer des espèces souvent proches et les observations dans la nature même n’ont alors quasiment aucune valeur scientifique tant les risques de confusion sont élevés. Ces collections sont des outils indispensables à l’exercice de l’entomologie. La possibilité de revenir sur les déterminations est un élément scientifique important qui n’est possible que grâce à la mise en collection.

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Elles ont donc des rôles multiples :

  • Outils de détermination et de formation
  • Stockages de données biologiques à long terme avec possibilité de retour et d’analyses diverses comme la génétique.
  • Outils scientifiques
  • Outils pédagogiques

Aux reproches ou aux incompréhensions auxquels les entomologistes sont parfois confrontés à cause du prélèvement de spécimens, il existe donc de nombreuses réponses.  Il ne s’agit pas d’oiseaux ou de mammifères mais d’arthropodes de très petites tailles avec des capacités reproductives importantes. Sauf exceptions rarissimes, lorsqu’un insecte est présent dans un milieu, il y est généralement bien présent et souvent très abondant. Les prélèvements n’ont donc qu’un impact extrêmement limité si ce n’est nul. C’est la raison pour laquelle les entomologistes se battent avant tout pour la préservation des milieux et peu pour les espèces. Le faible nombre d’entomologistes et de prélèvements eu égard aux vastes espaces à inventorier ne plaide pas non plus pour une modification des méthodes d’études. Ceci étant, pour des groupes d insectes de grande taille, identifiables sur le terrain, les entomologistes recourent depuis de nombreuses années à la simple observation ou à la photographie. Malheureusement, ceci ne peut guère concerner qu’une partie des libellules, papillons,  orthoptères et autres.

En revanche, l’impact des pesticides est considérable, tout comme celui de la réduction des espaces naturels, les comblements de zones humides,  la pollution lumineuse ou de bien d’autres facteurs anthropiques qui ont fortement impacté les entomofaunes depuis quelques décennies.