Archives de catégorie : Fiches espèces

Araignées saltiques les plus courantes en région picarde

Voici une sélection de quelques Saltiques communes, présentes en région, pour lesquelles il est bon de savoir si leurs identifications peuvent être envisagées sur simple photo ou s’il nécessite obligatoirement un examen précis sous binoculaire.

Ballus chalybeius (Walckenaer, 1802)

Petite espèce de 3 à 4 mm se trouvant sur la végétation basse. La femelle a un céphalothorax gris et un abdomen brun roux avec des taches noirâtres. Les pattes antérieures sont rougeâtres, les postérieures sont claires avec des traits et des anneaux. Le mâle est globalement noirâtre. La présence d’un trait noir sur la patte IV (1) s’arrêtant au tibia évitera la confusion avec B. rufipes dont le trait se poursuit sur le tarse et le métatarse.

Ballus chalybeius femelle
Ballus chalybeius mâle

Dendryphantes rudis (Sundevall 1833)

Araignée de 5 à 6 mm, habituée des résineux, la femelle de couleur rousse-verdâtre a deux taches blanches triangulaires sur l’abdomen, ainsi qu’une bande claire sous les yeux. Le mâle plus uniforme possède lui une ligne claire au-dessus des yeux.

Dendryphantes rudis femelle
Dendryphantes rudis mâle

Evarcha arcuata (Clerck, 1758)

Espèce commune de 6 à 7 mm, la femelle de coloration variable, beige à brun, a sous les yeux une double bande blanche. L’abdomen a une fine bande médiane noire sur l’avant et deux doubles taches latérales noires sur l’arrière accompagnées d’une petite tache blanche. Les pattes sont peu annelées. Le mâle est globalement noir avec aussi deux bandes blanches sur la face oculaire, des pattes noires avec des poils blancs sur les faces internes. Cette espèce préfère les milieux humides et herbeux. Si la femelle ne présente pas des motifs bien nets, l’identification peut s’avérer hasardeuse.

Evarcha arcuata femelle Photo NV
Evarcha arcuata mâle Photo NV

Evarcha falcata (Clerck, 1758)

Espèce forestière, ici il est préférable de laisser de côté la femelle qui peut trop se confondre avec d’autres. Le mâle typique présente des nuances de noir, beige et blanc crème. Parfois une barre sombre traverse le prosoma sur les plus jeunes. Le mâle ne dépasse pas 5 mm.

Evarcha falcata mâle Photo NV
Evarcha falcata mâle Photo NV

Heliophanus

Genre d’araignées de 3 à 6 mm affectionnant les plantes basses et les fourrés. Elles ont un corps sombre contrastant avec des pattes jaune-verdâtre claires parfois striées de noir. Chez les deux sexes on trouve ordinairement une fine ligne de soies blanches à l’extrémité antérieure de l’abdomen. Certaines espèces arborent d’autres macules blanches sur l’abdomen. Les mâles sont davantage irisés ou à reflets métalliques. Quatre espèces ont été identifiées en région, les photos en font l’illustration. Le passage à la loupe binoculaire s’avère nécessaire.

Heliophanus auratus Photo NV
Heliophanus cupreus Photo NV
Heliophanus flavipes Photo NV
Heliophanus tribulatus Photo NV

Marpissa muscosa (Clerck, 1758)

Espèce plus grande que ses cousines, 6 à 10 mm. Son aspect velu, son abdomen longiligne et ses couleurs mimétiques la rende facile à reconnaître. On la rencontre sur les écorces, les palissades, les piquets…

Marpissa muscosa Photo NV
Marpissa muscosa Photo LC

Myrmarachne formicaria (De Geer, 1778)

Habitus très différent des autres saltiques, cette espèce a l’apparence d’une fourmi, d’où son nom. Le céphalothorax est cassé en deux parties, l’avant est noir et le reste brun. Sur l’abdomen une couronne sombre est fréquente chez la femelle. Les pédipalpes sont aplatis. Chez le mâle, l’abdomen est souvent plus sombre et les pédipalpes démesurés, le fémur antérieur est noir. On la retrouve dans les plantes basses des sites ensoleillés et sous les  pierres.

