Archives de catégorie : Milieux

ABC Noailles

CAP SUR NOAILLES ! (2)

Oh, punaise !

L’entomologiste qui fait un inventaire rêve bien entendu de rencontrer un grand nombre d’espèces d’insectes communs, mais espère surtout observer des petites bêtes un peu inédites pour lui et donc peu communes.


Ce fut le cas le dimanche 18 avril, lors de mes premières observations dans le cadre de l’ABC (Atlas de la Biodiversité Communale) organisé sur la commune de Noailles, où la visite d’un petit coteau m’a permis entre autres l’observation de quelques hémiptères :

Haematoloma dorsata (Ahrens, 1812) :

Photo : Carole Derozier

Deux exemplaires de ce joli Cercope furent obtenus au fauchage des herbes basses, non loin de petits résineux. Le Cercope fait partie de l’ordre des Hémiptères, comme les Punaises, Cigales, Pucerons ou Cochenilles. Il appartient à la famille des Homoptères. Il pond ses œufs à la base des tiges de graminées ou sur le sol pour cette espèce précise, ses larves s’enduisent ensuite pour se protéger d’une mousse blanche appelée « crachat de coucou » ; tout promeneur un peu attentif en a déjà remarqué. Ce Cercope particulier, dont la base des ailes est ourlée de rouge, se distingue ainsi facilement des deux autres espèces de Cercope, plus communes : Cercopis vulnerata Rossi, 1807, le Cercope sanguin, qui possède trois paires de taches rouges sur les élytres, dont un joli W vers le bas des ailes :

Photo : Carole Derozier

et Cercopis intermedia Kirschbaum, 1868, le Cercope intermédiaire, reconnaissable à  ses genoux rouges :

Photo : Carole Derozier

Peritrechus gracilicornis Puton, 1877 

Photo : Carole Derozier

Une petite punaise Lygaeidae (moins de 5 mm !), dans la famille des Ryparochromidae ; difficile à distinguer des autres espèces de Peritrechus, il faut ici regarder de très près la répartition des couleurs sur le pronotum et les élytres,  l’épaisseur du 3ème segment antennaire, les petites épines et la grande sur le tibia avant, la couleur des tibias arrière… Un genre compliqué à identifier ! Cette petite punaise affectionne les milieux secs.

Gonocerus juniperi, Herrich-Schäffer, 1839,

le Gonocère du genévrier :

Photo : Carole Derozier

Cette punaise au corps allongé appartient à la famille des Coreidae, au genre Gonocerus ; rouge et verte sur le dessus, elle est d’un vert presque jaune au-dessous. Relativement commune lorsque sa plante préférée est présente, il était logique de la trouver au battage de genévrier. Mais on peut également la rencontrer sur thuya.

Piezodorus lituratus (Fabricius, 1794)

la Punaise des genêts :

Photo : Carole Derozier

Trouvée au fauchage des herbes basses, non loin de pieds de genêts, sa plante préférée, cette jolie punaise de la famille des Pentatomidae peut revêtir des couleurs très variées, allant du vert jaune au brun doré, avec des touches de rouge, en fonction de sa maturité sexuelle et de la saison, mais toujours d’aspect brillant. Ses antennes sont orangées et le bord de son abdomen est de couleur vert jaune. Assez commune, il est cependant toujours plaisant de la rencontrer ; elle aime également les milieux secs.

Taphropeltus contractus (Herrich-Schäffer, 1835) :

Photo : Carole Derozier

Moins de 4 mm pour cette petite punaise appartenant aux Lygaeidae ; la tête se resserre derrière les yeux, qui sont proéminents, elle a de longs poils sur les fémurs avant. Elle affectionne les habitats secs. Celle-ci fut trouvée au tamisage de litière ; merci à Laurent notre myrmécologue de m’avoir permis de picorer dans son tamis !

Osphya bipunctata (Fabricius, 1775) :

Enfin, pour changer des Hémiptères, un joli et peu commun coléoptère, qui appartient à une petite famille peu connue, les Melandryidae.

Photo : Carole Derozier

Longiligne, de coloration variable selon le sexe, le pronotum est bordé de jaune presque translucide, les 2 premiers articles des antennes sont jaunes ainsi que le haut des pattes. Ce coléoptèrevraiment peu commun est surnommé le faux Cantharide ; en effet, il trompe son monde en ressemblant à un Cantharidae, mais il n’a pas leurré Jean-Claude Bocquillon, coléoptériste de l’ADEP, qui m’a aidée à l’identifier, merci à lui.













