Tous les articles par Laurent Colindre

Diagnostic entomologique et aranéologique du Bois de Tillet, Forêt de Retz, Picardie

Les atteintes aux landes sèches du Bois de Tillet portées au cours du siècle dernier les laissent dans un état de conservation défavorable. Leur remise en état nécessite un programme de restauration important, guidé par une notice de gestion adaptée. Une partie de ces travaux sera réalisés dans le cadre des mesures de compensation environnementale liée la mise en deux fois deux voies de la RN2.

Nous portons à votre connaissance le diagnostic entomologique complet réalisé par l’ADEP sur une partie de l’année 2019.

Atypus affinis Photo LC

Atlas de la biodiversité communale : Inventaire des arthropodes du parc de geresme. Crépy-en-Valois (Oise, 60)

Pour connaître la biodiversité entomologique présente, la ville de Crépy-en-Valois a commandé à l’ADEP un inventaire faunistique entrant dans le cadre du projet d’ABC (« Atlas de la Biodiversité dans les Communes ») et centré sur trois groupes d’insectes : les lépidoptères (Papillons), les orthoptères (Criquets, Grillons, Sauterelles) et les odonates (Libellules).

ADELSKI A., COLINDRE L., DEROZIER C. & PAGOT C. (2018) Inventaire des arthropodes du Parc de Géresme et de la pelouse des remparts, Crépy-en-Valois (Oise, 60) Atlas de la Biodiversité Communale, 34 p.

Bulletin de l’ ADEP EN LIGNE : ANNEE 2016 n°28

Téléchargeable ici :

Au sommaire de ce numéro :

HALLART (Guénael) – Liste des Tipulomorpha inventoriés en Thiérache en 2015 (Diptera, Tipulomorpha) — 2
VIDAL (Emmanuel) & VANSTEENE (Nicolas) – Sur la piste de Andrena hattorfiana (Fabricius, 1775) (Hymenoptera,
Andrenidae) — 4
VIDAL (Emmanuel) & LEMAIRE (Léa) – Une abeille endeuillée dans le Laonnois (Hymenoptera, Apidea) — 5
VIDAL (Emmanuel) – Un bourdon en chasse un autre (Hymenoptera, Apidae) — 6
COLINDRE (Laurent) – Une fourmi invasive décelée en Forêt domaniale de Compiègne : Lasius neglectus Van Loon,
Boomsma & Andrasfalvy, 1990 (Hymenoptera, Formicidae) — 7
COLINDRE (Laurent) – Les fourmis en Picardie : bilan des découvertes et redécouvertes 2015 (Hymenoptera,
Formicidae) — 8
COLINDRE (Laurent) – Les fourmis en Picardie : bilan des découvertes et redécouvertes 2016 (Hymenoptera,
Formicidae) — 11
BOCQUILLON (Jean-Claude) – Un ravageur des forêts inattendu, Melolontha hippocastani Fabricius, 1801 — 13
BOCQUILLON (Jean-Claude) – Sur quelques champignons entomopathogènes — 14
BOCQUILLON (Jean-Claude) – Rencontre avec un Mallophage — 15
VIDAL (Emmanuel) – Comme un grain de sable (Araneae, Philodromidae) — 16
VIDAL (Emmanuel) – Découverte de Tetragnatha shoshone Levi, 1981 en Picardie et à propos des espèces compagnes
hygrophiles (Araneae, Tetragnathidae) — 16
ADELSKI (Adrien) – Anatis ocellata (Linnaeus, 1758) dans le département de l’Oise (Coleoptera, Coccinellidae) — 18
SINNAEVE (Thierry) – Isorhipis marmottani (Bonvouloir, 1871) coléoptère Eucnemidae,
présent en forêt de Laigue — 22
DUQUEF (Yann) – Observation récente de Nezara viridula dans le département de la Somme
(Insecta, Heteroptera) — 23
DUQUEF (Yann & Maurice) – Observation inhabituelle d’Acheta domesticus (Linnaeus, 1758) en 2016 dans la Somme
(Orthoptera, Grillidae) — 23
FOURNAL (Martin) – Sur la découverte de Ecliptopera capitata (Herrich-Schaffer, 1839) en Picardie (Lepidoptera,
Geometridae) — 24
FOURNAL (Martin) – A propos de Perizoma sagittata (Fabricius, 1787) dans le Beauvaisis
(Lepidoptera, Geometridae) — 24
DUQUEF (Maurice) – Lépidoptères rares de Thiérache (Aisne) — 25
DEROZIER (Carole) – Chrysodeixis chalcites (Esper, 1789) et Thysanoplusia orichalcea (Fabricius, 1775)
(Insecta, Lepidoptera) — 26
THALMANN (Joël) – Caractères morphologiques sexuels chez Phosphuga atrata (Linnaeus, 1758), (Coleoptera,
Silphidae, Silphinae) — 27

