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Un état des connaissances sur les coccinelles (Coleoptera Coccinellidae) de Montataire

(Département de l’Oise, 60160).

A ce jour, à notre connaissance, seuls trois entomologistes sont passés à Montataire  avec l’intention d’observer les insectes et d’y produire – entre autres – des données sur la famille des Coccinellidae. Aux observations réalisées par ces spécialistes, s’ajoutent les observations ponctuelles des élèves des écoles élémentaires Jean Jaurès, Joliot-Curie et Paul Langevin à partir de l’année 2016. Ces observations s’étalent de l’année 2012 à l’année 2021.

Le cumul des observations réalisées fait état de 73 données se rapportant à 23 espèces de coccinelles. La présente note en fournit les détails. Par commodité, les espèces sont présentées par ordre alphabétique du nom scientifique latin. La répartition en sous-famille est donc ignorée. Lorsqu’il existe un nom vernaculaire (en langue française) celui-ci est précisé.

Adalia bipunctata (Linnaeus, 1758)           La coccinelle à deux points

Coccinelle moyenne de 4 à 5 mm de long présentant le plus souvent une coloration rouge avec un point noir centré sur chaque élytre, cette coccinelle est recensée à quatre reprises dans la commune. Tout d’abord en août 2012 au parc du prieuré, puis trouvée à nouveau en août 2018 non loin du collège. Enfin, l’espèce a été découverte par des élèves à l’école Paul Langevin en mai 2020 et en février 2021.

Adalia decempunctata (Linnaeus, 1758)         La coccinelle à dix points

Petite coccinelle de 4mm environ dont l’ornementation varie énormément tant en coloration qu’en nombre de points, le phénotype le plus courant comprend une dizaine de points noirs sur un fond plus clair. Cette coccinelle a été trouvée deux fois respectivement en juillet 2019 et en mai 2020, rue du 8 mai 1945

Aphidecta obliterata (Linnaeus, 1758)    La coccinelle de l’épicéa ou coccinelle oblitérée

Coccinelle moyenne de 4 à 5mm, dont la coloration brune et plutôt terne s’éloigne beaucoup de l’image populaire de la coccinelle, elle tient ses deux noms français d’une part de la plante sur laquelle, elle est assez fréquemment trouvée et d’autre part d’une caractéristique ornementale : une marque juste derrière la tête ressemblant quelque peu au tampon d’oblitération sur les timbres du courrier postal. Cette coccinelle a été observée deux fois à Montataire : en août 2012 et 2018, respectivement au parc du Prieuré et non loin du collège.

Exochomus quadripustulatus (Linnaeus, 1758)    La coccinelle à virgule

Cette coccinelle, dont la taille varie entre 3,5 et 5mm, est très reconnaissable car elle présente coloration noire et brillante ornée de deux taches rouges en forme de virgule. Elle a été découverte à quatre reprises en avril 2017, juillet 2017, août 2018 et mars 2019, d’abord, en bord de rivière non loin de la mairie, puis rue du 8 mai 1945, puis non loin du collège et une nouvelle fois rue du 8 mai 1945. Ces observations sont dues aux trois spécialistes.

Calvia decemguttata (Linnaeus, 1767)      La coccinelle à 10 points blancs

Facile à reconnaître, dès lors que l’on prend le temps de compter les dix points blancs qui lui sont caractéristiques, cette coccinelle s’éloigne, elle aussi, largement de l’image d’Epinal que l’on se fait habituellement des coccinelles. A Montataire, il existe actuellement un seul signalement datant de juillet 2013 pour cette grosse coccinelle orangée nuancée de rose de 7mm. Elle a été trouvée sur Aulne dans les boisements attenant au parc du Prieuré.

Chilocorus bipustulatus (Linnaeus, 1758)           La coccinelle des landes

Plutôt petite, avec ses 3 à 5mm, cette coccinelle se reconnaît néanmoins assez aisément sur le terrain à l’aide d’une petite loupe. Il suffit de remarquer son aspect très rond, son dos assez bombé, sa coloration noire brillante et la ligne de points rouge alignés et bien centrée au milieu des élytres. Il existe deux mentions de cette espèce à Montataire. L’une à l’école Joliot-Curie où un individu fût détecté sous le store d’une classe en juillet 2017. La seconde mention vient du stade de l’école Paul Langevin, toujours en juillet 2017. Dans les deux cas, des plantes de la famille des Cupressacées étaient présentes non loin de là.