Myrmarachne formicaria Photo NV

Pseudeuophrys

Deux espèces dans notre région,  de 3 à 5 mm, souvent sur les murs, toitures et parfois à l’intérieur des maisons. Poils bruns, roux et beiges, pattes bien annelées. Le critère du céphalothorax blanc chez P. lanigera est encore trop hasardeux pour distinguer cette dernière de P. erratica, une capture pour examen est conseillée pour éviter les erreurs.

Pseudeuophrys Photo NV
Pseudeuophrys Photo NV

Salticus

Genre représenté par trois espèces en région, 5 à 6 mm, 3 à 4 mm pour S. zebraneus. Salticus scenicus se retrouve principalement sur les murs et palissades tandis que S. cingulatus et S. zebraneus évolue plutôt sur les troncs des résineux. Araignées noires et blanches, les mâles portent de fortes chélicères. S. scenicus présente des motifs en chevrons sur son abdomen, les pattes sont peu annelées. Les motifs abdominaux sont légèrement différents pour S. cingulatus. Quant à S. zebraneus les motifs peuvent être fortement estompés. La proximité des aspects oblige à un prélèvement pour identifier à coup sûr les individus.

Salticus scenicus Photo NV
Salticus sp Photo NV

Photo de mise en avant : Emmanuel VIDAL

Les larves à « queue de rat »

Larve d’Eristalis, Photo LC

Connaissez vous les « larves à queue de rat » ? Les Diptères, Syrphidae avant d’être adultes, pondent dans l’eau, y compris dans des milieux « sales », eutrophisés (photo ci-dessous).

Milieu de la découverte : une fosse à lisier où stagne une eau des plus sales qui soit !

Mais aussi : les mares temporaires, les eaux croupies, les abreuvoirs à bovins, les récupérateurs d’eau, etc.

Cet appendice est très long et fonctionne comme un « tuba » pour respirer sous l’eau.

Une fois leur cycle terminé, les larves s’en vont nymphoser non loin pour devenir de belles mouches nectarifères, et devenir comme ça :

Syrphe du genre Eristalis Photo LC

Il existe d’autres Syrphes présentant cette caractéristique : les Helophilus : mais la larve reste plus petite ainsi que les Diptères Stratyiomidae.

Je reconnais que ce reportage n’a rien de « ragoutant » mais reconnaissez de votre côté qu’il s’agit là d’une singulière particularité ! D’autre part ces larves possèdent un atout de taille : elles participent à la dégradation de la matière organique et les adultes à polliniser. Deux bonnes raisons de ne pas les tuer.

Tout a une utilité dans la nature ! Il suffit de trouver laquelle !

Remerciements à Damien TOP pour ses précisions sur les Syrphes.

Fiche espece : Xenostrongylus deyrollei Jacquelin du Val,1860

Ce petit Nitidulidae (3,5 mm),très velu, ne figure pas dans le Catalogue des Coléoptères de France ( M. Tronquet et al., 2014). Par erreur les données de la région parisienne indiquées pour Xenostrongylus arcuatus Kiesenwetter, insecte uniquement connu du sud de la France, sont à attribuer à Xenostrongylus deyrollei. D’origine méditerranéenne ( Afrique du Nord, Italie, Espagne) il n’a été observé pour la première fois en France qu’en 2009. Il semble se répandre rapidement et a été rencontré pour la première fois dans l’Oise, et sans doute en Picardie, le 5-04-2020 à Chantilly.

Photo J.-C. Bocquillon
Auteur : P. Zagatti Sous licence CC-BY-NC

Référence :

Chapelin-Viscardi J.D. et al.-  Les espèces du genre Xenostrongylus Wollaston 1854 de France  métropolitaine ( Coleoptera Nitidulidae).

L’ENTOMOLOGISTE -Tome 74, n° 4, juillet-août 2018.

Pièges à frelons, attention aux amalgames !

