Archives de catégorie : Pédagogie

Petite faune de nos jardins et villages

Voici un bulletin n° 32 « hors série » consacrée à l’entomofaune que nous pouvons trouver dans notre jardin ou village. Il s’adresse aux profanes, aux enfants et à tous les curieux de nature !

Pour recevoir un exemplaire « papier » n’hésitez pas à contacter l’ADEP, vous le recevrez directement par voie postale au prix de 5 euros (+ frais de port).

Bonne lecture !

Un état des connaissances sur les coccinelles (Coleoptera Coccinellidae) de Montataire

(Département de l’Oise, 60160).

A ce jour, à notre connaissance, seuls trois entomologistes sont passés à Montataire  avec l’intention d’observer les insectes et d’y produire – entre autres – des données sur la famille des Coccinellidae. Aux observations réalisées par ces spécialistes, s’ajoutent les observations ponctuelles des élèves des écoles élémentaires Jean Jaurès, Joliot-Curie et Paul Langevin à partir de l’année 2016. Ces observations s’étalent de l’année 2012 à l’année 2021.

Le cumul des observations réalisées fait état de 73 données se rapportant à 23 espèces de coccinelles. La présente note en fournit les détails. Par commodité, les espèces sont présentées par ordre alphabétique du nom scientifique latin. La répartition en sous-famille est donc ignorée. Lorsqu’il existe un nom vernaculaire (en langue française) celui-ci est précisé.

Adalia bipunctata (Linnaeus, 1758)           La coccinelle à deux points

Coccinelle moyenne de 4 à 5 mm de long présentant le plus souvent une coloration rouge avec un point noir centré sur chaque élytre, cette coccinelle est recensée à quatre reprises dans la commune. Tout d’abord en août 2012 au parc du prieuré, puis trouvée à nouveau en août 2018 non loin du collège. Enfin, l’espèce a été découverte par des élèves à l’école Paul Langevin en mai 2020 et en février 2021.

Adalia decempunctata (Linnaeus, 1758)         La coccinelle à dix points

Petite coccinelle de 4mm environ dont l’ornementation varie énormément tant en coloration qu’en nombre de points, le phénotype le plus courant comprend une dizaine de points noirs sur un fond plus clair. Cette coccinelle a été trouvée deux fois respectivement en juillet 2019 et en mai 2020, rue du 8 mai 1945

Aphidecta obliterata (Linnaeus, 1758)    La coccinelle de l’épicéa ou coccinelle oblitérée

Coccinelle moyenne de 4 à 5mm, dont la coloration brune et plutôt terne s’éloigne beaucoup de l’image populaire de la coccinelle, elle tient ses deux noms français d’une part de la plante sur laquelle, elle est assez fréquemment trouvée et d’autre part d’une caractéristique ornementale : une marque juste derrière la tête ressemblant quelque peu au tampon d’oblitération sur les timbres du courrier postal. Cette coccinelle a été observée deux fois à Montataire : en août 2012 et 2018, respectivement au parc du Prieuré et non loin du collège.

Exochomus quadripustulatus (Linnaeus, 1758)    La coccinelle à virgule

Cette coccinelle, dont la taille varie entre 3,5 et 5mm, est très reconnaissable car elle présente coloration noire et brillante ornée de deux taches rouges en forme de virgule. Elle a été découverte à quatre reprises en avril 2017, juillet 2017, août 2018 et mars 2019, d’abord, en bord de rivière non loin de la mairie, puis rue du 8 mai 1945, puis non loin du collège et une nouvelle fois rue du 8 mai 1945. Ces observations sont dues aux trois spécialistes.

Calvia decemguttata (Linnaeus, 1767)      La coccinelle à 10 points blancs

Facile à reconnaître, dès lors que l’on prend le temps de compter les dix points blancs qui lui sont caractéristiques, cette coccinelle s’éloigne, elle aussi, largement de l’image d’Epinal que l’on se fait habituellement des coccinelles. A Montataire, il existe actuellement un seul signalement datant de juillet 2013 pour cette grosse coccinelle orangée nuancée de rose de 7mm. Elle a été trouvée sur Aulne dans les boisements attenant au parc du Prieuré.

Chilocorus bipustulatus (Linnaeus, 1758)           La coccinelle des landes

Plutôt petite, avec ses 3 à 5mm, cette coccinelle se reconnaît néanmoins assez aisément sur le terrain à l’aide d’une petite loupe. Il suffit de remarquer son aspect très rond, son dos assez bombé, sa coloration noire brillante et la ligne de points rouge alignés et bien centrée au milieu des élytres. Il existe deux mentions de cette espèce à Montataire. L’une à l’école Joliot-Curie où un individu fût détecté sous le store d’une classe en juillet 2017. La seconde mention vient du stade de l’école Paul Langevin, toujours en juillet 2017. Dans les deux cas, des plantes de la famille des Cupressacées étaient présentes non loin de là.

