BLANC BONNET ou BONNET BLANC… LES PIÉRIDES !

Identifier les Pieridae

Accouplement de Piérides © Carole Derozier

Des papillons blancs sont visibles un peu partout depuis le début du printemps : « Tiens ! Une piéride ! »

Facile à dire… mais laquelle ? Les identifier n’est pas toujours aisé. Cependant, les possibilités de rencontres dans la famille des Pieridae sont dans les Hauts-de-France trois fois moins nombreuses que dans le Sud de la France, en nombre d’espèces.

© Carole Derozier

==================================== Certains Pieridae sont faciles à reconnaître

car ils ne sont pas intégralement blancs :

► C’est le cas de l’Aurore, Anthocharis cardamines, (chenilles sur Cardamine, Arabis…), avec un notable dimorphisme sexuel entre le mâle et la femelle, cette dernière ne possédant pas les angles des ailes orangés du mâle.

Anthocharis cardamines, l’Aurore (ici un mâle) © Carole Derozier

► Le Souci, Colias crocea (ainsi que les rares Soufré, Colias hyale et Fluoré, Colias alfacariensis, seulement discernables par des spécialistes) se distingue par sa belle couleur jaune d’or :

Colias croceus, Le Souci © Carole Derozier

► et le Citron, Gonepteryx rhamni (chenille sur Nerprun), aux élégantes ailes en forme de feuille, de couleur jaune pâle, un papillon qui hiberne en imago, sans geler malgré les frimas car son corps contient un antigel naturel ! C’est la raison pour laquelle il est un des premiers papillons visible en fin d’hiver, début de printemps, dès que les températures se réchauffent suffisamment :

Gonepterix rhamni, le Citron © Carole Derozier

► ainsi que la trop parcimonieuse et migratrice Piéride du Réséda, Pontia daplidice (sur réséda et brassicacées) et le désormais trop rare Gazé ou Piéride de l’Aubépine, Aporia crataegi (sur Aubépine, Prunellier et  Sorbier) :

Aporia crataegi , le Gazé © Dominique Messin
Aporia crataegi, le Gazé © Xavier Lethève

========================================Restent 4 espèces de Piérides blanches possiblement observables au nord de Paris, voire 5 si on compte aussi une bébête qui monte, qui monte vers le nord depuis quelques années…

1 Pieris napi, la Piéride du Navet, (chenilles sur Brassicacées, plusieurs générations d’avril à octobre) : on distingue au-dessous des ailes des suffusions grises le long des nervures, surtout sur la 1ère génération, et une coloration jaune pâle. Les nervures grises sont également un peu visibles du dessus :

Pieris napi, la Piéride du Navet © Carole Derozier

2 ► Pieris rapae, la Piéride de la rave, (chenilles sur Brassicacées, plusieurs générations) dont le mâle possède deux petites taches grises au centre des ailes antérieures, tandis que la femelle présente deux grosses taches sombres. Si les nervures des ailes sont visibles, elles ne sont pas soulignées de gris, même si une suffusion grise est visible sur le haut des ailes. Le dessous des ailes antérieures peut être blanc à jaunâtre. Enfin, la marque noire à l’apex des ailes antérieures ne forme  pas un angle régulier et est peu marquée :

© Carole Derozier
© Carole Derozier

3 ► La Piéride du Chou, Pieris brassicae (chenilles sur Brassicacées, parfois capucine) : autrefois très commune, cette espèce est en régression. Elle vole sur 2 générations, vernale puis estivale. Elle se distingue au premier abord par sa taille : elle est pratiquement une fois et demie plus grosse que les deux espèces précédentes.

© Carole Derozier

La femelle se reconnait à ses deux grosses taches noires presque carrées visibles sur le dessus et le dessous des ailes antérieures ; elles ne sont visibles que de dessous chez le mâle. En revanche, tous deux possèdent une marque bien noire à l’angle des ailes antérieures, équitablement répartie sur les deux bords des ailes :

© Carole Derozier

4 ► La Piéride de la Moutarde ou Piéride du Lotier, Leptidea sinapis (chenilles sur légumineuses). Ce papillon vole de mai à juin puis à partir de fin juillet jusqu’au début d’août. Espèce plus rare, elle se distingue par sa très petite taille, l’étroitesse de ses ailes arrondies, non anguleuses comme chez les trois autres Piérides. Elle se ferme dès qu’elle se pose et ne présente pas de motif, seulement de vagues ondulations grises, moins visibles sur la seconde génération.

5 ► Pieris mannii, la Piéride de l’Ibéride ; profitant des Ibéris de nos jardins, cette espèce remonte discrètement mais sûrement vers le nord de la France, où elle est sans doute souvent confondue avec Pieris rapae, les critères pour différencier ces deux espèces étant très ténus, semant un peu plus de confusion dans les déterminations de ces jolis papillons blancs.

Si les Piérides sont très présentes dans nos campagnes, elles ne sont pas pour autant des papillons faciles à identifier et nécessitent un bon entraînement et de la circonspection :

alors, blanc bonnet ou… bonnet blanc ?

Les chenilles : Une autre façon d’étudier Les papillons

© Carole DEROZIER (Saturnia pyri, stade 5)

Vous ne courez pas vite ? Vous avez oublié votre filet ? Vous avez envie de voir de nouvelles espèces… Avez-vous pensé à rechercher les chenilles ?

On peut rencontrer des chenilles en toutes saisons car certaines hibernent en se cachant sous les feuilles ou en s’enterrant. Mais la belle saison est évidemment plus propice à leur observation, principalement sur leurs plantes nourricières sur lesquelles on les trouve isolées ou bien en groupe.