Cap sur Noailles !

Les premières sorties ont eu lieu ce WE pour un inventaire faunistique sur la commune de Noailles (Oise).
Bien entendu, les arthropodes sont au « menu » de l’étude menée par l’ADEP. Cet inventaire est l’occasion de mettre à jour la biodiversité à l’échelle communale.

Voici les premières photos en avant première !

Nous remercions chaleureusement Valentin pour son accompagnement sur le terrain.

Photo : L. Colindre

Ci-dessus : la « dream team » tout sourire du dimanche 18/04 : Ludivine, Adrien et Carole. Samedi 17/04 déjà, Alexis et Julie accompagnés de Valentin et d’Adrien avaient déjà investi les lieux.

Photo : L. Colindre

Différentes techniques sont utilisées pour découvrir le monde des insectes et araignées. Ici le filet entomologique.

Photo : Alexis Bliot

Un syrphe (ici, une femelle Xanthogramma citrofasciatum) : souvent confondu et pris pour une guêpe, il s’agit en fait d’une mouche pollinisatrice, indispensable à nos écosystèmes.

Photo : L. Colindre.
Photo L.Colindre.

Les premières découvertes. Ci-dessus : la minuscule fourmi « fugace » Solenopsis fugax (2 mm). Ci-dessous, une belle Hespérie se chauffant au soleil.

Photo : L.Colindre
Photo : L. Colindre

Le second site : un reliquat d’ourlet calcicole. Ces milieux sont essentiels pour y trouver des espèces d’intérêt patrimonial.

Ci-dessous Valentin nous rejoint et Laurent utilise un tamis portable (une autre technique pour révéler la pédofaune).

Photo : Carole Derozier
Photo : L. Colindre

Une journée bien agréable et ensoleillée qui s’achève sous l’œil vigilant d’une élégante fauvette grisette.

Abeilles sauvages : Bilan des connaissances & actions de l’ADEP, 2010-2020

Cette note tente de restituer les connaissances acquises en Picardie sur les abeilles sauvages au cours d’une décennie. Les prospections entomologiques ont ciblé des espaces ruraux, des espaces dit naturels et des marges d’agglomérations. La pression d’observation est restée modeste avec une couverture disparate du territoire picard. Les résultats sont exposés en fonction d’une catégorie simplifiée de milieux et en fonction d’un découpage géographique flou. Au-delà d’une classique contribution à la connaissance d’un groupe d’insectes, j’ai souhaité valoriser au mieux les spécimens récoltés, le travail du naturaliste ainsi que l’implication de l’association. Cette note coïncide avec l’achèvement du Plan National d’Actions en faveur des pollinisateurs sauvages. La curiosité du vivant, le plaisir d’herboriser, la chaleur et la lumière des belles saisons sont restés les facteurs déterminants de motivation.

Version haute définition sur simple demande auprès du secrétariat.

Projet d’arrêté de protection de biotope (APB) pour les sites de la Pointe de la Crèche et du Cap Blanc-Nez

Photo : L Colindre

Vous voulez aider concrètement la biodiversité des Hauts-de-France ?
Agissez directement et simplement en participant à la consultation publique lancée par la DREAL des Hauts-de-France dans le cadre du projet d’arrêté inter-départemental de protection de biotope.

Abeilles sauvages en Thiérache : recueil de connaissances (2014-2020)

Ce document sur les abeilles sauvages a pour objectif de valoriser les observations recueillies au cours de rencontres collaboratives entre l’ADEP et le CPIE de l’Aisne et en y ajoutant des données personnelles et partagées de Guénael Hallart.

L’objectif étant d’améliorer nos connaissances des arthropodes notamment dans le Nord de l’Aisne.

Bombus hypnorum Photo LC.

Diagnostic entomologique et aranéologique du Bois de Tillet, Forêt de Retz, Picardie

Les atteintes aux landes sèches du Bois de Tillet portées au cours du siècle dernier les laissent dans un état de conservation défavorable. Leur remise en état nécessite un programme de restauration important, guidé par une notice de gestion adaptée. Une partie de ces travaux sera réalisés dans le cadre des mesures de compensation environnementale liée la mise en deux fois deux voies de la RN2.

