Bulletin de l’ADEP EN LIGNE : ANNEE 2002-2003

Lisez l’intégralité du bulletin 2002-2003

Au sommaire :

Inventaire des insectes de la Baie de Somme (Lépidopères, Odonates, Coléoptères)  par M Duquef et P Antheaume

Les Lépidoptères remarquables de la forêt domaniale de Saint Michel (Thiérache, Aisne 02) par M Duquef

Contribution à la connaissance de la sous-famille des Pyraustinae de Picardie par M Fournal et D Pruvot

Contribution à l’inventaire des Coléoptères carabiques de Picardie par A Pucci

Inventaires des Lépidoptères du massif forestier d’Ermenonville : note de synthèse par J Lebrun

Observations concernant Aletia straminea dans l’Oise (Lepidoptera Noctuidae) par J Lebrun

Le Parabemus fossor (Scorp.) est toujours présent en Forêt de Compiègne (Oise, 60) par A Sandrowicz

Une aberration spectaculaire de Polyommatus coridon (Poda, 1761) , forma indiv nova albapostradiata (Lycaneidae) par J Charles

http://Bulletin de l’ADEP en ligne : année 2002-2003

Ceratomegilla undecimnottata une coccinelle rare en Picardie

Photographie réalisée par ADELSKI A. (tous droits réservés)

Nous étions le 07 août et Il s’agissait d’une sortie conjointe ADEP / Picardie-Nature ciblée essentiellement sur les mammifères. Tout tient dans le « essentiellement » car il s’agissait aussi de faire preuve d’opportunisme et d’observer tous les autres groupes. Cela dans une zone géographique où aucun naturaliste ou entomologiste ne réside et donc encore très méconnue sur le plan faunistique.

C’est au troisième arrêt dans la commune de Dieudonné (60) qu’en bordure de chemin sur un cirse jouxtant un champ en pente sud qui venait d’être moissonné qu’un unique individu de cette coccinelle qui porte le nom vernaculaire de « coccinelle migrante » a été trouvé. La présence d’un nombre important de points (supérieur à 7) sur les élytres a mis immédiatement en évidence qu’il ne s’agissait pas de la « bête à bon dieu aussi appelée « coccinelle à sept points ». Sa taille, l’aspect du pronotum et l’absence d’un liseré blanc autour de la tache noire scutellaire venaient confirmer son identité.

Cette espèce est décrite dans la littérature comme capable de parcourir d’importants déplacements aériens lorsque les conditions météorologiques sont favorables. La question est donc de savoir si l’individu trouvé a fait la même chose où s’il est né en Picardie. Aucun élément ne permet d’avoir une certitude à ce sujet actuellement. Le criblage de notre base de donnée coccinelles nous indique seulement deux choses: un autre individu fût observé récemment dans la commune de Nogent sur Oise (60) durant la période estivale 2018. Une autre donnée existe sur le territoire de la commune de Mello (60), la date précise de l’observation ne nous est pas connue mais elle est ancienne. Ce sont les trois seules mentions dans le département à ce jour. Deux autres mentions existeraient en Picardie d’après la base de donnée ClicNat consultée le 08 août 2019, on y trouve en effet l’espèce sous le binôme linéen Hippodamia undecimnottata.

La faiblesse du nombre de donnée révèle une espèce rare dans notre zone d’étude mais aussi une espèce souffrant d’un défaut d’observation. Les naturalistes, les entomologistes et notamment les coléoptéristes devront se sensibiliser à sa présence et à son identification pour accentuer la pression d’observation sur cette espèce pour en préciser le statut régional et vérifier son caractère exclusivement « migrateur » ou « visiteur » ou encore reproducteur.

Remerciements: à Lison G., Pauline D., Simon B. et Mathieu T.

Nos milieux : visite du côteau de La GARENNE (LAtaule, 60)

Sur l’invitation de notre collègue et ami, Thibaud Daumal, une visite du coteau de Lataule a été organisée cet été. Situé dans l’Oise, à quelques kilomètres de la commune de Gournay sur Aronde, ce magnifique « larris » calcaire (non conventionné) de plusieurs hectares, abrite nombre d’espèces d’intérêt patrimonial.

C’est sous le regard malicieux d’un renard et sous les regards amusés des participants, que nous avons Josiane Chatelain (ABMARS/ADEP), Dominique Potier (ABMARS), Eric Cagniache (Sté Linéenne) et moi-même, suivi Thibaut et emprunté le sentier d’accès menant sur le point culminant dévoilant une vue sympathique des lieux.

Absorbés par les plantes à fleurs et les insectes, l’inventaire commence.
Montée vers le point culminant du site.

Après quelques temps, plusieurs espèces retiendront notre attention :

Stenobothrus lineatus (Panzer 1796) « Le Criquet de la Palène ».
Stenobothrus stigmaticus (Rambur, 1838), le « Sténobothre nain » l’un des plus petit criquet de notre faune.

