Archives de catégorie : Milieux

Nos milieux : visite du côteau de La GARENNE (LAtaule, 60)

Sur l’invitation de notre collègue et ami, Thibaud Daumal, une visite du coteau de Lataule a été organisée cet été. Situé dans l’Oise, à quelques kilomètres de la commune de Gournay sur Aronde, ce magnifique « larris » calcaire (non conventionné) de plusieurs hectares, abrite nombre d’espèces d’intérêt patrimonial.

C’est sous le regard malicieux d’un renard et sous les regards amusés des participants, que nous avons Josiane Chatelain (ABMARS/ADEP), Dominique Potier (ABMARS), Eric Cagniache (Sté Linéenne) et moi-même, suivi Thibaut et emprunté le sentier d’accès menant sur le point culminant dévoilant une vue sympathique des lieux.

Absorbés par les plantes à fleurs et les insectes, l’inventaire commence.
Montée vers le point culminant du site.

Après quelques temps, plusieurs espèces retiendront notre attention :

Stenobothrus lineatus (Panzer 1796) « Le Criquet de la Palène ».
Stenobothrus stigmaticus (Rambur, 1838), le « Sténobothre nain » l’un des plus petit criquet de notre faune.

Nous avons vu un minimum de 20 individus adultes (potentiellement jusqu’à 50 individus sur toute la zone ?). Ce qui est de loin le record observé sur le site.

Decticus verrucivorus (L. 1758) la « Dectique verrucivore »

Nous n’avons vu et entendu que 2 mâles. C’est très faible par rapport à d’habitude sur ce site et probablement lié à la canicule de la semaine dernière.  Les 2 seuls chanteurs étaient côté nord de la butte, ce qui est assez original et probablement significatif.

Ces trois espèces sont sur la liste rouge européenne de l’UICN (2016), la liste rouge régionale de la faune menacée de Picardie (2016). Ce sont donc des espèces déterminantes de l’inventaire ZNIEFF.

Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775), l’Hespérie du chiendent.
Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775), l’Hespérie du chiendent. Déjà connu sur le site mais toujours un papillon sympathique à croiser…

Ce papillon est inscrit sur la liste rouge européenne de l’UICN (2010), la liste rouge des Rhopalocères de France métropolitaine (2012). Espèce déterminante de l’inventaire ZNIEFF mais notée comme commune dans le livre des Rhopalocères Tome 1 (Adep, Duquef et al. 2004). A surveiller donc…

Un espace patrimonial comme celui-ci, situé au cœur du plateau Picard n’est pas légion et recèle du potentiel… Il mériterait certainement une surveillance et des visites régulières afin de parfaire notre connaissance. Nul doute que certaines espèces pourraient encore créer des surprises.

Texte LC et Thibaud Daumal. Photos : L.C

Fiche espece : Oxycarenus lavaterae (Fabricius, 1787)

Oxycarenus lavaterae, ou punaise du tilleul, est originaire du bassin méditerranéen. Depuis les années 1980 l’espèce a entamé une spectaculaire progression vers le nord, sans doute liée au réchauffement climatique qui permet sa survie hivernale. Le trait le plus typique de son comportement est le regroupement de centaines ou de milliers d’individus entassés et serrés les uns sur les autres sur des troncs de tilleuls dès l’automne pour hiverner.

Jean-Claude Bocquillon.

Photo : François Petit
Photo : François Petit
Photo : François Petit

Fauches : arrêtons le massacre !

A l’heure où de nombreux organismes rendent des rapports sur la perte de la biodiversité à travers le monde, où les scientifiques confirment cet effondrement du vivant, que les associations locales de France constatent ce phénomène chaque jour sur le terrain, nous continuons à prendre des mesures inutiles et destructrices pour notre flore et notre faune.

Si la fauche des bas-côtés est parfois nécessaire dans les endroits stratégiques afin d’assurer la sécurité routière, elle ne l’est pas, sous prétexte que la « mauvaise » herbe fait « sale » ! Elle détruit de manière considérable notre entomofaune, et pas que…

Les accotements sont des « puits de vie » et un refuge pour insectes, reptiles et micromammifères.

J’ai pu voir des fauches mécaniques cet été dans les Alpes (photo ci-dessous) jusqu’en pleine forêt ! Du grand n’importe quoi ! Cette flore gêne qui ?! Elle est pourtant indispensable à la biologie des insectes (pollinisateurs), au développement des chenilles, etc… La diminution de cette biomasse entomologique ne profite pas non plus aux principaux prédateurs que sont les oiseaux. Il ne faut pas alors s’étonner de voir diminuer de manière inquiétante leur population à leur tour…

!!!

Les plantes des bords de route, utiles aux insectes de tous ordres, ne peuvent accomplir leur cycle biologique complet (fleurs, graines) si elles sont systématiquement fauchées : appauvrissement de la biodiversité végétale et par conséquent des espèces inféodées aux plantes disparues.

Les fauches de nos bas-côtés ne doivent plus être AUTOMATIQUES. Elles permettraient aux services de l’Etat de gagner du temps pour d’autres tâches, d’y gagner économiquement (moins de machines et par conséquent moins de carburant). L’arrêt de ces pratiques permettrait d’éviter une hécatombe de notre biodiversité locale, le tout, dans un cercle vertueux.

Un exemple : ce papillon, le demi-deuil Melanargia galathea (Linnaeus, 1758) , découpé par l’engin mécanique porte malheureusement bien son nom…

Taupe « mutilée ». Photo : Carole Derozier.

 

 

 

 

Myrmica schencki Viereck, 1903 : espèce identifiée dans le département de la Somme.

