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article traitant d’araignées

Parade amoureuse chez Pardosa amentata (Clerck, 1757)

Parade amoureuse chez Pardosa amentata (Clerck, 1757), genre aussi appelé « araignée loup » ; mai 2010, abord du canal de la Somme, Blangy-Tronville (E. Vidal).

Le mâle lève ses pédipalpes en les alternant…

…et en marquant des pauses puis…

…les agite frénétiquement devant la femelle.

Le mâle lève cette fois ses pattes avant, pour signifier au photographe son agacement.

Ce dernier cliché montre une femelle pas encore séduite.

Séminaire Entomologique de Senlis 2018 : Les araignées d’Ermenonville.

 

 

 

 

 

 

Par Céline PAGOT.

A Senlis, le mardi 16 octobre, Emmanuel Vidal, arachnologue de l’ADEP, a présenté en compagnie de Jean-Luc Hercent (PNR Oise-Pays de France) les résultats de son travail sur les araignées en Forêt Domaniale d’Ermenonville.

Photo : Céline Pagot

La présentation s’est déroulée en deux parties avec une introduction sur la forêt d’Ermenonville et la mise en place de la Réserve Biologique Dirigée dans un premier temps. Sur les 3000 ha de landes connues auparavant, ce sont 150 ha qui resteraient aujourd’hui, selon les explications de Jean-Luc Hercent. Les derniers aménagements forestiers ont permis de créer la Réserve Biologique Dirigée au cœur de la forêt domaniale justifiée par la biodiversité particulière retrouvée lors des diagnostics Habitats-flore-Bryologie et Araignées.

A suivie une présentation détaillée de l’étude sur l’arachnofaune de la RBD. Les  échantillonnages ont permis d’étudier divers aspects paysagers de cette partie de la forêt dont les caractéristiques landes sèches à callune. Des affinités de groupes d’espèces d’araignées aux conditions écologiques particulières rencontrées sur le terrain ont pu être mises en évidence.

Jean-Luc Hercent et Emmanuel Vidal (au micro) Photo : C. Pagot.

Cet inventaire a permis de déceler une nouvelle espèce pour la France : l’araignée Anyphaena furva (ci-dessous), araignée forestière et thermophile. Cette découverte très intéressante pour la forêt d’Ermenonville conclut que celle-ci n’a pas fini de nous dévoiler quelques surprises…

Photo : Jean-Hervé Yvinec

Pour plus de renseignements sur l’étude : secretariat@adepentomo.fr ou télécharger directement le pdf sur le site.

Fiche espèce – Misumena vatia (Clerck, 1758)

 

 

Cette araignée de la famille des Thomisidae, se tient toujours à l’affût sur les inflorescences. L’araignée évolue en toute discrétion. Elle est en outre, capable de changer de couleur en quelques jours (Théry et Casas, 2009) pour se confondre avec son environnement. Les espèces douées d’homochromie variable ne sont pas rares et certains coléoptères sont d’ailleurs capables de changer de couleur en moins d’une minute (Fiszman, 2017).

L’araignée est capable de tuer des proies beaucoup plus volumineuses. Afin de ne pas être emportée par les insectes volants qui viennent butiner, le venin injecté est très rapide et… efficace (Roberts, 2009).

Le dimorphisme sexuel est grand. Le mâle est facilement identifiable. Plus petit que la femelle ( 4 mm contre 10 mm), il possède une tâche blanche sur le céphalothorax et deux bandes foncées sur l’abdomen. Les deux premières paires de pattes sont annelées. Les deux dernières paires sont diaphanes.

 

Mâle Misumena vatia sur pissenlit. Photo : L Colindre (2013).

Détail du mâle sur renoncule. Photo : L. Colindre (2018).

La femelle est plus « ronde ». Sa couleur varie du jaune au blanc en passant par le vert. Des bandes rougeâtres sur les côtés de l’abdomen apparaissent parfois (non systématique).

