Archives de catégorie : Insectes

Diversité des abeilles sauvages, Parc naturel régional, Oise – Pays de France.

Le Parc naturel régional Oise – Pays de France en partenariat avec l’ADEP ont contribué au Plan National d’Action (PNA) France, terre de pollinisateurs pour la préservation des abeilles et des insectes pollinisateurs sauvages en mettant en œuvre différentes actions : 

– Réalisation d’inventaires des abeilles sauvages dans des espaces verts communaux, des sites sportifs et dans des sites naturels,

– Organisation de formations, conférences, visites pour différents publics (élus et agents communaux, correspondants Parc, habitants…), 

– Élaboration de fiches techniques, – Production d’outils de communication (plaquette, brochure…).

Diagnostic entomologique et aranéologique du Bois de Tillet, Forêt de Retz, Picardie

Les atteintes aux landes sèches du Bois de Tillet portées au cours du siècle dernier les laissent dans un état de conservation défavorable. Leur remise en état nécessite un programme de restauration important, guidé par une notice de gestion adaptée. Une partie de ces travaux sera réalisés dans le cadre des mesures de compensation environnementale liée la mise en deux fois deux voies de la RN2.

Nous portons à votre connaissance le diagnostic entomologique complet réalisé par l’ADEP sur une partie de l’année 2019.

Atypus affinis Photo LC

Comportement chez le frelon asiatique (Vespa velutina Lepeletier, 1836)

Observation des 18 et 19 juillet 2018

Je savais Vespa velutina (Le frelon asiatique) présent dans le département de l‘Oise depuis plus d’un an mais je ne l’avais pas encore vue chez moi avant cette année. Alors que je préparais un morceau de jardin, j’ai observé un  comportement intéressant concernant sa prédation sur les abeilles. En effet, à côté de la terre que je travaillais, il y avait un grand plan de cucurbitacées, courges et potirons surtout, avec leurs grandes fleurs jaunes (photo ci-dessous) :

Photo : Régis Boulanger.

Les frelons asiatiques volettent assez rapidement au-dessus de ces plantes et plongent dans leurs  grandes fleurs jaunes si un apidae y butine, et s’il s’agit d’un bourdon, le frelon ressort aussitôt et continue sa quête mais si c’est une abeille, acculée et coincée dans le fond étroit de la fleur, elle ressort dans les mâchoires du prédateur qui s’envole. Certes  un peu lourdement mais sans aucun problème. J’ai constaté cela sur deux jours soit en tout trois fois, uniquement le matin avant 11 heures. Hasard !

Est-ce  une spécialisation locale ou un comportement acquis  pour ce vespidae ?

Nota : si la fleur est vide, le frelon passe son chemin sans même marquer un ralentissement, il peut visiter l’ensemble des 15 m² de plans en quelques minutes.

Frelon asiatique (Vespa vetulina), Photo : Dominique MESSIN.

Je n’y ai pas vue de prédation, mais j’ai constaté en un autre endroit du jardin : au-dessus des concombres et cornichons très visités par les abeilles mais dont les fleurs bien plus petites ne permettent pas le même comportement.

Pourquoi le matin ?  Peut-être à cause de la température, car les abeilles eux, travaillent toute la journée !

D’autres part, ces frelons sont présent autour les fleurs des lierres ou butinent beaucoup d’abeilles et les attrapent toute la journée !

Les guêpes 2020

On entend beaucoup parler des guêpes en cette année si particulière. On entend beaucoup de choses sur elles, parfois vraies, souvent fausses…