Dans la revue de l’ARC (Agglomération de la Région de Compiègne) bulletin annuel 2020 est paru un encart page 27 : Notons la distribution de 2000 pièges à frelons asiatiques. Nous voulions revenir sur ce point. Un article très instructif réalisé dernièrement et paru dans le dernier bulletin de l’ADEP, nous apprend que sur 365 arthropodes piégés, on comptait seulement 16 frelons asiatiques ! Je vous laisse donc le soin de multiplier ces chiffres par 2000… La lutte contre le frelon asiatique ne doit pas faire oublier que bien d’autres insectes pollinisateurs sont sacrifiés (158 hyménoptères, 126 diptères etc) prouvant que l’alcool n’éloigne pas les abeilles….Il n’est donc pas nécessaire de faire plus de mal et déconseillé de pratiquer ce piégeage.

Aproceros leucopoda Takeuchi, 1939, la Tenthrède zigzag

(Hymenoptera, Symphyta, Tenthredinoidae, Argidae)

Originaire d’Asie, l’espèce s’est rapidement répandue en Europe de l’Est dès 2003 (Bull. SV, 2018) : Hongrie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Ukraine, Serbie, etc. et maintenant l’Europe de l’Ouest : Italie, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Belgique (en 2013), France dès 2017 (Legrand, 2017).

La première donnée confirmée dans l’Oise nous provient de notre collègue J.-L. Hercent à Villers St Paul (Oise, 60) en 2018, puis l’espèce est redécouverte cette année par M. T’Flachebba toujours dans l’Oise.

En Italie, les études démontrent que le transport routier est bien l’une des principales causes de dispersion rapide de l’insecte dans le pays. Des ormes défoliés ont été observés dans les zones de stationnement d’autoroute où les véhicules (voitures et camions) s’arrêtent souvent en transit en provenance d’Europe centrale (Zandigiacomo et al, 2011).

Imago.  Cliché : Thomas Legrand, photo sous licence CC BY NC

L’espèce est multivoltine et produit probablement au moins quatre générations par an.  Sa reproduction est donc rapide et les larves sont nombreuses (Zandigiacomo et al, 2011). Ces dernières, exclusivement phytophages, s’attaquent aux populations d’ormes (Ulmus).

Larve. Stephan M. Blank (2009) photo sous licence CC BY SA 3.0 

La graphiose de l’orme qui a atteint l’Europe depuis les années 70 a déjà éliminé une grande partie des ormes adultes. Nul doute que les jeunes populations subsistantes d’ormes lisses ou blancs (Ulmus laevis Pall., 1784) et d’ormes champêtres (Ulmus minor Mill., 1768) encore présentes dans nos régions, n’avaient pas besoin de ça…

Le « zig-zag » d’où est tiré le nom vernaculaire, évoque les dessins caractéristiques que réalisent les larves (= fausses chenilles) en s’alimentant (cf. photo ci-dessous).

Cliché de Mathieu T’Flachebba

Ci-dessus, détail de la photo sous contraste qui permet de mieux voir la forme caractéristique de la découpe.

Il s’agit d’un insecte que nous pouvons facilement identifier lors de nos inventaires du moins au stade larvaire. A ce jour, les informations sur sa dispersion sont fragmentaires et nous ne connaissons pas encore l’impact de cet hyménoptère invasif sur les ormes. L’espèce est saisissable dans la banque de données ClicNat, ce qui permettra rapidement de mieux appréhender le phénomène.

A suivre…

Remerciements à Mathieu T’Flachebba pour l’utilisation de sa photo.

Bibliographie et sites internet :

ZANDIGIACOMO P, CARGNUS E, VILLANI A. (2011) – First record of the invasive sawfly Aproceros leucopoda infesting elms in Italy. Bulletin de Insectology 64 ( 1): 145-149.