Coccidula rufa (Herbst, 1783)

Cette petite coccinelle de 2 à 3mm de long, orangée, poilue et au corps allongé apprécie les zones humides et les bords de plan d’eau. Elle a été détectée une seule fois à Montataire en avril 2015 par l’examen attentif de joncs au bord d’un étang du parc du Prieuré.

Coccinella septempunctata (Linnaeus, 1758)                 La coccinelle à sept points

Cette coccinelle est la seule qui soit réellement connue du grand public. Elle est plutôt grande : entre 6 et 8mm, arbore une coloration rouge orangée aisément identifiable et ponctuée de sept points dont la position ne varie guère. Elle n’a été observée avec une date précise qu’à cinq reprises : en août 2012, en juillet 2013, en janvier et avril 2018, ainsi qu’en avril 2021. Les premières mentions sont au crédit des entomologistes, les trois dernières mentions sont le fait des élèves de Paul Langevin. Néanmoins d’autres observations non datées ont eu lieu sans recherche particulière.

Halyzia sedecimguttata (Linnaeus, 1758)            La grande coccinelle orange

Cette coccinelle se reconnait aisément grâce à sa taille importante : jusqu’à 7,5mm, sa coloration orange bien typique et ses 16 points blancs dont la disposition et la forme ne varient qu’assez peu. Elle a été signalée à trois reprises de Montataire : au parc du Prieuré en août 2012 par, au même endroit en juillet 2013, puis une dernière fois sur un mur d’école, en avril 2018.

Harmonia axyridis (Pallas, 1773)               La coccinelle asiatique

Cette coccinelle a été introduite en Europe à des fins d’expérimentation sur la lutte contre les pucerons. Invasive, elle est maintenant présente et commune partout. Assez grande et globalement assez aisée à reconnaître malgré son extrême variabilité pigmentaire, la coccinelle asiatique a beaucoup été observée à Montataire. Entre août 2012 et décembre 2021, ce sont 18 mentions circonstanciées qui ont été produites et cela dans bien des lieux de la commune : parc du Prieuré, rue Louis Blanc, rue Jean Jaurès, en bord du Thérain non loin de la mairie, rue du 8 mai 1945… Tous les stades ont été observés : larve, nymphe et adulte. On peut donc avancer que l’espèce est devenue commune sur le territoire urbain. C’est l’espèce que les élèves détectent le plus facilement.

Harmonia quadripunctata (Pontoppidan, 1763)    La coccinelle à quatre points

Cette coccinelle d’environ 6mm se trouve en examinant attentivement les résineux. Principalement les pins et les épicéas car c’est là que l’animal trouve ses proies favorites. Les trois observations : avril et juillet 2017 ainsi que août 2018 ont été faites de cette manière en bord de rivière non loin de la mairie, rue du 8 mai 1945 et non loin du collège par les trois entomologistes.

Henosepilachna argus (Geoffroy in Fourcroy, 1785)     La coccinelle de la bryone

5 signalements ont été précisément datés pour cette grosse coccinelle à la livrée orange mat ornée d’une douzaine de points noirs : deux fois en juillet 2017 rue du 8 mai 1945 et à Magenta puis en mai et juin 2020 ainsi qu’en juin 2021 rue du 8 mai 1945. D’autres mentions non datées ont été faites facilement car la coccinelle est facile à trouver sur sa plante nourricière tant que celle ci n’est pas gyrobroyée. En effet, cette coccinelle est végétarienne et mange exclusivement de la Bryone (Bryonia dioica Jacq, 1774)

Myrrha octodecimguttata (Linnaeus, 1758) La coccinelle des pins ou la coccinelle des cimes.

Inféodée aux résineux et principalement au pin maritime car elle y trouve sa nourriture, la coccinelle des pins n’est néanmoins pas évidente à trouver car elle apprécie essentiellement les hauteurs des arbres. Ce qui lui vaut son deuxième nom vernaculaire de coccinelle des cimes. De taille moyenne entre et le rouge et le brun ornementée de 18 taches blanches fréquemment fusionnées, cette coccinelle ne ressemble en plus pas à l’idée préconçue des coccinelles. Elle n’a été détectée que deux fois dans la commune : d’abord en juillet 2017 puis en mai 2021 par deux élèves sur un mur sous un pin en sortant de leur école.