Deux prélèvements venus des communes de  Daours et de Corbie (merci Yann !!), viennent confirmer la présence de l’espèce dans le département de la Somme (80). Nous connaissions l’espèce dans quelques communes de l’Aisne et de l’Oise, mais ces occurrences « remontent » l’espèce géographiquement bien plus au nord. L’espèce n’étant pas encore connue du département du Nord (59), ni du Pas-de-Calais (62) à ce jour.

 

Ci-dessus : Myrmica schencki Viereck, 1903 : Cartographie picarde de l’espèce pour la période 2014-2017 (Conception : LC).

Ci-dessous : DAOURS, 1er site où l’espèce a été détectée par Yann Duquef – (Photo LC).

 

 

 

 

 

 

Nos Milieux : Les carrières de Saint-Vaast-Lès-Mello (Oise-60)

Proche de Creil, je vous propose de découvrir un paysage étonnant : les carrières de Saint Vaast lès Mello.

Une randonnée de 10Km environ dans la Vallée du Thérain, qui offre à la fois un espace thermophile à xéro-thermophile puis un environnement hygrophile (étang). L’ex-carrière, de l’époque géologique du Lutécien -soit 45 millions d’années environ- a été exploitée pour son calcaire dès le XIXème siècle. Aujourd’hui re-végétalisée, c’est le lieu idéal pour les randonneurs, les pêcheurs et où viennent s’entrainer à loisir, quelques grimpeurs sur les colonnes de pierre abandonnées.

De nombreux insectes ont élu domicile dans ces lieux qui nécessiteraient certainement des études plus approfondies.

Voici quelques photos du site. Vous trouverez plus bas le site internet dédié, avec de plus larges informations pour celles et ceux qui seraient curieux de le découvrir.

 

   

Site :

http://www.saintvaastlesmello.fr/fr/information/63989/la-randonnee-carrieres

 

 

 

Nos Milieux : les marais de Bourneville (Oise 60)

Photos et texte : L. Colindre.

Voici un bel endroit promis à la contemplation. Situé sur la commune de Marolles à la limite de l’Oise et de l’Aisne. Environ 13 ha de tourbières à proximité du Canal de l’Ourcq.

Il s’agit d’une ancienne exploitation de tourbe (début du XX ième siècle). On y dénombre environ 200 espèces végétales dont 22 remarquables. Les insectes devraient certainement y être recensés dans un cadre spécifique, tant le potentiel y est important en « aquatiques » (mais pas que…!).

Attention aux « Tremblants » (planchers tourbeux flottants) pouvant être dangereux si l’on s’aventure hors des sentiers balisés.

Site actuellement géré par le CENP.

Bottes OBLIGATOIRES !

Pour en savoir plus, liens CENP, ZNIEFF et ENS :

http://conservatoirepicardie.org/le-marais-de-bourneville

https://inpn.mnhn.fr/docs/ZNIEFF/znieffpdf/220013837.pdf

http://www.oise.fr/fileadmin/pdf/mes_services/amenagement_territoire/developpement-durable/ENS/vallee-ourcq-marolles.pdf

 

 

 

Nos milieux : l’Artoise : une rivière labellisée.

 

Si les insectes sont le point central de notre site internet, nous avons également le devoir de présenter les biotopes régionaux de grande valeur écologique qui nous entourent. Pour cette première, je vous propose de nous intéresser quelques instants à la rivière l’Artoise.

Située dans l’Aisne, en Thiérache, elle prend sa source en Belgique près de Chimay et coule sur 19 km. Elle délimite d’ailleurs la frontière entre les deux pays sur 9 km. La Belgique et la France comptent environ 5 km de bras d’eau chacun. Elle prend fin et se jette dans le Gland en forêt domaniale de Saint-Michel, massif forestier de 2 940 ha.

Si cette rivière est si importante, elle le doit en partie à son caractère « sauvage » et à la qualité de ses eaux. Sinueuse, bien oxygénée, elle accueille une variété importante d’animaux remarquables : poissons, amphibiens, oiseaux sans oublier les invertébrés déjà mis en avant lors d’inventaires initiés par le CPIE de l’Aisne, l’OPIE, l’ONF, l’ADEP… Ce lieu est encore relativement préservé des altérations anthropiques mais nécessite une protection sur le long terme.

C’est pour cette raison qu’elle bénéficie depuis l’été 2016 du premier label « rivière sauvage » pour le bassin Seine-Normandie. Il est intéressant aussi du fait du caractère transfrontalier du bassin, ce qui nécessitera sans doute des coopérations futures. La Labellisation a été portée par la Fédération de l’Aisne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique. Sur sept autres rivières sauvages françaises labellisées pour l’instant, elle est l’unique rivière au Nord de la France.

Elle bénéficie également d’une zone de protection d’une partie de son bassin versant coté français via la « RBI » (Réserve Biologique Intégrale) sur 75 ha permettant de mieux la protéger des activités humaines. L’Office des Forêts est en train de réaliser ou d’initier des inventaires scientifiques pour en établir son plan de gestion.

Bibliographie entomologique ADEP disponible :

–Barbut J.- Berhamel S.-Duquef M. (2001) – Pungelaria capreolaria Denis et Schiffermuller en Picardie. L’Entomologiste Picard, année 2001.

–Bocquillon J.C. (2014) – Schizotus pectinicornis L. en Picardie. Les montagnards sont là… L’Entomologiste Picard, N° 25, année 2014.

Mais aussi :

–Hallart G & Le Doaré J. (2016) – Addition à la faune des Plécoptères de France : Amphinemura borealis (Morton, 1894), Plecoptera, Nemouridae – Ephemera, 2014 (2016), Vol. 16 (2) : 93-96

 

Pour en savoir plus : http://www.rivieres-sauvages.fr/

 

 

Remerciements à G. Hallart pour ses photos.