Coccidula rufa (Herbst, 1783)

Cette petite coccinelle de 2 à 3mm de long, orangée, poilue et au corps allongé apprécie les zones humides et les bords de plan d’eau. Elle a été détectée une seule fois à Montataire en avril 2015 par l’examen attentif de joncs au bord d’un étang du parc du Prieuré.

Coccinella septempunctata (Linnaeus, 1758)                 La coccinelle à sept points

Cette coccinelle est la seule qui soit réellement connue du grand public. Elle est plutôt grande : entre 6 et 8mm, arbore une coloration rouge orangée aisément identifiable et ponctuée de sept points dont la position ne varie guère. Elle n’a été observée avec une date précise qu’à cinq reprises : en août 2012, en juillet 2013, en janvier et avril 2018, ainsi qu’en avril 2021. Les premières mentions sont au crédit des entomologistes, les trois dernières mentions sont le fait des élèves de Paul Langevin. Néanmoins d’autres observations non datées ont eu lieu sans recherche particulière.

Halyzia sedecimguttata (Linnaeus, 1758)            La grande coccinelle orange

Cette coccinelle se reconnait aisément grâce à sa taille importante : jusqu’à 7,5mm, sa coloration orange bien typique et ses 16 points blancs dont la disposition et la forme ne varient qu’assez peu. Elle a été signalée à trois reprises de Montataire : au parc du Prieuré en août 2012 par, au même endroit en juillet 2013, puis une dernière fois sur un mur d’école, en avril 2018.

Harmonia axyridis (Pallas, 1773)               La coccinelle asiatique

Cette coccinelle a été introduite en Europe à des fins d’expérimentation sur la lutte contre les pucerons. Invasive, elle est maintenant présente et commune partout. Assez grande et globalement assez aisée à reconnaître malgré son extrême variabilité pigmentaire, la coccinelle asiatique a beaucoup été observée à Montataire. Entre août 2012 et décembre 2021, ce sont 18 mentions circonstanciées qui ont été produites et cela dans bien des lieux de la commune : parc du Prieuré, rue Louis Blanc, rue Jean Jaurès, en bord du Thérain non loin de la mairie, rue du 8 mai 1945… Tous les stades ont été observés : larve, nymphe et adulte. On peut donc avancer que l’espèce est devenue commune sur le territoire urbain. C’est l’espèce que les élèves détectent le plus facilement.

Harmonia quadripunctata (Pontoppidan, 1763)    La coccinelle à quatre points

Cette coccinelle d’environ 6mm se trouve en examinant attentivement les résineux. Principalement les pins et les épicéas car c’est là que l’animal trouve ses proies favorites. Les trois observations : avril et juillet 2017 ainsi que août 2018 ont été faites de cette manière en bord de rivière non loin de la mairie, rue du 8 mai 1945 et non loin du collège par les trois entomologistes.

Henosepilachna argus (Geoffroy in Fourcroy, 1785)     La coccinelle de la bryone

5 signalements ont été précisément datés pour cette grosse coccinelle à la livrée orange mat ornée d’une douzaine de points noirs : deux fois en juillet 2017 rue du 8 mai 1945 et à Magenta puis en mai et juin 2020 ainsi qu’en juin 2021 rue du 8 mai 1945. D’autres mentions non datées ont été faites facilement car la coccinelle est facile à trouver sur sa plante nourricière tant que celle ci n’est pas gyrobroyée. En effet, cette coccinelle est végétarienne et mange exclusivement de la Bryone (Bryonia dioica Jacq, 1774)

Myrrha octodecimguttata (Linnaeus, 1758) La coccinelle des pins ou la coccinelle des cimes.

Inféodée aux résineux et principalement au pin maritime car elle y trouve sa nourriture, la coccinelle des pins n’est néanmoins pas évidente à trouver car elle apprécie essentiellement les hauteurs des arbres. Ce qui lui vaut son deuxième nom vernaculaire de coccinelle des cimes. De taille moyenne entre et le rouge et le brun ornementée de 18 taches blanches fréquemment fusionnées, cette coccinelle ne ressemble en plus pas à l’idée préconçue des coccinelles. Elle n’a été détectée que deux fois dans la commune : d’abord en juillet 2017 puis en mai 2021 par deux élèves sur un mur sous un pin en sortant de leur école.