Les guêpes 2020

On entend beaucoup parler des guêpes en cette année si particulière. On entend beaucoup de choses sur elles, parfois vraies, souvent fausses…

Un article de presse très intéressant paru dans « 20 minutes » intitulé : Prolifération de guêpes : « Le confinement n’a rien à voir, et l’hiver doux pas beaucoup plus ». tire au claire les particularités par la voix de Quentin Rome, entomologiste au Museum National d’Histoire Naturelle :

http://www.20minutes.fr/article/2845439/api-rss

Vespula germanica (Fabricius, 1793) Photo : LC

Fiche espèce : Pseudicius encarpatus (Walckenaer, 1802)

Si le dimorphisme sexuel est marqué, la livrée du mâle ne passe pas inaperçue. Zébrée longitudinalement de noir et blanc, cette petite Salticidé (5 à 7 mm) se trouve sur les écorces (ici sur un tronc d’arbre bien exposé).

Pseudicius encarpatus mâle, Photo LC

L’espèce semble peu commune avec seulement 3 observations picardes (base ClicNat). Le mâle de la photo a été observé à Pierrefonds fin mai 2020.

Femelle Photo : Luc Gizart sous licence CC site www.internet insecte.org

L’ autorité dans la nomenclature zoologique

Citer une espèce nécessite de respecter la règle de nomenclature zoologique. Le nom d’une espèce est décrite selon : le genre, l’espèce et l’autorité. Exemple :

Formica rufa Linné, 1758

Le genre : « Formica » qui regroupe plusieurs espèces de mêmes caractéristiques anatomiques, « l’espèce » : rufa et enfin, « l’autorité » : qui est le nom de la personne qui a décrit l’espèce suivi de l’année de sa description.

Mais attention : l’utilisation des parenthèses pour l’autorité est codifiée. Si l’autorité apparait entre parenthèses, cela signifie que l’espèce a été transférée de genre depuis sa description. Dans le cas contraire, il n’y en aura pas comme dans notre exemple ci-dessus.

Pour l’espèce Lasius niger, qui a été décrite comme « Formica nigra » par Linné lui-même en 1758 puis redirigée vers le genre Lasius postérieurement. L’autorité est donc entre parenthèses.

Lasius niger (Linné, 1758)

Si cela peut paraître complexe (voir complètement inutile, comme certains le disent) c’est une des règles du code international de nomenclature zoologique.

Ainsi vous n’aurez plus de questionnement quand vous verrez apparaitre à la fois les deux formes dans les listes d’espèces présentées ici ou là sur ce site, dans les articles scientifiques, le bulletin de l’Adep ou autres.

Les larves à « queue de rat »

Larve d’Eristalis, Photo LC

Connaissez vous les « larves à queue de rat » ? Les Diptères, Syrphidae avant d’être adultes, pondent dans l’eau, y compris dans des milieux « sales », eutrophisés (photo ci-dessous).

Milieu de la découverte : une fosse à lisier où stagne une eau des plus sales qui soit !

Mais aussi : les mares temporaires, les eaux croupies, les abreuvoirs à bovins, les récupérateurs d’eau, etc.

Cet appendice est très long et fonctionne comme un « tuba » pour respirer sous l’eau.