LEGRAND T, (2017) – Nouvelle espèce invasive pour la France, La Tenthrède zigzag de l’orme AprocerosleucopodaTakeuchi, 1939 (Hymenoptera, Tenthredinoidea, Argidae). Bulletin de la Société Entomologique du Nord de la France, n°365 –4ème trimestre 2017, pp. 10-12

BSV Jardins et espaces verts, Hauts-de-France (2018). La Tenthrède zigzag de l’orme présente en France. Lettre N°3. Site : http://draaf.hauts-de-france.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/BSV_JEV_HdeF_no3_cle49a891.pdf

Lien ClicNat de l’espèce : http://www.clicnat.fr/?page=fiche&id=12545

Ceratomegilla undecimnottata une coccinelle rare en Picardie

Photographie réalisée par ADELSKI A. (tous droits réservés)

Nous étions le 07 août et Il s’agissait d’une sortie conjointe ADEP / Picardie-Nature ciblée essentiellement sur les mammifères. Tout tient dans le « essentiellement » car il s’agissait aussi de faire preuve d’opportunisme et d’observer tous les autres groupes. Cela dans une zone géographique où aucun naturaliste ou entomologiste ne réside et donc encore très méconnue sur le plan faunistique.

C’est au troisième arrêt dans la commune de Dieudonné (60) qu’en bordure de chemin sur un cirse jouxtant un champ en pente sud qui venait d’être moissonné qu’un unique individu de cette coccinelle qui porte le nom vernaculaire de « coccinelle migrante » a été trouvé. La présence d’un nombre important de points (supérieur à 7) sur les élytres a mis immédiatement en évidence qu’il ne s’agissait pas de la « bête à bon dieu aussi appelée « coccinelle à sept points ». Sa taille, l’aspect du pronotum et l’absence d’un liseré blanc autour de la tache noire scutellaire venaient confirmer son identité.

Cette espèce est décrite dans la littérature comme capable de parcourir d’importants déplacements aériens lorsque les conditions météorologiques sont favorables. La question est donc de savoir si l’individu trouvé a fait la même chose où s’il est né en Picardie. Aucun élément ne permet d’avoir une certitude à ce sujet actuellement. Le criblage de notre base de donnée coccinelles nous indique seulement deux choses: un autre individu fût observé récemment dans la commune de Nogent sur Oise (60) durant la période estivale 2018. Une autre donnée existe sur le territoire de la commune de Mello (60), la date précise de l’observation ne nous est pas connue mais elle est ancienne. Ce sont les trois seules mentions dans le département à ce jour. Deux autres mentions existeraient en Picardie d’après la base de donnée ClicNat consultée le 08 août 2019, on y trouve en effet l’espèce sous le binôme linéen Hippodamia undecimnottata.

La faiblesse du nombre de donnée révèle une espèce rare dans notre zone d’étude mais aussi une espèce souffrant d’un défaut d’observation. Les naturalistes, les entomologistes et notamment les coléoptéristes devront se sensibiliser à sa présence et à son identification pour accentuer la pression d’observation sur cette espèce pour en préciser le statut régional et vérifier son caractère exclusivement « migrateur » ou « visiteur » ou encore reproducteur.

Remerciements: à Lison G., Pauline D., Simon B. et Mathieu T.

Fiche espece : Oxycarenus lavaterae (Fabricius, 1787)

Oxycarenus lavaterae, ou punaise du tilleul, est originaire du bassin méditerranéen. Depuis les années 1980 l’espèce a entamé une spectaculaire progression vers le nord, sans doute liée au réchauffement climatique qui permet sa survie hivernale. Le trait le plus typique de son comportement est le regroupement de centaines ou de milliers d’individus entassés et serrés les uns sur les autres sur des troncs de tilleuls dès l’automne pour hiverner.

Jean-Claude Bocquillon.

Photo : François Petit
Photo : François Petit
Photo : François Petit

Fiche espece : Phloiophilus edwardsii Stephens, 1830

Photo avec l’aimable autorisation d’Hervé BOUYON.

Unique espèce de la famille des Phloiophilidae en France, le Phloiophilus edwardsii Stephens 1830, est un mycétophage automnal et hivernal des lichens Phlebia merismoides et Peniophora quercina sur branches de feuillus. Se rencontre ça et là dans toute la France (catalogue Tronquet).

