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L’année du Machaon

Le Machaon ou le Grand Porte-Queue

 Papilio machaon (Linnaeus, 1758)

 

Cette espèce emblématique appartient à la famille des Papilionidae. C’est le plus grand papillon de jour (= Rhopalocère) observable en France.

Faut-il y voir déjà un effet de la loi Labbé réglementant l’usage des pesticides* ? … 2018 a été une année très propice aux observations de Machaon en Picardie, que ce soit au stade imago (= papillon adulte) ou au stade chenille, alors que cette espèce, autrefois commune, se faisait de plus en plus rare jusqu’encore récemment. Cette tendance sera à confirmer dans les années qui viennent, espérons-le.

Papilio machaon (Linnaeus, 1758)

Certains observateurs chanceux ont même pu également admirer cette année une  autre espèce de Papilionidae, Iphiclides podalirius, le Flambé ou le Voilier, qui en vol peut prêter à confusion avec le Machaon et qui est en voie de disparition en Picardie :

Iphiclides podalirius (Linnaeus, 1758)

Description :

Le Machaon est un grand papillon (envergure 65 à 86 mm) aux ailes jaune pâle, ornées de dessins gris et noirs. Les deux sexes sont semblables. Les ailes antérieures sont bordées de gris tandis que les ailes postérieures s’agrémentent d’une bordure bleue soulignée de gris et portent une macule rouge-orangée ainsi qu’une petite queue, d’où son second nom vernaculaire. Il est magnifique et élégant.

Vue de dessous du Machaon

Période de vol :

Visible d’avril à août, Papilio machaon se reproduit en deux voire trois générations. Il hiberne à l’état de chrysalide.

Répartition :

Présent dans toute la France, Corse comprise, Papilio machaon est largement réparti dans presque toute l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Afrique du Nord et l’Asie. Visible en petits effectifs, le plus souvent à l’unité, il fréquente des milieux ouverts où il peut trouver à butiner ou à pondre : friches, prairies, jardins, abords des cultures.

Ponte :

La femelle pond ses œufs isolément, en les collant sur la face inférieure d’une feuille d’ombellifère (carotte cultivée ou carotte sauvage, fenouil, panais, aneth…)

Femelle en train de pondre sur carotte sauvage dans une friche (août 2018)
Ponte de Machaon (l’oeuf plus sombre en haut à droite est prêt à éclore)

La chenille :

L’œuf éclot environ une semaine après la ponte, et le développement larvaire dure environ un mois.  Noire avec une tache blanche pendant le premier stade, la chenille devient ensuite d’un joli vert, avec une strie noire entre les segments ainsi qu’une ligne verticale noire ornée de points rouge-orangé au milieu de chaque segment.

Chenille, 1er stade et suivants
Chenilles matures, dernier stade (photo de gauche Florence Faimali)

Lorsqu’elle est inquiète, la chenille du Machaon sort de petites cornes orangées qu’elle possède sur la tête et qui émettent une odeur repoussant les éventuels prédateurs. C’est une chenille relativement facile à élever lorsqu’on désire tenter l’aventure de l’élevage. (Voir article sur l’élevage des chenilles : http://adepentomo.fr/elever-des-chenilles-un-jeu-denfant/)

La chenille grossit par mues successives puis au dernier stade se fixe sur un support auquel elle s’attache par sa fausse patte annale et en fixant latéralement une solide ceinture faite de plusieurs fils de soie :

Chenille en élevage se tortillant pour se fixer sur son support.

Elle va ensuite se contorsionner pour faire tomber sa dernière peau de chenille, laissant apparaître la chrysalide. Le Machaon ne fait pas de cocon, sa chrysalide reste à l’air libre.

La chrysalide :

Fixée à l’extérieur, la chrysalide peut ainsi passer sans dommage toute la mauvaise saison. Elle est  indifféremment de couleur grise ou verte, sans incidence avec le support ou la saison ; un élevage de plusieurs chenilles issues de la même ponte donne des chrysalides de l’une ou l’autre couleur :

2 chrysalides issues du même élevage. La 3ème (à droite) est prête à éclore, on distingue les ailes jaunes et noires du papillon par transparence)

Émergence :

L’émergence aura lieu environ un mois après la nymphose à la belle saison, ou en mai de l’année suivante si le stade nymphal intervient en fin d’été. L’imago émerge très vite de son enveloppe : la couleur des ailes commence à se voir à travers la chrysalide, quelques heures avant la naissance du papillon. Il va ensuite laisser ses ailes se défroisser et les sécher longuement pour qu’elles durcissent, avant de s’envoler. Il se nourrit alors du nectar de diverses fleurs, sauvages ou cultivées, et cherche un partenaire pour s’accoupler. Et l’histoire peut recommencer !