Un article de presse très intéressant paru dans « 20 minutes » intitulé : Prolifération de guêpes : « Le confinement n’a rien à voir, et l’hiver doux pas beaucoup plus ». tire au claire les particularités par la voix de Quentin Rome, entomologiste au Museum National d’Histoire Naturelle :

http://www.20minutes.fr/article/2845439/api-rss

Vespula germanica (Fabricius, 1793) Photo : LC

Le Flambé s’invite en soissonnais

Iphiclides_podalirius Photo : Nicolas Vansteene

Le Dimanche 19 avril 2020 au matin, je sors dans mon jardin pour en faire le tour comme il m’arrive fréquemment de le faire, surtout avec le soleil généreux du moment. De suite je vois un grand papillon se diriger vers un coin ou j’ai laissé pousser des phacélies. Pensant d’abord à un Machaon, en m’approchant de l’individu qui vient de se poser sur les fleurs, je m’aperçois qu’il s’agit d’un Flambé (Iphiclides podalirius). Je cours chercher mon appareil et j’ai le temps de l’immortaliser avant qu’il finisse par redécoller et continuer sa route.

Le Flambé, jusqu’ici cité plutôt dans le sud de l’Aisne et de l’Oise, vient de faire un bond vers le nord jusqu’en soissonnais où peut-être il deviendra plus fréquent à la faveur du climat plus clément de ses derniers temps.

Nicolas Vansteene

Les larves à « queue de rat »

Larve d’Eristalis, Photo LC

Connaissez vous les « larves à queue de rat » ? Les Diptères, Syrphidae avant d’être adultes, pondent dans l’eau, y compris dans des milieux « sales », eutrophisés (photo ci-dessous).

Milieu de la découverte : une fosse à lisier où stagne une eau des plus sales qui soit !

Mais aussi : les mares temporaires, les eaux croupies, les abreuvoirs à bovins, les récupérateurs d’eau, etc.

Cet appendice est très long et fonctionne comme un « tuba » pour respirer sous l’eau.

Une fois leur cycle terminé, les larves s’en vont nymphoser non loin pour devenir de belles mouches nectarifères, et devenir comme ça :

Syrphe du genre Eristalis Photo LC

Il existe d’autres Syrphes présentant cette caractéristique : les Helophilus : mais la larve reste plus petite ainsi que les Diptères Stratyiomidae.

Je reconnais que ce reportage n’a rien de « ragoutant » mais reconnaissez de votre côté qu’il s’agit là d’une singulière particularité ! D’autre part ces larves possèdent un atout de taille : elles participent à la dégradation de la matière organique et les adultes à polliniser. Deux bonnes raisons de ne pas les tuer.

Tout a une utilité dans la nature ! Il suffit de trouver laquelle !

Remerciements à Damien TOP pour ses précisions sur les Syrphes.

Fiche espece : Xenostrongylus deyrollei Jacquelin du Val,1860

Ce petit Nitidulidae (3,5 mm),très velu, ne figure pas dans le Catalogue des Coléoptères de France ( M. Tronquet et al., 2014). Par erreur les données de la région parisienne indiquées pour Xenostrongylus arcuatus Kiesenwetter, insecte uniquement connu du sud de la France, sont à attribuer à Xenostrongylus deyrollei. D’origine méditerranéenne ( Afrique du Nord, Italie, Espagne) il n’a été observé pour la première fois en France qu’en 2009. Il semble se répandre rapidement et a été rencontré pour la première fois dans l’Oise, et sans doute en Picardie, le 5-04-2020 à Chantilly.

Photo J.-C. Bocquillon
Auteur : P. Zagatti Sous licence CC-BY-NC

Référence :

Chapelin-Viscardi J.D. et al.-  Les espèces du genre Xenostrongylus Wollaston 1854 de France  métropolitaine ( Coleoptera Nitidulidae).

L’ENTOMOLOGISTE -Tome 74, n° 4, juillet-août 2018.

Le tigre Est isarien

La recherche des punaises dans le département de l’Oise prend bien des chemins. Battage par parapluie japonais, fauchage au filet fauchoir, piégeage divers, observation à vue… Nombreuses sont les techniques et chacune est efficace sur différentes familles de punaises.