Ce Coléoptère se caractérise par des tarses pentamères, une ponctuation non alignée, un pronotum à marge en dents de scie, et une pubescence grise. Fait partie des Cleroidea Latreille. Capture par battage de branches basses de chêne en forêt de Chantilly, le 20 mars 2019.

Jean-Claude Bocquillon.

Nous avons besoin de vous ! Inventaire participatif « abeille sauvage »

L’ADEP lance un appel à tous les passionnés, les entomologistes ou tout simplement les observateurs citoyens de Picardie à rechercher une abeille sauvage en déclin : l’Andrène de la Knautie, Andrena hattorfiana (Fabricius, 1775).

Vous trouverez en cliquant sur ce lien toutes les informations pour identifier facilement l’insecte ainsi que la procédure pour transmettre vos observations :

Photo : Emmanuel Vidal

En attendant le retour du printemps, nous vous remercions par avance pour votre participation !

Clé d’indentification des Abax (Coleoptera, Carabidae)

 

 

 

 

 

 

Les Abax sont des Coléoptères forestiers assez semblables, entièrement noirs et brillants. Une autre espèce proche peu aussi être confondue : Molops piceus (Panzer, 1793). Tous les Abax sont brachyptères.

A. parallelepipedus, Photo : Thierry Sinnaeve.

Nous présentons ici le tableau des espèces (d’après Bonelli, 1810) avec correctifs apportés et rajouts. 5 espèces françaises dont 3 sont visibles en Picardie.

Clé :

Onychium de tous les tarses sétulé en dessous. Espèce de grande taille, à pronotum ample, ses deux impressions basales bien distinctes, linaires et lisses. Elytres subparallèles, allongés, à stries profondes, l’angle huméral denté. Noir, les palpes roux, les élytres brillants chez le mâle, mats chez la femelle. Apex du pénis très long, sans crochet apical. Long. 16 à 22 mm. Visible en Picardie : le plus grand des trois, fossettes basales du pronotum lisses et formées de 2 impressions linéaires bien distinctes.

Abax parallelepipedus (Piller & Mitterpacher, 1783) photo ci-dessous, cliché : M. Bertrand.

Onychium glabre en dessous, celui des tarses postérieurs parfois avec quelques soies. Une seule fossette, large et arrondie, de chaque côté de la base du pronotum………………………..…2

Fossettes basales du pronotum très larges et ponctuées. Court et parallèle, les élytres avec la côte du 7ème interstrie très saillante. Noir peu luisant surtout chez les femelles. Apex du pénis assez long, avec un crochet saillant du côté droit à son extrémité. Long. 13 à 18 mm. France du nord-est, Alsace, Vosges, …

2. Abax carinatus (Duftschmid, 1812)

Fossettes basales du pronotum arrondies et lisses…………………..…………….3

Pas de striole basale juxtascutellaire. Allongé, étroit et parallèle, le pronotum à peine transverse, les élytres parallèles ; la carène du 7ème intersrie mousse et peu saillante. Noir luisant dans les deux sexes. Apex du pénis relativement court, à bord anguleux. Long. 14 à 18 mm. Visible en Picardie : taille intermédiaire, striole basale juxtascutellaire absente.

3. Abax parallelus (Duftschmid, 1812)

Striole basale bien développée à la base du 1er interstrie…………………………4

Allongé, subparallèle, le pronotum à peine transverse, très faiblement rétréci à la base. Elytres à carène du 7ème interstrie peu saillante, brillants chez le mâle, mats chez la femelle. Apex du pénis relativement court, son extrémité dentée du côté droit. Long. 16 à 20 mm. Sud de la France, Pyrénées et Ariège.

4. Abax pyrenaeus (Dejean, 1828)

Ovale court et large, le pronotum très large à la base, son bourrelet marginal très épais. Elytres courts, luisants dans les deux sexes. Apex du pénis long et large, à bord arrondi. Long. 12 à 15 mm. Visible en Picardie : le plus petit des trois, striole basale juxtascutellaire bien présente.