Imago issu d’élevage (ab larvae)

 

Texte & photos : Carole Derozier

 

 

* (Loi Labbé : en 2017, interdiction pour les collectivités territoriales, les établissements publics et l’Etat d’utiliser ou faire utiliser des pesticides pour l’entretien des espaces verts, forêts ou promenades accessibles au public et relevant de leur domaine public ou privé ; cette interdiction de l’usage des pesticides sera étendue aux particuliers en janvier 2019)

 

Sources : Guide des papillons nocturnes de France (Robineau, 2011), Guide to the moths of the British Isles (Skinner, 2009), site Lépi’Net, Catalogue des Rhopalocères de Picardie, tome 1 (M. Duquef, édit° ADEP)

Ô Merveilles

Merveille d’automne

Griposia (= Dichonia) aprilina (Linnaeus, 1758)

À l’automne, les observations de papillons s’espacent mais il est encore possible de voir de très belles espèces, telle que cette magnifique Noctuelle, dans les Xyleninae, que les Anglais admiratifs ont baptisée en français « Merveille du jour » (à prononcer avec un accent royalement britannique).

La « Runique » pour le nom vernaculaire français ou le « Hibou vert » pour les Allemands, a une envergure allant de 44 à 50 mm (observer sur le 3ème cliché la différence de taille entre mâle & femelle). Univoltine et automnale, elle peut se laisser admirer, notamment au piège lumineux, de septembre à novembre, selon les régions. Griposia aprilina est largement répandue en Europe où elle fréquente les forêts, bois, parcs et jardins et peut même être urbaine à l’occasion, pour peu qu’elle trouve des chênes dont sa chenille se nourrit principalement.

En Picardie, cette belle espèce est déterminante de ZNIEFF.

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Merveille en avril

Moma alpium (Osbek, 1778)

Cette autre Noctuelle, dans les Acronictinae, est un peu plus rare que la précédente ; les Anglais l’ont d’ailleurs baptisée « Scarce Merveille du jour ». Elle est très ressemblante à l’espèce précédente, mais de taille inférieure (envergure : ♂ 37 et  ♀ 40 mm). Moma alpium est également univoltine : son nom vernaculaire, l’Avrilière, nous indique qu’on peut l’observer dès le printemps, d’avril à juillet, ce qui permet d’éviter facilement les confusions avec Griposia aprilina. Répandue en Europe, on ne la rencontre pourtant pas dans la partie méditerranéenne. Elle vit dans les chênaies et les forêts mixtes. Sa chenille se nourrit de chêne, parfois de hêtre, bouleau, charme ou sorbier.

 

Photos : Carole Derozier

Sources : Guide des papillons nocturnes de France (Robineau, 2011), Guide to the moths of the British Isles (Skinner, 2009), site Lépi’Net

Élever des chenilles : un jeu d’enfant ?

 

 

 

 

 

 

Pourquoi faire de l’élevage ?

Il est parfois tentant de tenter de percer le mystère dans lequel se drapent les chenilles. Trouver leur identité sur photo peut parfois prendre des heures voire même échouer. Il peut-être intéressant de  les élever : l’élevage des chenilles permet de mieux appréhender le cycle de vie du papillon, de prendre conscience du temps nécessaire à son développement, et le moment de l’émergence et du lâcher reste magique, pour les observateurs en culotte courte comme pour les grands. Alors si vous êtes tentés par l’aventure de l’élevage, voici quelques conseils.