Nephus quadrimaculatus (Herbst, 1783)         La coccinelle « dermeste tortue noire »

Photo : L. Colindre (Adep).

On ne peut pas dire que le nom français de cette coccinelle soit informatif et il eut été judicieux de ne pas l’inventer juste pour donner un nom en langue française à une coccinelle qui, jusqu’à il y a peu, n’en avait pas. Discrète avec ses 2mm, noire velue avec 4 petites taches rouges, se cachant fort bien dans les entrelacs de lierre, cette espèce est souvent dure à détecter. Trouvée en juillet 2017 rue Louis Blanc. L’observateur précise avoir trouvé 8 individus : 7 sur lierre et 1 sur érable.

Novius cardinalis (Mulsant, 1850)

Photo : UR Schmidt Wikipedia sous licence common CC

Introduite en France, afin de lutte biologique, l’espèce est acclimatée principalement sur le pourtour méditerranéen. Les observations ailleurs en France sont rarissimes. L’unique observation de cette espèce, faite par un élève, dans son jardin de Montataire, en juillet 2021 est donc exceptionnelle. C’est même à notre connaissance la seule observation pour tout le nord de la France, exception faite d’un signalement à Paris intramuros. Néanmoins, l’espèce semble être vendue en jardinerie pour lutter contre certains parasites des arbres et arbustes et peut donc être localement disséminée sans que cela fasse souche. A noter que l’élève concerné, a trouvé le nom de sa découverte en s’aidant certainement d’une application d’identification et le nom trouvé était le bon !

Oenopia conglobata (Linnaeus, 1758)     La coccinelle rosée

Cinq signalements seulement pour cette espèce de 4mm de couleur rose ou rouge bordeaux et constellée de points noirs souvent partiellement fusionnés les uns aux autres. Deux fois en août 2012 au parc du Prieuré ; Fin mars 2017, un individu trouvé mort sur un appui de fenêtre de la maison de retraite de Montataire ;  un individu trouvé dans une cour d’école en mars 2018 et enfin un individu trouvé en juillet 2020 par un élève profitant de ses congés pour étudier les animaux de son jardin.

Propylea quatuordecimpunctata (Linnaeus, 1758)         La coccinelle à damier

Moyenne, avec ses 4 à 5mm, cette espèce se reconnait pourtant assez aisément de par les points souvent rectangulaires et en tous cas jamais ronds qu’elle arbore systématiquement. La livrée étant essentiellement blanche à points noirs ou noire à points blancs ressemble beaucoup au drapeau à damier des courses automobiles ou au plateau du jeu d’échecs ou du jeu de dames. Cela lui a valu son nom français. Deux signalements de cette espèce ont été faits à Montataire : en août 2012 et en mai 2020, respectivement au parc du Prieuré et rue du 8 mai 1945.

Psyllobora vigintidupopunctata (Linnaeus, 1758)  La coccinelle Marsupilami ou coccinelle à 22 points.

D’un jaune éclatant constellé de 22 points noirs, cette espèce rappelle effectivement le marsupilami créé par Franquin. De taille moyenne avec 4 ou 5mm, son ornementation très atypique pour une coccinelle ne laisse pas indifférent lorsqu’elle est trouvée. C’est arrivé deux fois pour le moment à Montataire : en août 2012 au parc du Prieuré et récemment en septembre 2021 sur un poteau de clôture d’école par quelques-uns des élèves qui prenaient leur récréation.

Rhyzobius chrysomeloïdes (Herbst, 1792)      La rhyzobie des arbres

Cette coccinelle de taille assez moyenne se trouve quasi exclusivement au battage des branches des arbres et arbustes. De teinte essentiellement terne, elle est donc discrète et passe assez inaperçue. Un dessin plus ou moins marqué en forme d’ancre de bateau ornemente régulièrement ses élytres. Elle a été trouvée à deux reprises en avril 2017 au bord du Thérain puis en juin 2020 rue du 8 mai 1945.