Corythucha ciliata (Say, 1832) photo : Petra Broda Sous licence CC – 2.0 

La connaissance des habitudes hivernales de certaines pour les rechercher spécifiquement peut s’avérer très utile voir même rendre leur découverte très facile. C’est partant de ce constat que la proposition de rechercher une espèce bien particulière avait été faite il y a maintenant presque trois ans par le biais d’une note dans le bulletin de l’association. « Le tigre du platane » Corythucha ciliata (Say, 1832) présente en effet une particularité comportementale le rendant aisé à détecter en période froide. IL se rassemble fréquemment et en grand nombre sous les écorces des platanes (Platanus sp). Ces écorces étant naturellement déhiscentes, elles constituent des cachettes faciles d’accès pour les punaises et faciles à l’examen pour l’entomologiste qui cherche à cibler spécialement cette toute petite espèce de la famille des Tingidae.

Le département de l’Oise est actuellement le seul des trois départements de Picardie a avoir fait l’objet d’un début de recherche systématique. Les résultats sont assez éloquents et évoquent dès à présent une présence pérenne et systématique sur tous les supports arborés adaptés en milieu urbain. Même le platane unique perdu au milieu d’un parc urbain peut héberger ne serait-ce qu’un individu ce qui est suffisant pour attester de la présence de l’animal.

Chaque déplacement en ville peut donc faire l’objet d’une rentabilisation: vous voyez un platane, vous examinez quelques belles écorces sur le point de se détacher. Si l’écorce se détache partie basse en première alors rares sont les tentatives infructueuses.

Désormais une quarantaine de mentions circonstanciées ont été produites dans le département. Une recherche plus poussée permettra sans aucun doute de multiplier fortement ce résultat. A vos platanes !

Adelski A 2018 tous droits réservés.

Plus de 1600 espèces d’arthropodes sur 500 m²

Amateur de photo et de nature, l’apparition de petits APN de qualité m’a permis de m’intéresser à la flore et à la faune du jardin et de la maison. Bien sûr, légender ces photos m’est apparu indispensable. De là, des demandes d’identification sur le forum « Le Monde des insectes » puis mon inscription à l’ADEP.

Très vite, l’envie d’inventorier la flore et la faune présente m’est venue et j’ai vite été étonné par la diversité de celles-ci ! Toute la famille a été mise à contribution, avec énormément d’efficacité, surtout pour les araignées…

Le lieu : une maison dans un village de l’Oise (60), complètement ceinte de murs, avec un petit jardin devant et derrière, un ru à proximité et des forêts de chaque côté.

Le bilan des observations porte sur une dizaine d’années. Parmi ces observations, il y a certainement un certain nombre d’espèces «importées » (bois de chauffage, récoltes de champignons, voitures, etc).

Le résultat brut est étonnant, à ce jour, plus de 1600 taxons différents.

Les déterminations dans les cas compliqués, ont été faites par des spécialistes, notamment membres de l’ADEP, ou participants des forums « Le Monde des insectes » et « Diptera.info » ; un grand merci à eux, sans qui ce document ne pourrait exister.

Voici un bref aperçu des observations :

Heteropterus morpheus (Pallas,1771) Photo M. Bertrand
Dactylosternum abdominale (Fabricius, 1792) Photo : P. Zagatti sous licence CC-NC-SA
Psallus perrisi (Mulsant & Rey, 1852) Photo : M. Bertrand
Taeniopteryx schoenemundi (Mertens, 1923) Photo : M. Bertrand

Des résultats plus approfondis seront publiés dans un futur bulletin de l’ADEP.

Bois de Tillet : Identification automnale des papillons nocturnes

Une dernière « chasse » lumineuse pour cette fin d’année a été organisée par l’ADEP afin de parfaire notre connaissance sur les hétérocères présents sur le site du Bois de Tillet (F.D. de Rêtz, Oise 60).

C’est Carole qui, fonction de la météo du jour, a rapidement organisé cette dernière séance d’inventaire et que nous remercions ici. Thibaud Daumal a répondu présent et est venu parfaire le dispositif d’une troisième lampe.

Thibaud en pleine installation. Photo LC.