Nous portons à votre connaissance le diagnostic entomologique complet réalisé par l’ADEP sur une partie de l’année 2019.

Atypus affinis Photo LC

Atlas de la biodiversité communale : Inventaire des arthropodes du parc de geresme. Crépy-en-Valois (Oise, 60)

Pour connaître la biodiversité entomologique présente, la ville de Crépy-en-Valois a commandé à l’ADEP un inventaire faunistique entrant dans le cadre du projet d’ABC (« Atlas de la Biodiversité dans les Communes ») et centré sur trois groupes d’insectes : les lépidoptères (Papillons), les orthoptères (Criquets, Grillons, Sauterelles) et les odonates (Libellules).

ADELSKI A., COLINDRE L., DEROZIER C. & PAGOT C. (2018) Inventaire des arthropodes du Parc de Géresme et de la pelouse des remparts, Crépy-en-Valois (Oise, 60) Atlas de la Biodiversité Communale, 34 p.

Le Flambé s’invite en soissonnais

Iphiclides_podalirius Photo : Nicolas Vansteene

Le Dimanche 19 avril 2020 au matin, je sors dans mon jardin pour en faire le tour comme il m’arrive fréquemment de le faire, surtout avec le soleil généreux du moment. De suite je vois un grand papillon se diriger vers un coin ou j’ai laissé pousser des phacélies. Pensant d’abord à un Machaon, en m’approchant de l’individu qui vient de se poser sur les fleurs, je m’aperçois qu’il s’agit d’un Flambé (Iphiclides podalirius). Je cours chercher mon appareil et j’ai le temps de l’immortaliser avant qu’il finisse par redécoller et continuer sa route.

Le Flambé, jusqu’ici cité plutôt dans le sud de l’Aisne et de l’Oise, vient de faire un bond vers le nord jusqu’en soissonnais où peut-être il deviendra plus fréquent à la faveur du climat plus clément de ses derniers temps.

Nicolas Vansteene

Les larves à « queue de rat »

Larve d’Eristalis, Photo LC

Connaissez vous les « larves à queue de rat » ? Les Diptères, Syrphidae avant d’être adultes, pondent dans l’eau, y compris dans des milieux « sales », eutrophisés (photo ci-dessous).

Milieu de la découverte : une fosse à lisier où stagne une eau des plus sales qui soit !

Mais aussi : les mares temporaires, les eaux croupies, les abreuvoirs à bovins, les récupérateurs d’eau, etc.

Cet appendice est très long et fonctionne comme un « tuba » pour respirer sous l’eau.

Une fois leur cycle terminé, les larves s’en vont nymphoser non loin pour devenir de belles mouches nectarifères, et devenir comme ça :

Syrphe du genre Eristalis Photo LC

Il existe d’autres Syrphes présentant cette caractéristique : les Helophilus : mais la larve reste plus petite ainsi que les Diptères Stratyiomidae.

Je reconnais que ce reportage n’a rien de « ragoutant » mais reconnaissez de votre côté qu’il s’agit là d’une singulière particularité ! D’autre part ces larves possèdent un atout de taille : elles participent à la dégradation de la matière organique et les adultes à polliniser. Deux bonnes raisons de ne pas les tuer.

Tout a une utilité dans la nature ! Il suffit de trouver laquelle !

Remerciements à Damien TOP pour ses précisions sur les Syrphes.

Le tigre Est isarien

La recherche des punaises dans le département de l’Oise prend bien des chemins. Battage par parapluie japonais, fauchage au filet fauchoir, piégeage divers, observation à vue… Nombreuses sont les techniques et chacune est efficace sur différentes familles de punaises.

Corythucha ciliata (Say, 1832) photo : Petra Broda Sous licence CC – 2.0 

La connaissance des habitudes hivernales de certaines pour les rechercher spécifiquement peut s’avérer très utile voir même rendre leur découverte très facile. C’est partant de ce constat que la proposition de rechercher une espèce bien particulière avait été faite il y a maintenant presque trois ans par le biais d’une note dans le bulletin de l’association. « Le tigre du platane » Corythucha ciliata (Say, 1832) présente en effet une particularité comportementale le rendant aisé à détecter en période froide. IL se rassemble fréquemment et en grand nombre sous les écorces des platanes (Platanus sp). Ces écorces étant naturellement déhiscentes, elles constituent des cachettes faciles d’accès pour les punaises et faciles à l’examen pour l’entomologiste qui cherche à cibler spécialement cette toute petite espèce de la famille des Tingidae.