Rhyzobius forestieri (Mulsant, 1853)

Cette petite coccinelle de 3 à 4mm très ronde aux ailes noires et au ventre rouge est une espèce introduite en Europe. Depuis, elle s’y acclimate et prospère dans la discrétion. Une soixantaine de mentions existe en France selon la cartographie du Muséum Nationale d’Histoire Naturelle. Cela ne reflète sans doute pas la réalité de sa présence. Une mention existe pour Montataire : en août 2018, deux des entomologistes ont trouvé l’espèce non loin du collège.

Scymnus interruptus (Goeze, 1777)        La coccinelle velue à bandes

Minuscule coccinelle n’atteignant pas les 2mm de long, elle est noire, couverte d’un fin duvet de poils, présente le plus souvent des taches triangulaires rouge-orangé touchant le bord des ailes. Elle a été trouvée à trois reprises en février, avril et juillet 2017: rue du 8 mai 1945, en bord du Thérain non loin de la mairie et rue Louis Blanc. Sa découverte reste affaire de spécialiste : c’est la technique du battage qui fut utilisée sur noisetier, érable, aulne et frêne.

Sospita vigintiguttata (Linnaeus, 1758)         La coccinelle de l’Aulne

Assez grande, cette espèce présente deux colorations bien typiques : elle peut être rose à vingt points blancs ou noire à vingt points jaunes. Comme son nom français l’indique clairement, cette espèce est très liée à un arbre poussant préférentiellement dans les zones humides telles que les marais et les bords de cours d’eau. C’est au parc du Prieuré qu’un entomologiste l’a trouvé au début du mois d’août 2012, c’était alors une première mention départementale. Aucune autre mention depuis dans la commune pour cette coccinelle indiquée rare et très discrète. A ce jour, seules dix autres communes du département ont renseignées pour cette espèce. Elle reste donc toujours une vraie rareté entomologique.

Vibidia duodecimguttata (Poda, 1761)          La petite coccinelle orange

Effectivement orangée et tachées de 12 points blancs, cette petite coccinelle ne dépasse pas les 4mm de long. Elle a été trouvée deux fois au parc du Prieuré en août 2012 et une fois rue du 8 mai 1945 par les entomologistes déjà cités. On peut indiquer une particularité alimentaire pour cette espèce : elle consomme des films mycéliens sur les feuilles des végétaux qu’elle fréquente. Dit plus simplement : elle mange des champignons. C’est le cas de plusieurs autres espèces de coccinelles.

Avec 23 espèces recensées dans Montataire, la ville se classe parmi les communes les mieux renseignées du département de l’Oise. Cette diversité d’espèces illustre les nombreux milieux qui émaillent le territoire communal. Avec seulement 73 observations circonstanciées, la somme de données sur la famille des coccinelles reste faible. Les observateurs ont en quelque sorte privilégié l’efficacité plutôt que la quantité. Il en ressort une petite impression de manque. Une recherche plus systématique et plus poussée conduirait certainement à une augmentation significative de la diversité des coccinelles. Si un pronostic devait être fait, attendu la grande diversité de milieux tant urbains que ruraux, allant du chaud sec au froid humide, il serait d’un minimum de 35 à 40 espèces présentes sur le territoire. Il ne reste plus qu’à les trouver !

Remerciements :

Tout d’abord aux nombreux élèves des écoles Paul Langevin, Joliot-Curie et Jean Jaurès depuis septembre 2016. Leur curiosité, leur envie de découvrir leur environnement et d’apprendre de nouvelles choses sont à l’origine de cette synthèse entomologique. Leurs observations ponctuelles ont de plus significativement amélioré cet inventaire. Bravo à eux. A mes complices entomologistes de longue date : Mme D. et M. T. Toujours aussi efficaces.

Le tigre Est isarien

La recherche des punaises dans le département de l’Oise prend bien des chemins. Battage par parapluie japonais, fauchage au filet fauchoir, piégeage divers, observation à vue… Nombreuses sont les techniques et chacune est efficace sur différentes familles de punaises.