 

Précautions

Tout d’abord, il vaudra mieux éviter de toucher directement les chenilles, notamment certaines chenilles dont les poils peuvent être très irritants. Ensuite, il faudra dans la mesure du possible éviter de prélever des chenilles d’espèces protégées ou rares, à condition bien entendu d’avoir déjà une idée de l’identité de la larve. Il s’agira également tenir compte du milieu de vie de l’espèce : si l’on se retrouve avec un imago de Petit Paon de Nuit ou un Sphinx Demi-paon, il vaut mieux prévoir de lui faire faire son vol inaugural à l’endroit où la chenille avait été collectée, ou du moins dans un site qui lui soit favorable, c’est-à-dire où l’espèce ait déjà été observée.

 

La nourriture au quotidien

Que l’on commence à élever à partir d’œufs trouvés sur une plante, de chenilles ou d’une simple chrysalide ramassée, il faut avoir conscience que prélever dans la nature un animal qui se serait débrouillé tout seul, engage une certaine part de responsabilité et qu’il faut donc être capable de mener à terme cet élevage.

Il est très aléatoire de prélever une chenille lorsqu’on n’est pas certain de sa plante-hôte, car si certaines sont polyphages, d’autres ne consomment qu’une unique plante et à défaut de trouver laquelle, on risque de regarder sa chenille mourir de faim. De même, lorsqu’on nourrit des chenilles, c’est quotidiennement qu’il faut renouveler la provision de feuilles, tout en vérifiant bien qu’on n’introduit aucune autre bête en même temps que les feuilles qu’on glisse dans la boîte. Tous les jours également il conviendra de vider la boîte d’élevage des crottes qu’elle contient (dans la nature les crottes tombent au sol et les chenilles ne les côtoient pas). Il est inutile de mettre de l’eau, et même dangereux, les chenilles peuvent se noyer ; elles trouvent suffisamment d’eau dans les plantes consommées. Il faut également s’assurer que l’on a à portée de main, au jardin ou non loin, la plante nécessaire au nourrissage de ses pensionnaires, pour ne pas être obligé à une fastidieuse quête quotidienne.

 

Le matériel

Le matériel d’élevage est très peu onéreux et simple : la boîte d’élevage peut être une simple bouteille d’eau minérale coupée aux 2/3 et fermée par un morceau de tulle fixé avec des élastiques. On peut utiliser la même boîte pour des chenilles de la même espèce, mais il vaut mieux utiliser une boîte différente pour chaque espèce.

Enfin, il sera utile de coller des étiquettes sur la boîte d’élevage pour y noter des informations telles que la date et le lieu de prélèvement, la plante-hôte, le nom de l’espèce si l’on en a une petite idée, les dates des mues et de nymphose, et finalement la date d’émergence ; en effet, il n’est pas rare que des mois (parfois un ou deux ans pour certaines espèces) se passent entre la nymphose et l’émergence, aussi ces notes seront précieuses pour s’y retrouver.

 

Mues et nymphose

Il arrive que l’on observe sa chenille immobile plusieurs jours sur une feuille ou sur la paroi de la boîte : inutile de s’inquiéter, elle se prépare à muer. Elle reprendra ensuite sa consommation de feuilles, avec un appétit accru. À l’inverse, elle peut commencer à courir le marathon au fond de sa boîte, pendant plusieurs jours, sans plus se nourrir. C’est qu’elle cherche fébrilement un endroit favorable où s’abriter avant de se s’immobiliser longuement en chrysalide. En ce cas, il suffira de lui disposer un peu de terre dans le fond de la boîte pour lui donner l’opportunité de s’enterrer, un peu de papier essuie-tout par-dessus dans lequel elle pourra se cacher comme elle le ferait entre des feuilles, et enfin une branchette pour lui permettre d’accrocher sa chrysalide : ainsi elle aura le choix car toutes les chenilles n’ont pas les mêmes besoins dans ce moment délicat de la métamorphose.

 

L’attente

Une fois la chenille nymphosée, l’éleveur n’aura plus qu’à stocker sa ou ses boîtes dans un local sain, sec, non chauffé, correctement éclairé. Il visitera les boîtes quotidiennement (à la mauvaise saison une visite tous les deux jours peut suffire) car la date d’émergence peut le surprendre s’il n’a pas idée de l’identité de ses pensionnaires : un rapide coup d’œil sur le dessus des boîtes permet de se rendre compte si un papillon a éclos :

En effet la plupart du temps celui-ci s’accrochera en haut de la boîte, sur le tulle :

 

Les échecs

L’éleveur est parfois déçu dans ses attentes… Mais dans la nature non plus tout ne se passe pas toujours parfaitement. Il peut arriver notamment que les chenilles soient parasitées, ou que l’imago ait les ailes malformées, selon les espèces c’est même assez fréquent. Une date d’émergence trop décalée par rapport à la saison peut également représenter un échec pour la survie du papillon. Les causes d’échec peuvent être multiples, et leur analyse pourra permettre d’améliorer sensiblement le taux de réussite.