Nous avons vu un minimum de 20 individus adultes (potentiellement jusqu’à 50 individus sur toute la zone ?). Ce qui est de loin le record observé sur le site.

Decticus verrucivorus (L. 1758) la « Dectique verrucivore »

Nous n’avons vu et entendu que 2 mâles. C’est très faible par rapport à d’habitude sur ce site et probablement lié à la canicule de la semaine dernière.  Les 2 seuls chanteurs étaient côté nord de la butte, ce qui est assez original et probablement significatif.

Ces trois espèces sont sur la liste rouge européenne de l’UICN (2016), la liste rouge régionale de la faune menacée de Picardie (2016). Ce sont donc des espèces déterminantes de l’inventaire ZNIEFF.

Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775), l’Hespérie du chiendent.
Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775), l’Hespérie du chiendent. Déjà connu sur le site mais toujours un papillon sympathique à croiser…

Ce papillon est inscrit sur la liste rouge européenne de l’UICN (2010), la liste rouge des Rhopalocères de France métropolitaine (2012). Espèce déterminante de l’inventaire ZNIEFF mais notée comme commune dans le livre des Rhopalocères Tome 1 (Adep, Duquef et al. 2004). A surveiller donc…

Un espace patrimonial comme celui-ci, situé au cœur du plateau Picard n’est pas légion et recèle du potentiel… Il mériterait certainement une surveillance et des visites régulières afin de parfaire notre connaissance. Nul doute que certaines espèces pourraient encore créer des surprises.

Texte LC et Thibaud Daumal. Photos : L.C

Journée entomologique du 20/07/2019 au bois de tillet

Samedi 20/07 a eu lieu la journée entomologique au Bois de Tillet (Forêt de Rêtz, Coyolles 02) avec la découverte des milieux de landes sèches sableuses et prospection entomologique (sans oublier nos amis à plumes, à poils et à écailles, l’occasion aussi d’être exhaustif ).

Soulignons le soutien et la participation active des membres du réseau papillons emmené par Thibaut Gérard et du Conservatoire. Qu’ils en soient tous remerciés chaleureusement.

Pause déjeuner des participants

Au crépuscule, 4 postes lumineux ont été fixés sur la zone 1 (1 poste) et la zone 6 (3 postes), attirant quelques beaux spécimens et quelques surprises…

Installation du dispositif
En lisière de la zone 1
Ennomos erosaria (Denis & Schiffermüller, 1775)
Polyphaenis sericata (Esper 1787): 12 au drap !
Rheumaptera undulata (L.1758) , un superbe géomètre.
Prionus coriarius (Linnaeus, 1758)  femelle de 40 mm, un Cerambycidae très massif mais aussi très rapide malgré sa corpulence…
Damien prépare la D500X, permettant de détecter, analyser et confondre les chauves-souris présentes sur le site.

Sans dévoiler ici l’ensemble des découvertes, nous pouvons déjà dire que se profile un très bel inventaire qui a su, une fois encore, mobiliser les compétences de toutes et tous. Encore merci !

Inventaire entomologique cantonal

Inventorier les espèces de son jardin, bon nombre d’entomologistes et de naturalistes le font régulièrement voire quotidiennement. Inventorier les espèces d’une commune c’est aussi assez fréquent. Par contre, inventorier les espèces à l’échelle d’un canton entier c’est déjà plus rare, le temps à investir étant beaucoup plus important. C’est pourtant ce qui est actuellement entrepris dans le canton de Noailles (Oise) où les 21 communes sont scrutées pour avoir une liste la plus exhaustive possible des espèces qui vivent sur ce territoire. L’inventaire n’est d’ailleurs pas limité strictement aux Insecta ni même aux Arthropoda. Tout le règne animal est examiné dans la limite des compétences des personnes participant quotidiennement ou ponctuellement à l’inventaire. Oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, mollusques… tout y passe même s’il faut bien le souligner, l’objectif premier reste les insectes. Pour cette année 2019, plusieurs objectifs ont été mis en avant. En premier lieu: compulser les archives et carnets de terrain des années passées pour y retrouver les observations entomologiques en attente d’être valorisées. Il y en a beaucoup. Au moment d’écrire ces lignes, les recherches sont déjà remontées à l’été 2010 et ce sont plus de 22000 données de près de 1300 espèces qui ont été ainsi prises en considération. En second lieu: tenter d’homogénéiser au moins un peu les prospections sur l’ensemble du territoire cantonal car il faut bien le dire (l’écrire), jusqu’à présent les recherches ont été très ciblées sur 6 ou 7 communes qui à elles seules regroupent 90% des données. L’objectif de l’année 2019 est donc que toutes les communes du canton soient renseignées chacune pour un minimum de 200 espèces (sans limite supérieure évidemment). Ce deuxième objectif reste encore difficile à atteindre pour 14 communes mais il est maintenant dépassé pour les communes de Noailles, Warluis, Villers-Saint-Sépulcre, Laboissière-en-Thelle, Hermes, Berthecourt et Silly-Tillard. Plusieurs autres communes sont en bonne voie avec des recensement compris entre 174 et 193 espèces: Mortefontaine-en-Thelle, Cauvigny, Ponchon, Sainte-Geneviève, Lachapelle-Saint-Pierre, Ponchon ou encore Montreuil-sur-Thérain. En troisième lieu: réussir à trouver encore suffisamment de nouvelles espèces dans la commune la mieux renseignée à l’heure actuelle pour que la diversité animale connue dépasse les 1000 espèces. Actuellement renseignée pour 916 espèces, des inventaires complémentaires approfondis sont en cours et espérons le vont conduire rapidement à passer ce plafond symbolique.