Femelle jaune…. Photo : L. Colindre (2013).

…ou blanche… Photo : D. Messin (2010).

…ou blanche à bandes rougeâtres. Photo : L. Colindre (2012). Ici la femelle tisse un nid au bout de la feuille.

L’espèce peut être parfois confondue avec Ebrechtella tricuspidata (Fabricius, 1775) [synonymie = Misumenops tricuspidatus (Fabricius, 1775)] mais cette dernière a toujours un céphalothorax vert caractéristique (cf. photo ci-dessous, L Colindre – 2013).

Bibliographie :

  • Fiszmann Pierre-Louis (2017) « Les mécanismes physiologiques responsables de l’homochromie variable dans le monde animal Thèse doctorat vétérinaire « Faculté de médecine de Créteil. 112 p.
  • Roberts M.J., (2009) « Guide des araignées de France et d’Europe » Ed. Delachaux & Niestlé » 383 p.
  • Théry M., CASAS J. (2009) « The multiple disguises of spiders : web colour and décorations, body colour and movement ». Philos. Trans. R. Soc. B Biol. Sci. 364, 471-480.

araignée crabe.

Les Dysdera : des araignées pas si faciles à déterminer !

Textes : Carole Derozier & Laurent Colindre

Photo de mise en avant : Laurent Colindre

 

 

C’est une question récurrente sur les blogs naturalistes. Comment distingue t-on les deux espèces présentes chez nous à savoir D. crocata C.L. Koch, 1838, et D. erythrina (Walckenaer, 1802) ?

Au risque d’en décevoir beaucoup, la présence ou l’absence des épines postérieures du fémur n°4 n’est pas un critère fiable à 100% :

 

Epines sur fémur 4 : photo de Carole DEROZIER

Ou absence… : photo de Laurent COLINDRE

Epines que l’on peut apercevoir sur l’avant du fémur 4 (photo : Michel BERTRAND)

 

Certaines clés dichotomiques évoquent 1 à 3 épines pour Dysdera crocata et aucune pour Dysdera erythrina. Ce n’est pas le seul critère d’autant qu’une autre espèce, Harpactea rubicunda (C.L. Koch, 1838) très semblable peut être, elle aussi, identifiée dans notre espace régional. Cette dernière possède de 8 à 10 épines sur le fémur 4.

La détermination en passe aussi par l’étude des épines submédianes, apicales et latérales mais également par l’observation à la loupe binoculaire du tarse de la patte-mâchoire, du sternum, de la coloration de l’individu, etc… Le critère le plus précis étant l’étude des pédipalpes chez le mâle, et de la vulve chez la femelle (l’épigyne étant « sclérifiée » la rendant peu intéressante pour la détermination, comme chez toutes les araignées aplogynes). Vous l’aurez compris, le genre Dysdera reste complexe et nécessite une observation multi-critères.

Dans d’autres régions (et particulièrement dans le Sud de la France) la détermination est rendue encore plus difficile puisqu’il existe plusieurs espèces très proches.

Pour aller plus loin :

araneae – Dysderidae

Familles / Dysderidae | Les araignées de Belgique et de France

Vous remarquerez la taille des chélicères. Adaptation à un régime alimentaire à base de Cloportes (généralement dédaignés par les autres araignées). Même si elle n’est pas dangereuse, des cas de morsures ont déjà été décrits. Photo : Michel BERTRAND.

 

Photo : Michel BERTRAND.

Un grand merci à Marina pour ses conseils et à Michel pour ses superbes clichés.

 

Fiche espèce – Zoropsis spinimana (Dufour, 1820) dans le sud de l’Aisne

 

 

Texte et photos : Marina CHAVERNOZ

 

 

 

Zoropsis spinimana est une grosse araignée (jusqu’à 20 mm) plutôt du sud de la France. Néanmoins, depuis plusieurs années, cette dernière remonte jusqu’à Paris où elle va privilégier des endroits chauds comme les maisons.