 

Le plus beau moment

Tout s’est bien passé, et le papillon vient d’émerger : inutile de se précipiter pour le lâcher : plusieurs heures lui sont nécessaires pour sécher ses ailes, il aura également à s’alléger en vidant son tube digestif d’un méconium diversement coloré (rouge, orange, beige…). Il peut aussi arriver que l’on se retrouve après l’émergence avec un petit boudin poilu et sans ailes : pas de panique, il s’agit d’une femelle aptère ou brachyptère. En ce cas, après quelques recherches, il suffira de la déposer délicatement sur l’arbre correspondant à son espèce.

L’élevage permet de produire des individus neufs que l’on pourra prendre plaisir à photographier avant de les laisser s’envoler vers leur nouvelle vie. Des photos des différentes étapes de l’élevage seront également intéressantes pour documenter ce qui reste une expérience scientifique. Après l’éclosion, certains éleveurs profitent même parfois d’avoir des femelles vierges (volantes ou aptères) pour attirer des mâles et assister à un accouplement puis une ponte, suivant en cela les traces de Jean-Henri Fabre au XIXème siècle, qui observait ainsi le Grand Paon de Nuit.

Après l’envol, il ne restera plus dans la boîte que la vieille peau de la chenille et sa chrysalide, parfois emballée dans un cocon…

    

…et de jolis souvenirs !

      

Les Ennomos

 

 

 

 

Comme un air d’automne

La saison s’avançant, en septembre volettent déjà les Ennomos, dont la forme et les couleurs rappellent les feuilles sèches qui commencent à tomber. Habituellement très discrets, ces hétérocères sont facilement attirés par les pièges lumineux. Ils sont souvent d’une identification délicate.

Écartons Odontopera bidentata, l’Ennomos dentelé, observable au printemps, ainsi que le bel Apeira Syringaria, si caratéristique, dont la seconde génération vole jusqu’en septembre. Visibles de juillet à octobre, ils sont cinq que l’on peut assez facilement confondre : Ennomos alniaria, autumnaria, fuscantaria, erosaria et quercinaria. Dans cet article, les noms vernaculaires des Ennomos sont volontairement mis de côté car ils prêtent davantage à confusion (ainsi Ennomos alniaria = l’Ennomos du Tilleul tandis qu’Ennomos autumnaria était encore récemment appelé l’Ennomos de l’Aulne !)

 Plus répandu chez nous que les 4 autres, Ennomos alniaria se reconnaît à sa tête et son thorax jaune vif et à ses macules sombres sur les ailes antérieures. Il fréquente les zones boisées et les zones humides. Sa chenille se nourrit de divers feuillus (bouleau, aulne, tilleul, chêne, noisetier, peuplier, orme…). Espèce univoltine, on peut l’admirer de juillet à septembre :

 

Ennomos autumnaria, dont la chenille consomme divers feuillus (chêne, orme, aulne, tilleul, aubépine, prunellier…) est bien plus présent dans le Nord de la France que dans la moitié Sud (http://www.lepinet.fr/especes/nation/carte.php?e=l&id=36560). Espèce univoltine, ce papillon est présent d’août à septembre. Comparé à E. alniaria à qui il ressemble beaucoup, il présente des petites mouchetures plus prononcées sur les ailes antérieures et postérieures, son corps ne présente pas la coloration jaune vif d’E. anlniaria et la ligne post-médiane, lorsqu’elle est présente, change de courbure avant d’atteindre la côte alors qu’elle est arrondie régulièrement sur E. alniaria :

 

Ennomos fuscantaria, est univoltine, d’août à octobre, il apprécie les parcs, jardins et zones forestières. Sa chenille consomme du bouleau, du troêne et du frêne. Proche d’Ennomos erosaria, ce papillon a une aire sub-terminale plus foncée et une encoche plus prononcée sur le bord externe des ailes antérieures :