A cette saison le soleil décline rapidement mais les températures restent encore douces (17°C lors de notre arrivée à 20 h 45 et 13°C à 0 h 00). Peu de lune mais une brise malvenue…

Allumage. Photo LC.
Carole en pleine détermination. Photo LC

Cette mobilisation a permis de recenser une petite quarantaine d’espèces dont 7 sont d’intérêt ou liées au milieu landicole.

Catocala faxini, (La Lichénée bleue) une espèce déterminante ZNIEFF. Photo LC
Le Sphinx du liseron (Agrius convolvuli), commun mais toujours impressionnant au drap ! Photo LC

Quelques chenilles dont :

Chenille de la Noctuelle de la Myrtille (Anarta myrtilli). Sur la liste rouge de Picardie, espèce déterminante ZNIEFF. Cliché : James Lindsey sous licence CC BY-SA 3.0

Ceratomegilla undecimnottata une coccinelle rare en Picardie

Photographie réalisée par ADELSKI A. (tous droits réservés)

Nous étions le 07 août et Il s’agissait d’une sortie conjointe ADEP / Picardie-Nature ciblée essentiellement sur les mammifères. Tout tient dans le « essentiellement » car il s’agissait aussi de faire preuve d’opportunisme et d’observer tous les autres groupes. Cela dans une zone géographique où aucun naturaliste ou entomologiste ne réside et donc encore très méconnue sur le plan faunistique.

C’est au troisième arrêt dans la commune de Dieudonné (60) qu’en bordure de chemin sur un cirse jouxtant un champ en pente sud qui venait d’être moissonné qu’un unique individu de cette coccinelle qui porte le nom vernaculaire de « coccinelle migrante » a été trouvé. La présence d’un nombre important de points (supérieur à 7) sur les élytres a mis immédiatement en évidence qu’il ne s’agissait pas de la « bête à bon dieu aussi appelée « coccinelle à sept points ». Sa taille, l’aspect du pronotum et l’absence d’un liseré blanc autour de la tache noire scutellaire venaient confirmer son identité.

Cette espèce est décrite dans la littérature comme capable de parcourir d’importants déplacements aériens lorsque les conditions météorologiques sont favorables. La question est donc de savoir si l’individu trouvé a fait la même chose où s’il est né en Picardie. Aucun élément ne permet d’avoir une certitude à ce sujet actuellement. Le criblage de notre base de donnée coccinelles nous indique seulement deux choses: un autre individu fût observé récemment dans la commune de Nogent sur Oise (60) durant la période estivale 2018. Une autre donnée existe sur le territoire de la commune de Mello (60), la date précise de l’observation ne nous est pas connue mais elle est ancienne. Ce sont les trois seules mentions dans le département à ce jour. Deux autres mentions existeraient en Picardie d’après la base de donnée ClicNat consultée le 08 août 2019, on y trouve en effet l’espèce sous le binôme linéen Hippodamia undecimnottata.

La faiblesse du nombre de donnée révèle une espèce rare dans notre zone d’étude mais aussi une espèce souffrant d’un défaut d’observation. Les naturalistes, les entomologistes et notamment les coléoptéristes devront se sensibiliser à sa présence et à son identification pour accentuer la pression d’observation sur cette espèce pour en préciser le statut régional et vérifier son caractère exclusivement « migrateur » ou « visiteur » ou encore reproducteur.

Remerciements: à Lison G., Pauline D., Simon B. et Mathieu T.

Fiche espece : Oxycarenus lavaterae (Fabricius, 1787)

Oxycarenus lavaterae, ou punaise du tilleul, est originaire du bassin méditerranéen. Depuis les années 1980 l’espèce a entamé une spectaculaire progression vers le nord, sans doute liée au réchauffement climatique qui permet sa survie hivernale. Le trait le plus typique de son comportement est le regroupement de centaines ou de milliers d’individus entassés et serrés les uns sur les autres sur des troncs de tilleuls dès l’automne pour hiverner.

Jean-Claude Bocquillon.

Photo : François Petit
Photo : François Petit
Photo : François Petit