Les atteintes aux landes sèches du Bois de Tillet portées au cours du siècle dernier les laissent dans un état de conservation défavorable. Leur remise en état nécessite un programme de restauration important, guidé par une notice de gestion adaptée. Une partie de ces travaux sera réalisés dans le cadre des mesures de compensation environnementale liée la mise en deux fois deux voies de la RN2.
Nous portons à votre connaissance le diagnostic entomologique complet réalisé par l’ADEP sur une partie de l’année 2019.
Pour connaître la biodiversité entomologique présente, la ville de Crépy-en-Valois a commandé à l’ADEP un inventaire faunistique entrant dans le cadre du projet d’ABC (« Atlas de la Biodiversité dans les Communes ») et centré sur trois groupes d’insectes : les lépidoptères (Papillons), les orthoptères (Criquets, Grillons, Sauterelles) et les odonates (Libellules).
ADELSKI A., COLINDRE L., DEROZIER C. & PAGOT C. (2018) Inventaire des arthropodes du Parc de Géresme et de la pelouse des remparts, Crépy-en-Valois (Oise, 60) Atlas de la Biodiversité Communale, 34 p.
La recherche des punaises dans le département de l’Oise prend bien des chemins. Battage par parapluie japonais, fauchage au filet fauchoir, piégeage divers, observation à vue… Nombreuses sont les techniques et chacune est efficace sur différentes familles de punaises.
Corythucha ciliata (Say, 1832) photo : Petra Broda Sous licence CC – 2.0
La connaissance des habitudes hivernales de certaines pour les rechercher spécifiquement peut s’avérer très utile voir même rendre leur découverte très facile. C’est partant de ce constat que la proposition de rechercher une espèce bien particulière avait été faite il y a maintenant presque trois ans par le biais d’une note dans le bulletin de l’association. « Le tigre du platane » Corythucha ciliata (Say, 1832) présente en effet une particularité comportementale le rendant aisé à détecter en période froide. IL se rassemble fréquemment et en grand nombre sous les écorces des platanes (Platanus sp). Ces écorces étant naturellement déhiscentes, elles constituent des cachettes faciles d’accès pour les punaises et faciles à l’examen pour l’entomologiste qui cherche à cibler spécialement cette toute petite espèce de la famille des Tingidae.
Le département de l’Oise est actuellement le seul des trois départements de Picardie a avoir fait l’objet d’un début de recherche systématique. Les résultats sont assez éloquents et évoquent dès à présent une présence pérenne et systématique sur tous les supports arborés adaptés en milieu urbain. Même le platane unique perdu au milieu d’un parc urbain peut héberger ne serait-ce qu’un individu ce qui est suffisant pour attester de la présence de l’animal.
Chaque déplacement en ville peut donc faire l’objet d’une rentabilisation: vous voyez un platane, vous examinez quelques belles écorces sur le point de se détacher. Si l’écorce se détache partie basse en première alors rares sont les tentatives infructueuses.
Désormais une quarantaine de mentions circonstanciées ont été produites dans le département. Une recherche plus poussée permettra sans aucun doute de multiplier fortement ce résultat. A vos platanes !
Amateur de photo et de nature, l’apparition de petits APN de qualité m’a permis de m’intéresser à la flore et à la faune du jardin et de la maison.
Bien sûr, légender ces photos m’est apparu indispensable. De là, des demandes d’identification sur le forum « Le Monde des insectes » puis mon inscription à l’ADEP.
Très vite, l’envie d’inventorier la flore et la faune présente m’est venue et j’ai vite été étonné par la diversité de celles-ci ! Toute la famille a été mise à contribution, avec énormément d’efficacité, surtout pour les araignées…
Le lieu : une maison dans un village de l’Oise (60), complètement ceinte de murs, avec un petit jardin devant et derrière, un ru à proximité et des forêts de chaque côté.
Le bilan des observations porte sur une dizaine d’années. Parmi ces observations, il y a certainement un certain nombre d’espèces «importées » (bois de chauffage, récoltes de champignons, voitures, etc).
Le résultat brut est étonnant, à ce jour, plus de 1600 taxons différents.