Nephus quadrimaculatus (Herbst, 1783)         La coccinelle « dermeste tortue noire »

Photo : L. Colindre (Adep).

On ne peut pas dire que le nom français de cette coccinelle soit informatif et il eut été judicieux de ne pas l’inventer juste pour donner un nom en langue française à une coccinelle qui, jusqu’à il y a peu, n’en avait pas. Discrète avec ses 2mm, noire velue avec 4 petites taches rouges, se cachant fort bien dans les entrelacs de lierre, cette espèce est souvent dure à détecter. Trouvée en juillet 2017 rue Louis Blanc. L’observateur précise avoir trouvé 8 individus : 7 sur lierre et 1 sur érable.

Novius cardinalis (Mulsant, 1850)

Photo : UR Schmidt Wikipedia sous licence common CC

Introduite en France, afin de lutte biologique, l’espèce est acclimatée principalement sur le pourtour méditerranéen. Les observations ailleurs en France sont rarissimes. L’unique observation de cette espèce, faite par un élève, dans son jardin de Montataire, en juillet 2021 est donc exceptionnelle. C’est même à notre connaissance la seule observation pour tout le nord de la France, exception faite d’un signalement à Paris intramuros. Néanmoins, l’espèce semble être vendue en jardinerie pour lutter contre certains parasites des arbres et arbustes et peut donc être localement disséminée sans que cela fasse souche. A noter que l’élève concerné, a trouvé le nom de sa découverte en s’aidant certainement d’une application d’identification et le nom trouvé était le bon !

Oenopia conglobata (Linnaeus, 1758)     La coccinelle rosée

Cinq signalements seulement pour cette espèce de 4mm de couleur rose ou rouge bordeaux et constellée de points noirs souvent partiellement fusionnés les uns aux autres. Deux fois en août 2012 au parc du Prieuré ; Fin mars 2017, un individu trouvé mort sur un appui de fenêtre de la maison de retraite de Montataire ;  un individu trouvé dans une cour d’école en mars 2018 et enfin un individu trouvé en juillet 2020 par un élève profitant de ses congés pour étudier les animaux de son jardin.

Propylea quatuordecimpunctata (Linnaeus, 1758)         La coccinelle à damier

Moyenne, avec ses 4 à 5mm, cette espèce se reconnait pourtant assez aisément de par les points souvent rectangulaires et en tous cas jamais ronds qu’elle arbore systématiquement. La livrée étant essentiellement blanche à points noirs ou noire à points blancs ressemble beaucoup au drapeau à damier des courses automobiles ou au plateau du jeu d’échecs ou du jeu de dames. Cela lui a valu son nom français. Deux signalements de cette espèce ont été faits à Montataire : en août 2012 et en mai 2020, respectivement au parc du Prieuré et rue du 8 mai 1945.

Psyllobora vigintidupopunctata (Linnaeus, 1758)  La coccinelle Marsupilami ou coccinelle à 22 points.

D’un jaune éclatant constellé de 22 points noirs, cette espèce rappelle effectivement le marsupilami créé par Franquin. De taille moyenne avec 4 ou 5mm, son ornementation très atypique pour une coccinelle ne laisse pas indifférent lorsqu’elle est trouvée. C’est arrivé deux fois pour le moment à Montataire : en août 2012 au parc du Prieuré et récemment en septembre 2021 sur un poteau de clôture d’école par quelques-uns des élèves qui prenaient leur récréation.

Rhyzobius chrysomeloïdes (Herbst, 1792)      La rhyzobie des arbres

Cette coccinelle de taille assez moyenne se trouve quasi exclusivement au battage des branches des arbres et arbustes. De teinte essentiellement terne, elle est donc discrète et passe assez inaperçue. Un dessin plus ou moins marqué en forme d’ancre de bateau ornemente régulièrement ses élytres. Elle a été trouvée à deux reprises en avril 2017 au bord du Thérain puis en juin 2020 rue du 8 mai 1945.

Rhyzobius forestieri (Mulsant, 1853)

Cette petite coccinelle de 3 à 4mm très ronde aux ailes noires et au ventre rouge est une espèce introduite en Europe. Depuis, elle s’y acclimate et prospère dans la discrétion. Une soixantaine de mentions existe en France selon la cartographie du Muséum Nationale d’Histoire Naturelle. Cela ne reflète sans doute pas la réalité de sa présence. Une mention existe pour Montataire : en août 2018, deux des entomologistes ont trouvé l’espèce non loin du collège.