Corythucha ciliata (Say, 1832) photo : Petra Broda Sous licence CC – 2.0 

La connaissance des habitudes hivernales de certaines pour les rechercher spécifiquement peut s’avérer très utile voir même rendre leur découverte très facile. C’est partant de ce constat que la proposition de rechercher une espèce bien particulière avait été faite il y a maintenant presque trois ans par le biais d’une note dans le bulletin de l’association. « Le tigre du platane » Corythucha ciliata (Say, 1832) présente en effet une particularité comportementale le rendant aisé à détecter en période froide. IL se rassemble fréquemment et en grand nombre sous les écorces des platanes (Platanus sp). Ces écorces étant naturellement déhiscentes, elles constituent des cachettes faciles d’accès pour les punaises et faciles à l’examen pour l’entomologiste qui cherche à cibler spécialement cette toute petite espèce de la famille des Tingidae.

Le département de l’Oise est actuellement le seul des trois départements de Picardie a avoir fait l’objet d’un début de recherche systématique. Les résultats sont assez éloquents et évoquent dès à présent une présence pérenne et systématique sur tous les supports arborés adaptés en milieu urbain. Même le platane unique perdu au milieu d’un parc urbain peut héberger ne serait-ce qu’un individu ce qui est suffisant pour attester de la présence de l’animal.

Chaque déplacement en ville peut donc faire l’objet d’une rentabilisation: vous voyez un platane, vous examinez quelques belles écorces sur le point de se détacher. Si l’écorce se détache partie basse en première alors rares sont les tentatives infructueuses.

Désormais une quarantaine de mentions circonstanciées ont été produites dans le département. Une recherche plus poussée permettra sans aucun doute de multiplier fortement ce résultat. A vos platanes !

Adelski A 2018 tous droits réservés.

Ceratomegilla undecimnottata une coccinelle rare en Picardie

Photographie réalisée par ADELSKI A. (tous droits réservés)

Nous étions le 07 août et Il s’agissait d’une sortie conjointe ADEP / Picardie-Nature ciblée essentiellement sur les mammifères. Tout tient dans le « essentiellement » car il s’agissait aussi de faire preuve d’opportunisme et d’observer tous les autres groupes. Cela dans une zone géographique où aucun naturaliste ou entomologiste ne réside et donc encore très méconnue sur le plan faunistique.

C’est au troisième arrêt dans la commune de Dieudonné (60) qu’en bordure de chemin sur un cirse jouxtant un champ en pente sud qui venait d’être moissonné qu’un unique individu de cette coccinelle qui porte le nom vernaculaire de « coccinelle migrante » a été trouvé. La présence d’un nombre important de points (supérieur à 7) sur les élytres a mis immédiatement en évidence qu’il ne s’agissait pas de la « bête à bon dieu aussi appelée « coccinelle à sept points ». Sa taille, l’aspect du pronotum et l’absence d’un liseré blanc autour de la tache noire scutellaire venaient confirmer son identité.

Cette espèce est décrite dans la littérature comme capable de parcourir d’importants déplacements aériens lorsque les conditions météorologiques sont favorables. La question est donc de savoir si l’individu trouvé a fait la même chose où s’il est né en Picardie. Aucun élément ne permet d’avoir une certitude à ce sujet actuellement. Le criblage de notre base de donnée coccinelles nous indique seulement deux choses: un autre individu fût observé récemment dans la commune de Nogent sur Oise (60) durant la période estivale 2018. Une autre donnée existe sur le territoire de la commune de Mello (60), la date précise de l’observation ne nous est pas connue mais elle est ancienne. Ce sont les trois seules mentions dans le département à ce jour. Deux autres mentions existeraient en Picardie d’après la base de donnée ClicNat consultée le 08 août 2019, on y trouve en effet l’espèce sous le binôme linéen Hippodamia undecimnottata.

La faiblesse du nombre de donnée révèle une espèce rare dans notre zone d’étude mais aussi une espèce souffrant d’un défaut d’observation. Les naturalistes, les entomologistes et notamment les coléoptéristes devront se sensibiliser à sa présence et à son identification pour accentuer la pression d’observation sur cette espèce pour en préciser le statut régional et vérifier son caractère exclusivement « migrateur » ou « visiteur » ou encore reproducteur.

Remerciements: à Lison G., Pauline D., Simon B. et Mathieu T.