5. Abax ovalis (Duftschmid, 1812) Photo ci-dessous, cliché : Michel Bertrand.

Un merci particulier à Thierry Sinnaeve pour sa relecture et son aide et à Michel Bertrand pour ses clichés.

Parade amoureuse chez Pardosa amentata (Clerck, 1757)

Parade amoureuse chez Pardosa amentata (Clerck, 1757), genre aussi appelé « araignée loup » ; mai 2010, abord du canal de la Somme, Blangy-Tronville (E. Vidal).

Le mâle lève ses pédipalpes en les alternant…

…et en marquant des pauses puis…

…les agite frénétiquement devant la femelle.

Le mâle lève cette fois ses pattes avant, pour signifier au photographe son agacement.

Ce dernier cliché montre une femelle pas encore séduite.

L’année du Machaon

Le Machaon ou le Grand Porte-Queue

 Papilio machaon (Linnaeus, 1758)

 

Cette espèce emblématique appartient à la famille des Papilionidae. C’est le plus grand papillon de jour (= Rhopalocère) observable en France.

Faut-il y voir déjà un effet de la loi Labbé réglementant l’usage des pesticides* ? … 2018 a été une année très propice aux observations de Machaon en Picardie, que ce soit au stade imago (= papillon adulte) ou au stade chenille, alors que cette espèce, autrefois commune, se faisait de plus en plus rare jusqu’encore récemment. Cette tendance sera à confirmer dans les années qui viennent, espérons-le.

Papilio machaon (Linnaeus, 1758)

Certains observateurs chanceux ont même pu également admirer cette année une  autre espèce de Papilionidae, Iphiclides podalirius, le Flambé ou le Voilier, qui en vol peut prêter à confusion avec le Machaon et qui est en voie de disparition en Picardie :

Iphiclides podalirius (Linnaeus, 1758)

Description :

Le Machaon est un grand papillon (envergure 65 à 86 mm) aux ailes jaune pâle, ornées de dessins gris et noirs. Les deux sexes sont semblables. Les ailes antérieures sont bordées de gris tandis que les ailes postérieures s’agrémentent d’une bordure bleue soulignée de gris et portent une macule rouge-orangée ainsi qu’une petite queue, d’où son second nom vernaculaire. Il est magnifique et élégant.

Vue de dessous du Machaon

Période de vol :

Visible d’avril à août, Papilio machaon se reproduit en deux voire trois générations. Il hiberne à l’état de chrysalide.

Répartition :

Présent dans toute la France, Corse comprise, Papilio machaon est largement réparti dans presque toute l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Afrique du Nord et l’Asie. Visible en petits effectifs, le plus souvent à l’unité, il fréquente des milieux ouverts où il peut trouver à butiner ou à pondre : friches, prairies, jardins, abords des cultures.

Ponte :

La femelle pond ses œufs isolément, en les collant sur la face inférieure d’une feuille d’ombellifère (carotte cultivée ou carotte sauvage, fenouil, panais, aneth…)

Femelle en train de pondre sur carotte sauvage dans une friche (août 2018)

Ponte de Machaon (l’oeuf plus sombre en haut à droite est prêt à éclore)

La chenille :

L’œuf éclot environ une semaine après la ponte, et le développement larvaire dure environ un mois.  Noire avec une tache blanche pendant le premier stade, la chenille devient ensuite d’un joli vert, avec une strie noire entre les segments ainsi qu’une ligne verticale noire ornée de points rouge-orangé au milieu de chaque segment.

Chenille, 1er stade et suivants

Chenilles matures, dernier stade (photo de gauche Florence Faimali)

Lorsqu’elle est inquiète, la chenille du Machaon sort de petites cornes orangées qu’elle possède sur la tête et qui émettent une odeur repoussant les éventuels prédateurs. C’est une chenille relativement facile à élever lorsqu’on désire tenter l’aventure de l’élevage. (Voir article sur l’élevage des chenilles : http://adepentomo.fr/elever-des-chenilles-un-jeu-denfant/)

La chenille grossit par mues successives puis au dernier stade se fixe sur un support auquel elle s’attache par sa fausse patte annale et en fixant latéralement une solide ceinture faite de plusieurs fils de soie :

Chenille en élevage se tortillant pour se fixer sur son support.