Scymnus interruptus (Goeze, 1777)        La coccinelle velue à bandes

Minuscule coccinelle n’atteignant pas les 2mm de long, elle est noire, couverte d’un fin duvet de poils, présente le plus souvent des taches triangulaires rouge-orangé touchant le bord des ailes. Elle a été trouvée à trois reprises en février, avril et juillet 2017: rue du 8 mai 1945, en bord du Thérain non loin de la mairie et rue Louis Blanc. Sa découverte reste affaire de spécialiste : c’est la technique du battage qui fut utilisée sur noisetier, érable, aulne et frêne.

Sospita vigintiguttata (Linnaeus, 1758)         La coccinelle de l’Aulne

Assez grande, cette espèce présente deux colorations bien typiques : elle peut être rose à vingt points blancs ou noire à vingt points jaunes. Comme son nom français l’indique clairement, cette espèce est très liée à un arbre poussant préférentiellement dans les zones humides telles que les marais et les bords de cours d’eau. C’est au parc du Prieuré qu’un entomologiste l’a trouvé au début du mois d’août 2012, c’était alors une première mention départementale. Aucune autre mention depuis dans la commune pour cette coccinelle indiquée rare et très discrète. A ce jour, seules dix autres communes du département ont renseignées pour cette espèce. Elle reste donc toujours une vraie rareté entomologique.

Vibidia duodecimguttata (Poda, 1761)          La petite coccinelle orange

Effectivement orangée et tachées de 12 points blancs, cette petite coccinelle ne dépasse pas les 4mm de long. Elle a été trouvée deux fois au parc du Prieuré en août 2012 et une fois rue du 8 mai 1945 par les entomologistes déjà cités. On peut indiquer une particularité alimentaire pour cette espèce : elle consomme des films mycéliens sur les feuilles des végétaux qu’elle fréquente. Dit plus simplement : elle mange des champignons. C’est le cas de plusieurs autres espèces de coccinelles.

Avec 23 espèces recensées dans Montataire, la ville se classe parmi les communes les mieux renseignées du département de l’Oise. Cette diversité d’espèces illustre les nombreux milieux qui émaillent le territoire communal. Avec seulement 73 observations circonstanciées, la somme de données sur la famille des coccinelles reste faible. Les observateurs ont en quelque sorte privilégié l’efficacité plutôt que la quantité. Il en ressort une petite impression de manque. Une recherche plus systématique et plus poussée conduirait certainement à une augmentation significative de la diversité des coccinelles. Si un pronostic devait être fait, attendu la grande diversité de milieux tant urbains que ruraux, allant du chaud sec au froid humide, il serait d’un minimum de 35 à 40 espèces présentes sur le territoire. Il ne reste plus qu’à les trouver !

Remerciements :

Tout d’abord aux nombreux élèves des écoles Paul Langevin, Joliot-Curie et Jean Jaurès depuis septembre 2016. Leur curiosité, leur envie de découvrir leur environnement et d’apprendre de nouvelles choses sont à l’origine de cette synthèse entomologique. Leurs observations ponctuelles ont de plus significativement amélioré cet inventaire. Bravo à eux. A mes complices entomologistes de longue date : Mme D. et M. T. Toujours aussi efficaces.

Cet hiver 2021, participez à la plantation de haies fruitières en Bio, les insectes pollinisateurs y seront les bienvenus !

Les inventaires des arthropodes dans un réseau de haies sur l’exploitation de la La ferme du développement durable à Herleville (Somme) ont abouti à la réalisation d’un rapport d’étude réalisés par l’ADEP. Sur cette exploitation, il est prévu en décembre 2021 la plantation de haies fruitières en arboriculture Biologique soit environ 5000 arbres.

E. Vidal

Pour mener à bien ce projet, le bénévolat est activement recherché. L’exploitant vous invite à donner un peu de votre temps. Des inscriptions sont possibles via le lien suivant :

https://doodle.com/poll/zq4ueupi4943diwg?utm_source=poll&utm_medium=link

Pour plus de renseignements : 

Ferme du développement durable, Gonzague Proot,  22 grande rue 80340 HERLEVILLE 

06 14 21 03 82

E. Vidal

Un succès pour l’ ABMARS 2021

L’exposition de l’ ABMARS (Association des Botanistes et Mycologues Amateurs de la Région de Senlis) pour la fête de la science ce weekend du 9 et 10 octobre 2021 à Senlis a été une belle réussite. Plus de 600 personnes sont venues à la rencontre de l’ ADEP et des nombreux autres exposants sur ces deux jours.

Photo : Lucas BALITEAU, CPIE des Pays de l’Oise.