Une fois leur cycle terminé, les larves s’en vont nymphoser non loin pour devenir de belles mouches nectarifères, et devenir comme ça :

Syrphe du genre Eristalis Photo LC

Il existe d’autres Syrphes présentant cette caractéristique : les Helophilus : mais la larve reste plus petite ainsi que les Diptères Stratyiomidae.

Je reconnais que ce reportage n’a rien de « ragoutant » mais reconnaissez de votre côté qu’il s’agit là d’une singulière particularité ! D’autre part ces larves possèdent un atout de taille : elles participent à la dégradation de la matière organique et les adultes à polliniser. Deux bonnes raisons de ne pas les tuer.

Tout a une utilité dans la nature ! Il suffit de trouver laquelle !

Remerciements à Damien TOP pour ses précisions sur les Syrphes.

Pièges à frelons, attention aux amalgames !

Dans la revue de l’ARC (Agglomération de la Région de Compiègne) bulletin annuel 2020 est paru un encart page 27 : Notons la distribution de 2000 pièges à frelons asiatiques. Nous voulions revenir sur ce point. Un article très instructif réalisé dernièrement et paru dans le dernier bulletin de l’ADEP, nous apprend que sur 365 arthropodes piégés, on comptait seulement 16 frelons asiatiques ! Je vous laisse donc le soin de multiplier ces chiffres par 2000… La lutte contre le frelon asiatique ne doit pas faire oublier que bien d’autres insectes pollinisateurs sont sacrifiés (158 hyménoptères, 126 diptères etc) prouvant que l’alcool n’éloigne pas les abeilles….Il n’est donc pas nécessaire de faire plus de mal et déconseillé de pratiquer ce piégeage.

PUBLICATION du nouveau bulletin de l’ADEP (n°31-2019)

Au sommaire de ce numéro :

Une observation « numérique » (Gazé, Aporia crataegi) par L COLINDRE

Phaeostigma notata, la « mouche-serpent » (Raphidiidae) par L COLINDRE

Découverte de Lithurgus cornutus en Hauts-de-France (Hymenoptera, Apoidae, Megachilidae) par D. TOP et D. BOYS

Une petite route fleurie en Thiérache (Hyménoptera, Apoidae) par E. VIDAL

Contenu de pièges pour frelons asiatiques, Vespa vetulina par M. BERTRAND

Première constatation de la reproduction de Zoropsis spinimana dans l’Oise (Araneae, Zoropsidae) par M T’Flachebba

Opilions de Picardie, quelques observations, note 2 (Arachnida, Opiliones) par E VIDAL

Une minuscule « araignée sauteuse » en Picardie, Talavera inopinata et autres esepèces compagnes thermophiles (Araneae, Salticidae) par N VANSTEENE et E VIDAL

Découverte de l’araignée Theridion harmsi dans la Somme (Araneae, Theridiidae) par M CHAVERNOZ

Les Anthaxia des genêts en Picardie (Coleoptera, Buprestidae) par J.-C BOCQUILLON

Découverte d’Exocentrus punctipennis et Pogonocherus decoratus en Picardie maritime (Coleoptera, Cerambycidae, Lamiinae) par D FACON

Calamobius filum, un insecte en expansion dans le Nord de la  France et en Europe (Coleoptera, Cerambycidae) par D FACON

Bois de Tillet : Identification automnale des papillons nocturnes

Une dernière « chasse » lumineuse pour cette fin d’année a été organisée par l’ADEP afin de parfaire notre connaissance sur les hétérocères présents sur le site du Bois de Tillet (F.D. de Rêtz, Oise 60).

C’est Carole qui, fonction de la météo du jour, a rapidement organisé cette dernière séance d’inventaire et que nous remercions ici. Thibaud Daumal a répondu présent et est venu parfaire le dispositif d’une troisième lampe.

Thibaud en pleine installation. Photo LC.

A cette saison le soleil décline rapidement mais les températures restent encore douces (17°C lors de notre arrivée à 20 h 45 et 13°C à 0 h 00). Peu de lune mais une brise malvenue…

Allumage. Photo LC.
Carole en pleine détermination. Photo LC

Cette mobilisation a permis de recenser une petite quarantaine d’espèces dont 7 sont d’intérêt ou liées au milieu landicole.