 

Ennomos erosaria, espèce qui se fait rare, se rencontre de juin à juillet puis de septembre à octobre dans les forêts de feuillus dont sa chenille grignote diverses essences (charme, chêne, bouleau,, tilleul, peuplier, etc.) Pour le différencier d’Ennomos quercinaria, on prêtera attention  aux lignes transverses de la partie discale, qui sont très nettes, sombres et diffuses le long de la costa. Le tracé de la ligne antémédiane se courbe nettement à la costa chez E. erosaria : 

 

Ennomos quercinaria a des lignes transversales qui diffusent davantage, rendant la zone médiane ainsi délimitée plus claire que chez E. erosaria. Cette espèce, qui se raréfie, est également bivoltine comme E. erosaria ; on peut la rencontrer dans les forêts et lisières, les clairières. Sa chenille consomme aulne, orme, tilleul, chêne, prunellier ou aubépine :

Observer les hétérocères en octobre : les Xanthia

Les observations de papillons s’espacent, l’automne est déjà là

Cependant, en combinant les prospections à vue en journée, à la frontale ou lampe UV la nuit, les miellées, sans négliger les inspections des lierres pour certains toujours fleuris, il y a encore moyen de voir de jolies espèces, et parfois un migrateur inattendu mais toujours espéré.

Les Xanthia

Les Xanthia illustrent bien  les Noctuelles aux chaudes couleurs automnales, en témoignent vigoureusement leurs noms vernaculaires : Xanthie dorée, ochracée, cendrée, cannelle ou citronnée, Cosmie roussâtre… Les 6 espèces illustrées ci-dessous, pour la plupart assez communes, aux chenilles polyphages, sont toutes visibles en octobre :

  

Tiliacea (Xanthia) citrago

   Tiliacea (Xanthia) aurago

          

           Xanthia gilvago

 

 Xanthia icteritia

 

            Xanthia ocellaris

 

Xanthia togata

 

observation septentrionale inhabituelle

Thysanoplusia orichalcea : visible en Indonésie, au Sud de l’Asie, en Afrique, Australie, Sri Lanka ou Nouvelle Zélande, ce papillon de nuit de la famille des Noctuidae, sous-famille des Plusiinae, est un migrateur très occasionnel dans le nord de l’Europe.

C’est donc une espèce très peu observée jusqu’ici en France, principalement sur le pourtour méditerranéen et la côte atlantique, d’août à novembre. Il est erratique à l’intérieur des terres.

Il y avait vraisemblablement fort peu de chances de l’observer en région Hauts-de-France où il n’avait jamais été noté, jusqu’à août 2016 où il a été vu dans l’Oise, attiré par la lampe à vapeur de mercure :

 

Vous retrouverez cette observation détaillée dans le prochain Bulletin de l’ADEP, « l’Entomologiste Picard », avec une autre observation peu commune d’une seconde Plusiinae : Chrysodeixis chalcites.

Question d’antennes

 

 

 

Papillons de jour ou papillons de nuit ?

 

Chez les Lépidoptères, on parle de papillons de jour ou de papillons de nuit. Pour les distinguer, on peut gager que les papillons de jour (Rhopalocères) volent le jour et les papillons de nuit (Hétérocères) volent la nuit… enfin presque !

Car si les papillons de jour volent bien le jour, il arrive également à de nombreuses espèces de papillons de nuit de voler en journée ou en soirée. Parmi les hétérocères actifs le jour, on peut citer : Autographa gamma, Chiasmia clathrata ou encore Macroglossum stellatarum :     

           

Alors pour les distinguer, les couleurs vives des Rhopalocères et les couleurs ternes des Hétérocères nous guideront-elles ? Pas davantage ! De nombreux hétérocères sont richement colorés, telles les écailles :

     

Pour faire la différence, c’est relativement simple, il faut regarder les antennes. Les papillons de jour (Rhopalocères) ont une petite boule au bout des antennes (rhopalo = massue) :

Tandis que les papillons de nuit (Hétérocères) ont des antennes aux formes variées (= hétéro) telles que plume, fil ou peigne :