Inventaire entomologique cantonal

Inventorier les espèces de son jardin, bon nombre d’entomologistes et de naturalistes le font régulièrement voire quotidiennement. Inventorier les espèces d’une commune c’est aussi assez fréquent. Par contre, inventorier les espèces à l’échelle d’un canton entier c’est déjà plus rare, le temps à investir étant beaucoup plus important. C’est pourtant ce qui est actuellement entrepris dans le canton de Noailles (Oise) où les 21 communes sont scrutées pour avoir une liste la plus exhaustive possible des espèces qui vivent sur ce territoire. L’inventaire n’est d’ailleurs pas limité strictement aux Insecta ni même aux Arthropoda. Tout le règne animal est examiné dans la limite des compétences des personnes participant quotidiennement ou ponctuellement à l’inventaire. Oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, mollusques… tout y passe même s’il faut bien le souligner, l’objectif premier reste les insectes. Pour cette année 2019, plusieurs objectifs ont été mis en avant. En premier lieu: compulser les archives et carnets de terrain des années passées pour y retrouver les observations entomologiques en attente d’être valorisées. Il y en a beaucoup. Au moment d’écrire ces lignes, les recherches sont déjà remontées à l’été 2010 et ce sont plus de 22000 données de près de 1300 espèces qui ont été ainsi prises en considération. En second lieu: tenter d’homogénéiser au moins un peu les prospections sur l’ensemble du territoire cantonal car il faut bien le dire (l’écrire), jusqu’à présent les recherches ont été très ciblées sur 6 ou 7 communes qui à elles seules regroupent 90% des données. L’objectif de l’année 2019 est donc que toutes les communes du canton soient renseignées chacune pour un minimum de 200 espèces (sans limite supérieure évidemment). Ce deuxième objectif reste encore difficile à atteindre pour 14 communes mais il est maintenant dépassé pour les communes de Noailles, Warluis, Villers-Saint-Sépulcre, Laboissière-en-Thelle, Hermes, Berthecourt et Silly-Tillard. Plusieurs autres communes sont en bonne voie avec des recensement compris entre 174 et 193 espèces: Mortefontaine-en-Thelle, Cauvigny, Ponchon, Sainte-Geneviève, Lachapelle-Saint-Pierre, Ponchon ou encore Montreuil-sur-Thérain. En troisième lieu: réussir à trouver encore suffisamment de nouvelles espèces dans la commune la mieux renseignée à l’heure actuelle pour que la diversité animale connue dépasse les 1000 espèces. Actuellement renseignée pour 916 espèces, des inventaires complémentaires approfondis sont en cours et espérons le vont conduire rapidement à passer ce plafond symbolique.

Nombreux sont d’ailleurs les observateurs qui ont contribué à la réalisation de cet inventaire cantonal. Nul besoin de les nommer ici, ils se reconnaîtront. Par contre, il faut les remercier pour leur contribution qu’elle soit unique ou multiple car sans leur aide et sans leurs encouragements ce projet titanesque ne serait pas aussi avancé.

La participation n’étant pas strictement limitée aux adepiens, les personnes qui souhaiteraient participer ponctuellement à cet inventaire cantonal, peuvent se signaler auprès de l’association.

Inventaire des coccinelles de l’Oise

 

 

 

Depuis plusieurs années déjà, les coccinelles (Insecta, Coleoptera, Coccinellidae) font l’objet d’un inventaire spécifique systématique à l’échelle communale dans le département de l’Oise (60). Les observations ainsi produites ont permis de rédiger et publier une petite série d’article ayant pour but de préciser la répartition, l’écologie fine et les meilleures modalités de recherche des différentes espèces ou groupes d’espèces.

A ce jour, près des deux tiers des communes du département ont fait l’objet d’au moins un signalement de coccinelles. La commune la moins renseignée fait l’objet d’une seule donnée, la commune la plus renseignée l’est pour plus de 1100 données.

Si l’objectif final est bien de visiter toutes les communes, l’objectif prioritaire est d’homogénéiser la répartition des prospections dans les différentes parties (pays) du département et aussi d’homogénéiser la pression d’observation sur l’ensemble des 60 espèces actuellement signalées dans le département.

Si cet inventaire vous intéresse et que vous souhaitez participer aux prospections de terrain, ou si vous disposez de données ou encore d’individus en collections, n’hésitez pas à prendre contact.

 

Coccinella magnifica, Forêt de Compiègne, 2015.

Photo : L Colindre.