Le département de l’Oise est actuellement le seul des trois départements de Picardie a avoir fait l’objet d’un début de recherche systématique. Les résultats sont assez éloquents et évoquent dès à présent une présence pérenne et systématique sur tous les supports arborés adaptés en milieu urbain. Même le platane unique perdu au milieu d’un parc urbain peut héberger ne serait-ce qu’un individu ce qui est suffisant pour attester de la présence de l’animal.

Chaque déplacement en ville peut donc faire l’objet d’une rentabilisation: vous voyez un platane, vous examinez quelques belles écorces sur le point de se détacher. Si l’écorce se détache partie basse en première alors rares sont les tentatives infructueuses.

Désormais une quarantaine de mentions circonstanciées ont été produites dans le département. Une recherche plus poussée permettra sans aucun doute de multiplier fortement ce résultat. A vos platanes !

Adelski A 2018 tous droits réservés.

Plus de 1600 espèces d’arthropodes sur 500 m²

Amateur de photo et de nature, l’apparition de petits APN de qualité m’a permis de m’intéresser à la flore et à la faune du jardin et de la maison. Bien sûr, légender ces photos m’est apparu indispensable. De là, des demandes d’identification sur le forum « Le Monde des insectes » puis mon inscription à l’ADEP.

Très vite, l’envie d’inventorier la flore et la faune présente m’est venue et j’ai vite été étonné par la diversité de celles-ci ! Toute la famille a été mise à contribution, avec énormément d’efficacité, surtout pour les araignées…

Le lieu : une maison dans un village de l’Oise (60), complètement ceinte de murs, avec un petit jardin devant et derrière, un ru à proximité et des forêts de chaque côté.

Le bilan des observations porte sur une dizaine d’années. Parmi ces observations, il y a certainement un certain nombre d’espèces «importées » (bois de chauffage, récoltes de champignons, voitures, etc).

Le résultat brut est étonnant, à ce jour, plus de 1600 taxons différents.

Les déterminations dans les cas compliqués, ont été faites par des spécialistes, notamment membres de l’ADEP, ou participants des forums « Le Monde des insectes » et « Diptera.info » ; un grand merci à eux, sans qui ce document ne pourrait exister.

Voici un bref aperçu des observations :

Heteropterus morpheus (Pallas,1771) Photo M. Bertrand
Dactylosternum abdominale (Fabricius, 1792) Photo : P. Zagatti sous licence CC-NC-SA
Psallus perrisi (Mulsant & Rey, 1852) Photo : M. Bertrand
Taeniopteryx schoenemundi (Mertens, 1923) Photo : M. Bertrand

Des résultats plus approfondis seront publiés dans un futur bulletin de l’ADEP.

Bois de Tillet : Identification automnale des papillons nocturnes

Une dernière « chasse » lumineuse pour cette fin d’année a été organisée par l’ADEP afin de parfaire notre connaissance sur les hétérocères présents sur le site du Bois de Tillet (F.D. de Rêtz, Oise 60).

C’est Carole qui, fonction de la météo du jour, a rapidement organisé cette dernière séance d’inventaire et que nous remercions ici. Thibaud Daumal a répondu présent et est venu parfaire le dispositif d’une troisième lampe.

Thibaud en pleine installation. Photo LC.

A cette saison le soleil décline rapidement mais les températures restent encore douces (17°C lors de notre arrivée à 20 h 45 et 13°C à 0 h 00). Peu de lune mais une brise malvenue…

Allumage. Photo LC.
Carole en pleine détermination. Photo LC

Cette mobilisation a permis de recenser une petite quarantaine d’espèces dont 7 sont d’intérêt ou liées au milieu landicole.

Catocala faxini, (La Lichénée bleue) une espèce déterminante ZNIEFF. Photo LC
Le Sphinx du liseron (Agrius convolvuli), commun mais toujours impressionnant au drap ! Photo LC

Quelques chenilles dont :

Chenille de la Noctuelle de la Myrtille (Anarta myrtilli). Sur la liste rouge de Picardie, espèce déterminante ZNIEFF. Cliché : James Lindsey sous licence CC BY-SA 3.0