De nombreux visiteurs ont décrétés d’eux-mêmes avoir changés leur rapport aux arthropodes grâce à la médiation de l’ ADEP. Ça fait toujours plaisir !

Photo : Lucas BALITEAU – CPIE des Pays de l’Oise – Intervention de nos collègues Joël THALMANN, Ludivine CONRAD sans oublier Régis BOULANGER le Dimanche !

L’ occasion de rencontrer une potentielle relève et prendre contact avec différents établissements scolaires désireux d’obtenir des interventions ADEP.

Photo : Lucas BALITEAU – CPIE des Pays de l’Oise

Un grand merci à Lucas pour ses photos et l’implication des intervenants !

Observer les insectes

DISCOURS DE LA MÉTHODE

Ou comment l’on chasse et pourchasse les insectes et autres arthropodes pour les observer ou inventorier

Il existe toutes sortes de méthodes, utilisées par les entomologistes et naturalistes pour provoquer l’occasion de rencontrer leurs chères bestioles ; des procédés les plus aléatoires et hasardeux, du déploiement de moyens actifs, voire hyperactifs aux méthodes plus passives, voire passoires. Nous allons tenter ici d’en dresser un petit inventaire, non exhaustif, à destination des débutants et de tous les curieux de nature.

Illustration Noémie Derozier

LA RECHERCHE « À VUE » DE NUIT, avec une lampe torche ou une lampe frontale ; cette méthode combine l’attraction lumineuse au plaisir de la balade nocturne. De nombreux insectes, attirés par la lumière viennent volontiers se faire observer. Ah… les feux de la rampe !

Illustration Noémie Derozier

► LES FOUILLES PLUS POUSSÉES SUR LE TERRAIN : quand à la mauvaise saison ne volent plus que des feuilles mortes, on peut patienter en attendant le retour des beaux jours en débusquant les petites bêtes jusque dans leur refuge hivernal ; dans les souches, sous les écorces des arbres, dans les grottes et cavités et toutes sortes de cachettes (jusque dans les maisons).

Illustration Noémie Derozier

► LE FILET À PAPILLONS qui peut attraper au vol les papillons bien sûr, mais aussi de multiples familles d’insectes volants. Un « filet de voiture » a même été inventé : fixé sur une voiture, ce grand filet permet de capturer les insectes se déplaçant sur le trajet de la voiture. On peut bien sûr l’utiliser de nuit, l’éclairage des phares de la voiture attirant d’autant plus.

Illustration Noémie Derozier

► LE FILET TROUBLEAU  pour aller chercher les petites bêtes vivant au fond de l’eau ; ce petit filet, fixé au bout d’un manche solide, sera enfoncé dans les herbiers aquatiques et la vase dans lesquels vivent des coléoptères, punaises, larves de libellules, etc.

► LE FILET-FAUCHOIR, plus solide que le filet à papillons, il permet de ratisser les herbes basses en faisant un mouvement de va-et-vient pour y collecter les petites bêtes qui s’y trouvent.

Illustration Noémie Derozier

► LA MÉTHODE DU BATTAGE utilise le parapluie japonais, encore appelé nappe de chasse ; cet objet présente une toile plane sur une armature légère que l’on tient horizontalement sous les branches des arbres que l’on va battre pour en faire tomber chenilles, araignées, punaises et toutes sortes de petites bêtes qui se croyaient bien tranquilles.

Illustration Noémie Derozier

► LES TAMIS ; dispositifs permettant par exemple de filtrer la litière et de la séparer des multiples petits arthropodes cachés dedans. Indispensables pour l’étude des fourmis, par exemple. Certains tamis sont fixés au fond d’un filet-fauchoir pour que les bêtes capturées ne se sauvent pas illico.

► L’ÉLEVAGE (c’est-à-dire le nourrissage de chenilles et autres larves, ou la mise en caisse de bûches contenant des larves de coléoptères xylophages, par exemple) ; vous avez la fibre maternelle ? Alors adoptez une chenille, une larve de coléoptère, de punaise ou autre. Fournissez-lui les conditions nécessaires à sa jeune vie et attendez patiemment la fin des métamorphoses : vous pourrez alors découvrir qui se cachait derrière la jolie petite larve !