Elle va ensuite se contorsionner pour faire tomber sa dernière peau de chenille, laissant apparaître la chrysalide. Le Machaon ne fait pas de cocon, sa chrysalide reste à l’air libre.

La chrysalide :

Fixée à l’extérieur, la chrysalide peut ainsi passer sans dommage toute la mauvaise saison. Elle est  indifféremment de couleur grise ou verte, sans incidence avec le support ou la saison ; un élevage de plusieurs chenilles issues de la même ponte donne des chrysalides de l’une ou l’autre couleur :

2 chrysalides issues du même élevage. La 3ème (à droite) est prête à éclore, on distingue les ailes jaunes et noires du papillon par transparence)

Émergence :

L’émergence aura lieu environ un mois après la nymphose à la belle saison, ou en mai de l’année suivante si le stade nymphal intervient en fin d’été. L’imago émerge très vite de son enveloppe : la couleur des ailes commence à se voir à travers la chrysalide, quelques heures avant la naissance du papillon. Il va ensuite laisser ses ailes se défroisser et les sécher longuement pour qu’elles durcissent, avant de s’envoler. Il se nourrit alors du nectar de diverses fleurs, sauvages ou cultivées, et cherche un partenaire pour s’accoupler. Et l’histoire peut recommencer !

Imago issu d’élevage (ab larvae)

 

Texte & photos : Carole Derozier

 

 

* (Loi Labbé : en 2017, interdiction pour les collectivités territoriales, les établissements publics et l’Etat d’utiliser ou faire utiliser des pesticides pour l’entretien des espaces verts, forêts ou promenades accessibles au public et relevant de leur domaine public ou privé ; cette interdiction de l’usage des pesticides sera étendue aux particuliers en janvier 2019)

 

Sources : Guide des papillons nocturnes de France (Robineau, 2011), Guide to the moths of the British Isles (Skinner, 2009), site Lépi’Net, Catalogue des Rhopalocères de Picardie, tome 1 (M. Duquef, édit° ADEP)

Les Ammophiles (Hymenoptera, Ammophilinae)

 

Les Ammophilinae sont des Hyménoptères apocrites de la famille des Sphecidae. L’insecte ne passe pas inaperçu car sa forme fuselée, sa « taille de guêpe », ses couleurs vives (rouge et noir) sont caractéristiques. Les ammophiles sont d’une taille modeste : entre 12 et 35 mm, les femelles étant plus grandes que les mâles. Il existe environ 200 espècesdécrites dans le monde.

En France, moins de 10 espèces sont connues (Bitsch et al., 1997) :

  • Ammophila campestris (partout en France)
  • Ammophila heydeni heydeni (moitié sud de la France et Bretagne)
  • Ammophila heydeni rubriventris (ssp Corse uniquement)
  • Ammophila hungarica (Sud et Est de la France)
  • Ammophila laevicollis (Pourtour méditerranéen)
  • Ammophila modesta (Sud)
  • Ammophila pubescens (Partout en France mais observations sporadiques Nord/Sud). Belgique.
  • Ammophila sabulosa (partout en France)
  • Ammophila terminata (Ouest, Méditerranée, Est mais identifié sur Paris).

La base ClicNat (http://www.clicnat.fr/?page=fiche&id=11907) propose sur son site uniquement Ammophila sabulosa, l’espèce certainement la plus communément rencontrée.

A moins que cette dernière espèce ne soit tout simplement confondue avec d’autres : A. sabulosa, A. campestris, A. pubesens, A. terminata (espèces aux pattes noires) et A. heyderi (espèce à pattes rouges) sont donc potentiellement observables dans notre périmètre. Outre la couleur des pattes, la coloration du tergite n°3 et la forme de la 3ème cellule cubitale sont des critères complémentaires. Il reste cependant compliqué d’en tirer une simple conclusion sur photo (C. Villemant, com. pers. 2018).