Catocala faxini, (La Lichénée bleue) une espèce déterminante ZNIEFF. Photo LC
Le Sphinx du liseron (Agrius convolvuli), commun mais toujours impressionnant au drap ! Photo LC

Quelques chenilles dont :

Chenille de la Noctuelle de la Myrtille (Anarta myrtilli). Sur la liste rouge de Picardie, espèce déterminante ZNIEFF. Cliché : James Lindsey sous licence CC BY-SA 3.0

Aproceros leucopoda Takeuchi, 1939, la Tenthrède zigzag

(Hymenoptera, Symphyta, Tenthredinoidae, Argidae)

Originaire d’Asie, l’espèce s’est rapidement répandue en Europe de l’Est dès 2003 (Bull. SV, 2018) : Hongrie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Ukraine, Serbie, etc. et maintenant l’Europe de l’Ouest : Italie, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Belgique (en 2013), France dès 2017 (Legrand, 2017).

La première donnée confirmée dans l’Oise nous provient de notre collègue J.-L. Hercent à Villers St Paul (Oise, 60) en 2018, puis l’espèce est redécouverte cette année par M. T’Flachebba toujours dans l’Oise.

En Italie, les études démontrent que le transport routier est bien l’une des principales causes de dispersion rapide de l’insecte dans le pays. Des ormes défoliés ont été observés dans les zones de stationnement d’autoroute où les véhicules (voitures et camions) s’arrêtent souvent en transit en provenance d’Europe centrale (Zandigiacomo et al, 2011).

Imago.  Cliché : Thomas Legrand, photo sous licence CC BY NC

L’espèce est multivoltine et produit probablement au moins quatre générations par an.  Sa reproduction est donc rapide et les larves sont nombreuses (Zandigiacomo et al, 2011). Ces dernières, exclusivement phytophages, s’attaquent aux populations d’ormes (Ulmus).

Larve. Stephan M. Blank (2009) photo sous licence CC BY SA 3.0 

La graphiose de l’orme qui a atteint l’Europe depuis les années 70 a déjà éliminé une grande partie des ormes adultes. Nul doute que les jeunes populations subsistantes d’ormes lisses ou blancs (Ulmus laevis Pall., 1784) et d’ormes champêtres (Ulmus minor Mill., 1768) encore présentes dans nos régions, n’avaient pas besoin de ça…

Le « zig-zag » d’où est tiré le nom vernaculaire, évoque les dessins caractéristiques que réalisent les larves (= fausses chenilles) en s’alimentant (cf. photo ci-dessous).

Cliché de Mathieu T’Flachebba

Ci-dessus, détail de la photo sous contraste qui permet de mieux voir la forme caractéristique de la découpe.

Il s’agit d’un insecte que nous pouvons facilement identifier lors de nos inventaires du moins au stade larvaire. A ce jour, les informations sur sa dispersion sont fragmentaires et nous ne connaissons pas encore l’impact de cet hyménoptère invasif sur les ormes. L’espèce est saisissable dans la banque de données ClicNat, ce qui permettra rapidement de mieux appréhender le phénomène.

A suivre…

Remerciements à Mathieu T’Flachebba pour l’utilisation de sa photo.

Bibliographie et sites internet :

ZANDIGIACOMO P, CARGNUS E, VILLANI A. (2011) – First record of the invasive sawfly Aproceros leucopoda infesting elms in Italy. Bulletin de Insectology 64 ( 1): 145-149.

LEGRAND T, (2017) – Nouvelle espèce invasive pour la France, La Tenthrède zigzag de l’orme AprocerosleucopodaTakeuchi, 1939 (Hymenoptera, Tenthredinoidea, Argidae). Bulletin de la Société Entomologique du Nord de la France, n°365 –4ème trimestre 2017, pp. 10-12

BSV Jardins et espaces verts, Hauts-de-France (2018). La Tenthrède zigzag de l’orme présente en France. Lettre N°3. Site : http://draaf.hauts-de-france.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/BSV_JEV_HdeF_no3_cle49a891.pdf

Lien ClicNat de l’espèce : http://www.clicnat.fr/?page=fiche&id=12545