Illustration Noémie Derozier

► LA MÉTHODE DITE DE « LA MIELLÉE » ; il s’agit de concurrencer les sources nectarifères par une gourmandise savamment préparée et étalée pour y attirer les insectes, de jour comme de nuit. Chacun y va de sa recette, mêlant bière, confitures, jus de fruits, sucres, fruits avancés, vin rouge, miel et autres mixtures… mais chut ! La recette reste secrète, chacun la sienne ! Cette mixture sucrée peut être introduite dans une bouteille trouée et suspendue dont les insectes ne pourront ressortir. Il est également possible d’attirer certains coléoptères avec… de la truffe, m’sieurs dames, rien que ça !Ou les fourmis avec des rillettes de poisson ! Moins gourmande, mais particulièrement attirante pour les insectes nécrophages (= mangeurs de cadavres) : la pose d’un cadavre de petite bête en voie de décomposition pourra permettre d’observer les indispensables insectes nettoyeurs qui profitent de cette source de nourriture, dans laquelle ils peuvent également pondre leurs larves.

Illustration Noémie Derozier

– LE PIÉGEAGE PAR ATTRACTION LUMINEUSE (piège lumineux sur dispositif vertical, horizontal, pyramidal, cubique, etc.) ; autant d’entomologistes, autant de dispositifs ! Le principe restant de dérouter et détourner les insectes se déplaçant incognito la nuit en les attirant par une lumière spéciale (lampe led ou à UV) qui les incite irrésistiblement à se poser sur la surface réfléchissant la lumière (souvent un drap ou un mur blanc).

Illustration Noémie Derozier

► LE PIÉGEAGE PAR PHÉROMONE ; cette méthode permet de sélectionner d’avance l’espèce que l’on cherche à attirer au moyen d’une phéromone qui lui est propre. L’idée est de disposer un petit tube imprégné d’une imitation chimique de l’odeur émise par la femelle pour attirer les mâles et se reproduire (phéromone). Cette phéromone est mise dans une boîte dans laquelle le mâle va rentrer sans pouvoir en ressortir. On peut aussi utiliser une femelle vierge (c’est-à-dire venant d’éclore) pour attirer des mâles. Cette méthode fut notamment utilisée par Jean-Henri Fabre.

Illustration Noémie Derozier

– LES PIÈGES AU SOL : ce sont des pièges en forme de  gobelet, que l’on enterre au ras du sol, et qui contiennent soit un mélange attractif soit un mélange d’eau saturée de sel et d’un peu de liquide vaisselle permettant de conserver les bêtes qui coulent au fond. Cette méthode permet d’échantillonner les petites bêtes qui se déplacent au sol dans le secteur du piège. Il faut régulièrement venir récolter les insectes et araignées tombés dans le piège.

Illustration Noémie Derozier

► LA MÉTHODE DU PIÉGEAGE PAR COULEURS, dans le même registre, consiste à disposer au sol des récipients vivement colorés (jaune, bleu ou blanc) en fonction des familles d’insectes que l’on cherche à attirer. Un peu de liquide (eau salée pour la conservation + quelques gouttes de liquide vaisselle pour éviter que les insectes flottent à la surface du récipient) permettra de conserver les bêtes jusqu’au retour de l’observateur. Les rubans « tue-mouche » de nos grands-mères utilisaient cette attraction par la couleur, en piégeant non plus avec un liquide, mais avec une glu.

Illustration Noémie Derozier

► LES PIÈGES À INTERCEPTION : il s’agit de dispositifs la plupart du temps verticaux et invisibles (voilage, plastique transparent), situés sur la trajectoire des insectes, qui s’y engouffrent et sont ensuite capturés dans un réceptacle. Ce principe peut être décliné de multiples manières selon les matériaux et récipients utilisés. C’est le principe utilisé par la tente malaise, par exemple.

Etc. ! La plupart des objets décrits peuvent être bricolés par l’amateur et perfectionnés selon ses besoins et expériences, et même combinés entre eux. Par contre, les enfants veilleront à se faire accompagner d’adultes expérimentés, car les rencontres avec les bestioles ne sont pas toujours simples à gérer (frelons, guêpes, chenilles de processionnaires… sans parler des vilaines tiques).

Illustration Noémie Derozier

Pour une bonne pratique, respectueuse des espèces sensibles, l’amateur commencera par les techniques les plus douces, sans prélèvement, afin de perfectionner ses connaissances et de ne pas tuer inutilement les insectes dont chacun a désormais conscience que s’il est utile de les inventorier et de les mieux connaître pour les préserver, il faut également veiller activement à leur conservation et à celle de leurs milieux de vie : ils sont notre bien commun !

On l’a vu, les méthodes sont multiples, mais quelles que soient celles utilisées, le plus efficace est de les varier en fonction de la saison, du matériel à disposition, des milieux prospectés, des bêtes recherchées.

Avec une unique motivation : le plaisir de la découverte !