Nombreux sont d’ailleurs les observateurs qui ont contribué à la réalisation de cet inventaire cantonal. Nul besoin de les nommer ici, ils se reconnaîtront. Par contre, il faut les remercier pour leur contribution qu’elle soit unique ou multiple car sans leur aide et sans leurs encouragements ce projet titanesque ne serait pas aussi avancé.

La participation n’étant pas strictement limitée aux adepiens, les personnes qui souhaiteraient participer ponctuellement à cet inventaire cantonal, peuvent se signaler auprès de l’association.

Fiche espece : Oxycarenus lavaterae (Fabricius, 1787)

Oxycarenus lavaterae, ou punaise du tilleul, est originaire du bassin méditerranéen. Depuis les années 1980 l’espèce a entamé une spectaculaire progression vers le nord, sans doute liée au réchauffement climatique qui permet sa survie hivernale. Le trait le plus typique de son comportement est le regroupement de centaines ou de milliers d’individus entassés et serrés les uns sur les autres sur des troncs de tilleuls dès l’automne pour hiverner.

Jean-Claude Bocquillon.

Photo : François Petit
Photo : François Petit
Photo : François Petit

Fiche espece : Phloiophilus edwardsii Stephens, 1830

Photo avec l’aimable autorisation d’Hervé BOUYON.

Unique espèce de la famille des Phloiophilidae en France, le Phloiophilus edwardsii Stephens 1830, est un mycétophage automnal et hivernal des lichens Phlebia merismoides et Peniophora quercina sur branches de feuillus. Se rencontre ça et là dans toute la France (catalogue Tronquet).

Ce Coléoptère se caractérise par des tarses pentamères, une ponctuation non alignée, un pronotum à marge en dents de scie, et une pubescence grise. Fait partie des Cleroidea Latreille. Capture par battage de branches basses de chêne en forêt de Chantilly, le 20 mars 2019.

Jean-Claude Bocquillon.

Nouvelle parution : Les Lithobiomorpha de la Péninsule ibérique (Chilopoda)

Spécialistes en myriapodologie, les auteurs mènent de nombreuses recherches sur les chilopodes d’Europe occidentale. Ils proposent ici un ouvrage des plus attractifs sur un des principaux ordres de « cent-pattes » continentaux ibériques, les Lithobiomorpha. Cet ouvrage comble un grand vide puisque les précédentes publications sur l’identification de ce groupe dans l’aire concernée dataient de plusieurs décennies….

Nous avons besoin de vous ! Inventaire participatif « abeille sauvage »

L’ADEP lance un appel à tous les passionnés, les entomologistes ou tout simplement les observateurs citoyens de Picardie à rechercher une abeille sauvage en déclin : l’Andrène de la Knautie, Andrena hattorfiana (Fabricius, 1775).

Vous trouverez en cliquant sur ce lien toutes les informations pour identifier facilement l’insecte ainsi que la procédure pour transmettre vos observations :

Photo : Emmanuel Vidal

En attendant le retour du printemps, nous vous remercions par avance pour votre participation !

Retour sur la 6ème Conférence sur la faune sauvage

En partenariat avec Picardie Nature, l’ADEP a aidé à la réalisation de la 6ème Conférence sur la faune sauvage à Urcel le 24 Novembre 2018. De nombreux partenaires étaient présents, le GON (Groupe Ornithologique du Nord-Pas-de-Calais), le CPIE de l’Aisne (Centre Permanent de l’Initiative à l’Environnement), la Fédération de Pêche de l’Aisne (FAPPMA 02), le CEN Picardie (Conservatoire d’Espaces Naturels de Picardie) et de nombreux naturalistes de tout horizon.

La journée a commencé avec un discours de E. Vidal (représentant de Picardie Nature et Patrick Thierry, président de Picardie Nature) et JH Yvinec (président de l’ADEP). Le programme s’est déroulé sans incidence malgré le contexte actuel et plus d’une soixantaine de personnes étaient présentes.

L’ADEP a présenté un de ses projets : inventaire des coléoptères et hétéroptères aquatiques de la Réserve Naturelle Nationale du marais d’Isle (St-Quentin, 02). Cette petite communication a été faite par JH Yvinec et C. Pagot.

Pour plus de détails sur cette communication :


La 6ème Conférence sur la faune sauvage s’est terminée dans la bonne humeur générale autour d’un pot de l’amitié.

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