Pour rencontrer l’adulte (phytophage) il faut scruter les fleurs de thym, scabieuses, centaurées. La période de vol la plus propice : juin à septembre.

L’espèce est surtout connue par sa biologie : elle accumule des chenilles paralysées dans son nid qu’elle creuse au sol, pond un œuf, puis rebouche l’entrée parfois en utilisant un caillou pour damer le sol à ce niveau. Jean-Henri Fabre a beaucoup écrit à ce sujet. La larve va s’alimenter de la chenille paralysée mais encore vivante. Les proies sont habituellement composées de chenilles, d’Hétérocères, d’Hesperidés et de Tentrèdes.

Afin de décrire ce comportement dont j’ai été le témoin cet été, je vous propose de le faire en image. L’insecte est farouche mais avec un peu de patience, l’Ammophile (ayant trouvé sa proie), revient vite sur les lieux de son méfait, observe, repart puis revient à nouveau.

 

L’insecte emporte la proie paralysée bien plus grosse que lui.

Positionnement de la chenille « ventre en l’air », face à la loge.

La proie est tirée au fond.

L’Ammophile rebouche consciencieusement la loge.

ni vu, ni connu… le cycle peut (re)commencer.

 

Bibliographie :

Bitsch, J. & J. Leclercq. 1993. Faune de France 79. Hyménoptères Sphecidae d’Europe Occidentale, volume I. Fédération Française des Sociétés de Sciences Naturelles, Paris, 325 pp.

Bitsch, J., Y. Barbier, S.F.Gayubo, K. Schmidt & M. Ohl. 1997. Faune de France. Hyménoptères Sphecidae d’Europe Occidentale, volume II. Fédération Française des Sociétés de Sciences Naturelles, Paris 1997. 429 pp., 76 planches, 154 cartes.

Fabre, J-H. Souvenirs entomologiques , Etude sur l’Instinct et les Mœurs des Insectes, Tome 2 réédition Sciences nat, 1986.

 

Ô Merveilles

Merveille d’automne

Griposia (= Dichonia) aprilina (Linnaeus, 1758)

À l’automne, les observations de papillons s’espacent mais il est encore possible de voir de très belles espèces, telle que cette magnifique Noctuelle, dans les Xyleninae, que les Anglais admiratifs ont baptisée en français « Merveille du jour » (à prononcer avec un accent royalement britannique).

La « Runique » pour le nom vernaculaire français ou le « Hibou vert » pour les Allemands, a une envergure allant de 44 à 50 mm (observer sur le 3ème cliché la différence de taille entre mâle & femelle). Univoltine et automnale, elle peut se laisser admirer, notamment au piège lumineux, de septembre à novembre, selon les régions. Griposia aprilina est largement répandue en Europe où elle fréquente les forêts, bois, parcs et jardins et peut même être urbaine à l’occasion, pour peu qu’elle trouve des chênes dont sa chenille se nourrit principalement.

En Picardie, cette belle espèce est déterminante de ZNIEFF.

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Merveille en avril

Moma alpium (Osbek, 1778)

Cette autre Noctuelle, dans les Acronictinae, est un peu plus rare que la précédente ; les Anglais l’ont d’ailleurs baptisée « Scarce Merveille du jour ». Elle est très ressemblante à l’espèce précédente, mais de taille inférieure (envergure : ♂ 37 et  ♀ 40 mm). Moma alpium est également univoltine : son nom vernaculaire, l’Avrilière, nous indique qu’on peut l’observer dès le printemps, d’avril à juillet, ce qui permet d’éviter facilement les confusions avec Griposia aprilina. Répandue en Europe, on ne la rencontre pourtant pas dans la partie méditerranéenne. Elle vit dans les chênaies et les forêts mixtes. Sa chenille se nourrit de chêne, parfois de hêtre, bouleau, charme ou sorbier.

 

Photos : Carole Derozier

Sources : Guide des papillons nocturnes de France (Robineau, 2011), Guide to the moths of the British Isles (Skinner, 2009), site Lépi’Net