Semaine Mondiale de l’Education BIC

Dans le cadre de son engagement de Développement Durable d’améliorer les conditions d’apprentissage de plus de 250 millions d’enfants dans le monde à horizon 2025, BIC a organisé du 1er au 5 Octobre 2018 la première édition de la “Semaine Mondiale de l’Education BIC”.  Pendant toute la semaine, tous les collaborateurs de BIC à travers le monde ont eu la possibilité de consacrer une journée de travail à des actions permettant d’améliorer les conditions d’apprentissage des enfants et étudiants près de chez eux.

Ainsi, le 04 octobre 2018, Bic Rasoirs a décidé de s’investir pour les enfants de Verberie.

Dans un contexte mondial assez alarmant concernant la biodiversité, Bic Rasoirs a eu l’idée de faire découvrir la signification de ce terme à la classe de CM1 et la classe de CM2 de l’école des remparts. Bic Rasoirs a profité de la friche attenante au site et d’une collaboration avec l’ADEP (Association Des Entomologistes de Picardie) pour organiser une journée à la découverte de la biodiversité au travers des arthropodes.

A travers différentes activités ludiques et pratiques, la biodiversité ainsi que l’utilité des friches ont été expliquées. Les ateliers « chasses » et loupes binoculaires ont fait découvrir les multiples différences et très nombreuses formes de vie présentes dans la friche. Les enfants ont fait fi de leurs craintes pour capturer temporairement des scarabées, araignées et autres « toutes relatives » petites bêtes afin de les observer.

 

 

 

 

Un carnet recueillant informations, jeux, zones de notes et une clé d’identification des arthropodes a été remis à chaque enfant. Un diplôme nominatif attestant de leur participation a été distribué à la fin des animations.

Pour le plaisir des enfants, le bonhomme Bic avait décidé d’être de la partie et a distribué des lots de produits d’écriture à chaque enfant des classes présentes. Pour les autres, il s’est déplacé à l’école primaire des remparts.

 

 

Photos : Marina Chavernoz et ADEP

Élever des chenilles : un jeu d’enfant ?

Pourquoi faire de l’élevage ?

Il est parfois tentant de tenter de percer le mystère dans lequel se drapent les chenilles. Trouver leur identité sur photo peut parfois prendre des heures voire même échouer. Il peut-être intéressant de  les élever : l’élevage des chenilles permet de mieux appréhender le cycle de vie du papillon, de prendre conscience du temps nécessaire à son développement, et le moment de l’émergence et du lâcher reste magique, pour les observateurs en culotte courte comme pour les grands. Alors si vous êtes tentés par l’aventure de l’élevage, voici quelques conseils.

Précautions

Tout d’abord, il vaudra mieux éviter de toucher directement les chenilles, notamment certaines chenilles dont les poils peuvent être très irritants, notamment les chenilles de Processionnaires qui peuvent provoquer de dangereuses irritations. Aussi, en l’absence de connaissances particulières, on ne touchera pas les chenilles présentant des poils. Ensuite, il faudra dans la mesure du possible éviter de prélever des chenilles d’espèces protégées ou rares, à condition bien entendu d’avoir déjà une idée de l’identité de la larve. Il s’agira également tenir compte du milieu de vie de l’espèce : si l’on se retrouve avec un imago de Petit Paon de Nuit ou un Sphinx Demi-paon, il vaut mieux prévoir de lui faire faire son vol inaugural à l’endroit où la chenille avait été collectée, ou du moins dans un site qui lui soit favorable, c’est-à-dire où l’espèce ait déjà été observée.

La nourriture au quotidien

Que l’on commence à élever à partir d’œufs trouvés sur une plante, de chenilles ou d’une simple chrysalide ramassée, il faut avoir conscience que prélever dans la nature un animal qui se serait débrouillé tout seul, engage une certaine part de responsabilité et qu’il faut donc être capable de mener à terme cet élevage.

Il est très aléatoire de prélever une chenille lorsqu’on n’est pas certain de sa plante-hôte, car si certaines sont polyphages, d’autres ne consomment qu’une unique plante et à défaut de trouver laquelle, on risque de regarder sa chenille mourir de faim. De même, lorsqu’on nourrit des chenilles, c’est quotidiennement qu’il faut renouveler la provision de feuilles, tout en vérifiant bien qu’on n’introduit aucune autre bête en même temps que les feuilles qu’on glisse dans la boîte. Tous les jours également il conviendra de vider la boîte d’élevage des crottes qu’elle contient (dans la nature les crottes tombent au sol et les chenilles ne les côtoient pas). Il est inutile de mettre de l’eau, et même dangereux, les chenilles peuvent se noyer ; elles trouvent suffisamment d’eau dans les plantes consommées. Il faut également s’assurer que l’on a à portée de main, au jardin ou non loin, la plante nécessaire au nourrissage de ses pensionnaires, pour ne pas être obligé à une fastidieuse quête quotidienne.