Elle très reconnaissable grâce au masque de Nosferatu présent sur son céphalothorax. Elle pourrait éventuellement être confondue avec la seule autre représentante du genre, Zoropsis media, mais cette dernière est vraiment méditerranéenne. Un article du monde des insectes nous donne des critères pour les différencier1.

Dans ClicNat2, seules 2 données sont mentionnées, une de 2013 à l’intérieur de l’usine Bic Rasoirs de Longueil Sainte Marie dans l’Oise et la dernière de 2018 dans mon garage à Gandelu dans l’Aisne.

Dans l’INPN3, heureusement, bien plus de citations apparaissent. Ces 2 données, auxquelles il faut ajouter une donnée en Moselle (2013), sont les plus « nordistes » des données répertoriées dans cette base.

La galerie du monde des insectes4 ajoute une autre donnée en Moselle trouvée par la même personne au même endroit en 2014 que la donnée de 2013.

Le faible nombre de données « nordistes » et le fait que dans les quatre cas il ne s’agit que de femelles ne permet pas de conclure totalement à son installation durable sous nos latitudes. Cette araignée escalade très aisément les parois verticales et pourrait très bien arriver dans nos voitures lors de voyages.

Une fois dans, l’œil elle se reconnait facilement, faites enregistrer vos données si vous la voyez !

Liens :

1 – https://www.insecte.org/spip.php?article83

2 – http://obs.picardie-nature.org/?page=fiche&id=4801

3 – https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/234211

4 – https://www.galerie-insecte.org/galerie/repartition.php?gen=Zoropsis&esp=spinimana

 

Scytoides thoracica : une araignée étonnante.

Difficile de se tromper sur son identification si l’on y prête un temps soit peu attention. Cette petite araignée noire et brune (3 à 6 mm) présente sur le céphalothorax circulaire, des arabesques noires caractéristiques (cf photo jointe), un abdomen rond et des pattes annelées. Elle ne possède « que » 6 yeux contrairement à la majorité des araignées.

Autre caractéristique : elle est haplogyne (c’est-à-dire que la femelle est dépourvue d’épigyne). Mais ce n’est pas tout. Cette espèce ne construit pas de toile. Nocturne, elle se déplace très lentement sur les murs (à l’intérieur des habitations) à la recherche de proies. C’est une araignée « cracheuse » qui lance un savoureux mélange « poison-colle » sur ses proies.

Dans notre périmètre géographique, c’est la seule espèce de son Genre. Dans le Nord, elle a coutume à rentrer dans les habitations (dans le Sud, on la trouve plutôt sous les pierres). Si elle est signalée dans l’Oise, l’Aisne et la Somme, sa répartition est encore incomplète : n’hésitez pas à nous signaler sa présence.

Clichés : L.Colindre.

Inventaire Marais de l’Isle à Saint-Quentin

L’ADEP procède en ce moment à l’inventaire préalable des Coléoptères et Hétéroptères du marais. Ainsi qu’à celui des Araignées, qui se trouve dans sa phase principale de réalisation.

Pour les Coléoptères et Hétéroptères, une première mission à eu lieu le 20 10 2016 pour inventorier les gouilles (sortes de mares creusées dans un tremblant) de la Zone U.

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Transports des spécialistes par barge au sein de la réserve de St Quentin

 

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bacs et filets pour la recherches des aquatiques

Pierre Queney, Daniel Lohez et J.H. Yvinec y ont participé.

 

Une seconde journée d’inventaire a pris place le 06 11 2016, lors d’une sortie ADEP. Durant cette journée, Miguel Carreira et J.-H. Yvinec ont collecté punaises et coléoptères aquatiques dans des fossés tandis qu’Emmanuel Vidal se consacrait à l’inventaire des Araignées.

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Pierre Queney en action dans une gouille de la réserve de St Quentin