Les déterminations dans les cas compliqués, ont été faites par des spécialistes, notamment membres de l’ADEP, ou participants des forums « Le Monde des insectes » et « Diptera.info » ; un grand merci à eux, sans qui ce document ne pourrait exister.
Voici un bref aperçu des observations :
Heteropterus morpheus (Pallas,1771) Photo M. BertrandDactylosternum abdominale (Fabricius, 1792) Photo : P. Zagatti sous licence CC-NC-SAPsallus perrisi (Mulsant & Rey, 1852) Photo : M. BertrandTaeniopteryx schoenemundi (Mertens, 1923) Photo : M. Bertrand
Des résultats plus approfondis seront publiés dans un futur bulletin de l’ADEP.
Une dernière « chasse » lumineuse pour cette fin d’année a été organisée par l’ADEP afin de parfaire notre connaissance sur les hétérocères présents sur le site du Bois de Tillet (F.D. de Rêtz, Oise 60).
C’est Carole qui, fonction de la météo du jour, a rapidement organisé cette dernière séance d’inventaire et que nous remercions ici. Thibaud Daumal a répondu présent et est venu parfaire le dispositif d’une troisième lampe.
Thibaud en pleine installation. Photo LC.
A cette saison le soleil décline rapidement mais les températures restent encore douces (17°C lors de notre arrivée à 20 h 45 et 13°C à 0 h 00). Peu de lune mais une brise malvenue…
Allumage. Photo LC.Carole en pleine détermination. Photo LC
Cette mobilisation a permis de recenser une petite quarantaine d’espèces dont 7 sont d’intérêt ou liées au milieu landicole.
Catocala faxini, (La Lichénée bleue) une espèce déterminante ZNIEFF. Photo LCLe Sphinx du liseron (Agrius convolvuli), commun mais toujours impressionnant au drap ! Photo LC
Quelques chenilles dont :
Chenille de la Noctuelle de la Myrtille (Anarta myrtilli). Sur la liste rouge de Picardie, espèce déterminante ZNIEFF. Cliché : James Lindsey sous licence CC BY-SA 3.0
Sur l’invitation de notre collègue et ami, Thibaud Daumal, une visite du coteau de Lataule a été organisée cet été. Situé dans l’Oise, à quelques kilomètres de la commune de Gournay sur Aronde, ce magnifique « larris » calcaire (non conventionné) de plusieurs hectares, abrite nombre d’espèces d’intérêt patrimonial.
C’est sous le regard malicieux d’un renard et sous les regards amusés des participants, que nous avons Josiane Chatelain (ABMARS/ADEP), Dominique Potier (ABMARS), Eric Cagniache (Sté Linéenne) et moi-même, suivi Thibaut et emprunté le sentier d’accès menant sur le point culminant dévoilant une vue sympathique des lieux.
Absorbés par les plantes à fleurs et les insectes, l’inventaire commence.Montée vers le point culminant du site.
Après quelques temps, plusieurs espèces retiendront notre attention :
Stenobothrus lineatus (Panzer 1796) « Le Criquet de la Palène ».Stenobothrus stigmaticus (Rambur, 1838), le « Sténobothre nain » l’un des plus petit criquet de notre faune.
Nous avons vu un minimum de 20 individus adultes (potentiellement jusqu’à 50 individus sur toute la zone ?). Ce qui est de loin le record observé sur le site.
Decticus verrucivorus (L. 1758) la « Dectique verrucivore »
Nous n’avons vu et entendu que 2 mâles. C’est très faible par rapport à d’habitude sur ce site et probablement lié à la canicule de la semaine dernière. Les 2 seuls chanteurs étaient côté nord de la butte, ce qui est assez original et probablement significatif.
Ces trois espèces sont sur la liste rouge européenne de l’UICN (2016), la liste rouge régionale de la faune menacée de Picardie (2016). Ce sont donc des espèces déterminantes de l’inventaire ZNIEFF.
Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775), l’Hespérie du chiendent.Thymelicus acteon (Rottemburg, 1775), l’Hespérie du chiendent. Déjà connu sur le site mais toujours un papillon sympathique à croiser…
Ce papillon est inscrit sur la liste rouge européenne de l’UICN (2010), la liste rouge des Rhopalocères de France métropolitaine (2012). Espèce déterminante de l’inventaire ZNIEFF mais notée comme commune dans le livre des Rhopalocères Tome 1 (Adep, Duquef et al. 2004). A surveiller donc…
Un espace patrimonial comme celui-ci, situé au cœur du plateau Picard n’est pas légion et recèle du potentiel… Il mériterait certainement une surveillance et des visites régulières afin de parfaire notre connaissance. Nul doute que certaines espèces pourraient encore créer des surprises.
Samedi 20/07 a eu lieu la journée entomologique au Bois de Tillet (Forêt de Rêtz, Coyolles 02) avec la découverte des milieux de landes sèches sableuses et prospection entomologique (sans oublier nos amis à plumes, à poils et à écailles, l’occasion aussi d’être exhaustif ).
Soulignons le soutien et la participation active des membres du réseau papillons emmené par Thibaut Gérard et du Conservatoire. Qu’ils en soient tous remerciés chaleureusement.
Pause déjeuner des participants
Au crépuscule, 4 postes lumineux ont été fixés sur la zone 1 (1 poste) et la zone 6 (3 postes), attirant quelques beaux spécimens et quelques surprises…
Installation du dispositifEn lisière de la zone 1Ennomos erosaria (Denis & Schiffermüller, 1775) Polyphaenis sericata (Esper 1787): 12 au drap !Rheumaptera undulata (L.1758) , un superbe géomètre.Prionus coriarius (Linnaeus, 1758) femelle de 40 mm, un Cerambycidae très massif mais aussi très rapide malgré sa corpulence…Damien prépare la D500X, permettant de détecter, analyser et confondre les chauves-souris présentes sur le site.
Sans dévoiler ici l’ensemble des découvertes, nous pouvons déjà dire que se profile un très bel inventaire qui a su, une fois encore, mobiliser les compétences de toutes et tous. Encore merci !
L’ADEP lance un appel à tous les passionnés, les entomologistes ou tout simplement les observateurs citoyens de Picardie à rechercher une abeille sauvage en déclin : l’Andrène de la Knautie, Andrena hattorfiana (Fabricius, 1775).
Vous trouverez en cliquant sur ce lien toutes les informations pour identifier facilement l’insecte ainsi que la procédure pour transmettre vos observations :
8 avril 2018 : il fallait y être ! L’un des plus beaux et chauds dimanches depuis bien longtemps…
Découverte, ou redécouverte du Bois du Roi, propriété privée mais ouverte en partie au public : la « Pierre au Coq » sur la commune d’Ormoy-Villers (Il existe également la « Pierre Glissoire » sur la commune de Peroy-les-Gombries, site géré par le CENP).
La prospection débute.
Recherche minutieuse de Jean-Claude. Une pinède sur sol sableux offrant bien des surprises pour les entomologistes…
Dissimulée dans la lande à bruyères, culmine la Pierre au Coq. Thierry et son bouclier à l’assaut des landes !
Observation de Acanthocinus aedilis (L., 1758) – Cerambycidae –, qui se développe sur les pins. Ses antennes sont un cas remarquable d’un développement sans aucun rapport avec ses nécessités vitales. L’évolution ne fait pas toujours dans la mesure… Nous devons cette observation à Jean-Hervé et ses yeux de lynx. Photo : J.-C. Bocquillon.
La « dream team » ! Jean-Hervé, Thierry et Jean-Claude (+ moi derrière l’œilleton…).
Thanasimus formicarius (Linnaeus, 1758), in copula Photo : J.-H. Yvinec
Jean-Hervé à la recherche d’hydrophilidae. Comme quoi, même dans les milieux secs, les trous d’eau, les ornières, etc. peuvent venir enrichir les inventaires.
Laurent à la recherche de fourmis au pied d’un arbre mort.
Prochaine étape : les identifications. Patience, nous vous tiendrons vite au courant des découvertes.
Nid d’Aphaenogaster subterranea (Latreille, 1798).