Le matériel

Le matériel d’élevage est très peu onéreux et simple : la boîte d’élevage peut être une simple bouteille d’eau minérale coupée aux 2/3 et fermée par un morceau de tulle fixé avec des élastiques. On peut utiliser la même boîte pour des chenilles de la même espèce, mais il vaut mieux utiliser une boîte différente pour chaque espèce.

Enfin, il sera utile de coller des étiquettes sur la boîte d’élevage pour y noter des informations telles que la date et le lieu de prélèvement, la plante-hôte, le nom de l’espèce si l’on en a une petite idée, les dates des mues et de nymphose, et finalement la date d’émergence ; en effet, il n’est pas rare que des mois (parfois un ou deux ans pour certaines espèces) se passent entre la nymphose et l’émergence, aussi ces notes seront précieuses pour s’y retrouver.

Mues et nymphose

Il arrive que l’on observe sa chenille immobile plusieurs jours sur une feuille ou sur la paroi de la boîte : inutile de s’inquiéter, elle se prépare à muer. Elle reprendra ensuite sa consommation de feuilles, avec un appétit accru. À l’inverse, elle peut commencer à courir le marathon au fond de sa boîte, pendant plusieurs jours, sans plus se nourrir. C’est qu’elle cherche fébrilement un endroit favorable où s’abriter avant de se s’immobiliser longuement en chrysalide. En ce cas, il suffira de lui disposer un peu de terre dans le fond de la boîte pour lui donner l’opportunité de s’enterrer, un peu de papier essuie-tout par-dessus dans lequel elle pourra se cacher comme elle le ferait entre des feuilles, et enfin une branchette pour lui permettre d’accrocher sa chrysalide : ainsi elle aura le choix car toutes les chenilles n’ont pas les mêmes besoins dans ce moment délicat de la métamorphose.

L’attente

Une fois la chenille nymphosée, l’éleveur n’aura plus qu’à stocker sa ou ses boîtes dans un local sain, sec, non chauffé, correctement éclairé. Il visitera les boîtes quotidiennement (à la mauvaise saison une visite tous les deux jours peut suffire) car la date d’émergence peut le surprendre s’il n’a pas idée de l’identité de ses pensionnaires : un rapide coup d’œil sur le dessus des boîtes permet de se rendre compte si un papillon a éclos :

En effet la plupart du temps celui-ci s’accrochera en haut de la boîte, sur le tulle :

Les échecs

L’éleveur est parfois déçu dans ses attentes… Mais dans la nature non plus tout ne se passe pas toujours parfaitement. Il peut arriver notamment que les chenilles soient parasitées, ou que l’imago ait les ailes malformées, selon les espèces c’est même assez fréquent. Une date d’émergence trop décalée par rapport à la saison peut également représenter un échec pour la survie du papillon. Les causes d’échec peuvent être multiples, et leur analyse pourra permettre d’améliorer sensiblement le taux de réussite.

Le plus beau moment

Tout s’est bien passé, et le papillon vient d’émerger : inutile de se précipiter pour le lâcher : plusieurs heures lui sont nécessaires pour sécher ses ailes, il aura également à s’alléger en vidant son tube digestif d’un méconium diversement coloré (rouge, orange, beige…). Il peut aussi arriver que l’on se retrouve après l’émergence avec un petit boudin poilu et sans ailes : pas de panique, il s’agit d’une femelle aptère ou brachyptère. En ce cas, après quelques recherches, il suffira de la déposer délicatement sur l’arbre correspondant à son espèce.

L’élevage permet de produire des individus neufs que l’on pourra prendre plaisir à photographier avant de les laisser s’envoler vers leur nouvelle vie. Des photos des différentes étapes de l’élevage seront également intéressantes pour documenter ce qui reste une expérience scientifique. Après l’éclosion, certains éleveurs profitent même parfois d’avoir des femelles vierges (volantes ou aptères) pour attirer des mâles et assister à un accouplement puis une ponte, suivant en cela les traces de Jean-Henri Fabre au XIXème siècle, qui observait ainsi le Grand Paon de Nuit.

Après l’envol, il ne restera plus dans la boîte que la vieille peau de la chenille et sa chrysalide, parfois emballée dans un cocon…

    

…et de jolis souvenirs !