© Carole DEROZIER

Que ce soit à vue, au battage des branches ou au fauchage des herbes basses, il est fréquent d’observer des chenilles, jusque sur les plantes, arbres ou arbustes du jardin qu’elles ne dédaignent pas. On en trouve également sur des supports plus ou moins naturels, certaines chenilles se promenant sur des bâtiments ou dans des chemins à la recherche d’un lieu propice à leur nymphose (dernière mue qui les fait passer à l’état de chrysalide).

© Carole DEROZIER

Se nourrissant de feuilles, ou parfois de lichens, elles se confondent en général avec leur support : elles peuvent ressembler à une nervure de feuille, une branchette, un bourgeon, de l’écorce, un rayon de soleil sur une feuille… Mieux vaut avoir l’œil !

© Carole DEROZIER

Et lorsqu’elles sont bien colorées, leurs couleurs sont parfois mimétiques avec leur support,  tout en indiquant à d’éventuels prédateurs qu’elles ne sont pas comestibles. Certaines se nourrissent en toute discrétion, cachées à l’intérieur des feuilles dans lesquelles elles s’enroulent, comme le Vulcain (Vanessa atalanta). D’autres se font passer pour… une fiente d’oiseau, comme Robert-le-diable (Polygonia c-album).

© Carole DEROZIER

Leurs poils, lorsqu’elles en sont couvertes, servent également à les protéger des prédateurs, mais aussi des chutes en leur servant d’amortisseurs. Dans ce cas, il vaut mieux éviter de les toucher, sous peine d’irritations parfois très graves (chenilles de Processionnaires du chêne ou du pin = DANGER ne pas approcher !)

© Carole DEROZIER

Les chenilles, larves des papillons, ne ressemblent pas aux adultes (imagos) qu’elles deviendront, en général leurs couleurs diffèrent complètement. Et elles ne sont pas plus faciles à identifier que les papillons…

© Carole DEROZIER

Si vous désirez connaître l’identité de l’une d’elles, observez plusieurs critères : le support, le comportement, la façon dont elle se déplace, la taille, la pilosité, le nombre de paires de vraies pattes et de fausses pattes (gare aux « fausses chenilles », qui sont en fait des larves d’hyménoptères).

© Carole DEROZIER

Observez bien votre chenille vue du dessus, de profil et de face car même la tête peut présenter des critères intéressants. N’hésitez pas à la photographier, si possible. Sachant que la chenille se développe par mues successives et que selon le stade de développement, elle peut parfois changer assez radicalement d’apparence…

© Carole DEROZIER (Saturnia pyri, stade 2 à droite, stade 3 à gauche)

© Carole DEROZIER

Alors, pour faire connaissance et approfondir le sujet, le plus simple reste l’élevage ! En effet, les chenilles représentent des possibilités d’observations multipliées, une autre façon d’observer, et leur élevage est une excellente façon d’apprendre à connaître de nouvelles espèces. L’envol de l’imago représente un moment magique. Si vous êtes tenté par l’élevage vous trouverez quelques conseils ici :

http://adepentomo.fr/elever-des-chenilles-un-jeu-denfant/

© Carole DEROZIER

Comportement atypique d’une grande sauterelle verte, Tettigonia viridissima (L., 1758).

Nous pouvons observer sur la photo ci-dessous, l’oviscape de cette femelle en position de ponte. Rien d’étonnant pour un adulte, mais ici, il s’agit d’une larve de grande sauterelle verte (bien qu’à un stade avancé du développement larvaire)… Remarquez la taille réduite des ailes qui dépasseront au stade imago, les genoux et l’abdomen.

Un comportement précoce (et inné) ?

Photos : L Colindre – Béthisy St Martin (60) le 27/06/2021.

Arthropodes & infrastructures agroécologiques en agriculture biologique, Ferme du développement durable, Herleville, Hauts-de-France.

M. Proot G., exploitant agricole, a fait appel en octobre 2019 à l’Association des Entomologistes de Picardie pour obtenir des éléments de valorisation de leurs actions menées en agriculture biologique, en particulier en faveur de la biodiversité. L’ ADEP a proposé la réalisation d’un état des lieux de la connaissance de neuf groupes d’arthropodes dans les infrastructures agroécologiques (I.A.E.) : haies, bandes enherbées et prairies temporaires, l’intérieur des parcelles de cultures n’étant pas concerné.

Télécharger le poster pour consulter les résultats. Rapport d’étude complet disponible sur demande au secrétariat.

Atlas de fourmis du Luxembourg

Pour les passionnés des fourmis, nous vous proposons de retrouver l’intégralité de l’atlas des fourmis du Luxembourg dirigé par notre collègue Philippe WEGNEZ.

Cet atlas myrmécologique est le résultat d’une recherche
quinquennale (2013–2017) menée sur l’ensemble du
territoire du Grand-Duché du Luxembourg et ciblant
tous les types de milieux possibles afin d’obtenir la
meilleure représentativité de la faune luxembourgeoise
des fourmis, avec leurs spécificités et exigences écologiques.
Une liste globale reprend les 66 espèces qui ont
été trouvées au Luxembourg depuis plus d’un siècle
avec une indication sur leur statut de conservation, des découvertes et une clé d’identification.

Mon merveilleux criquet et journée prenante, pleine de péripéties

Nous somme en aout 2008 précisément le 14, ce soir-là bien qu’étant à 50 kms à vol d’oiseau de Kourou, nous entendons le tir d’Ariane et même sentis des vibrations de sol. Ensuite quelques minutes plus tard nous avons assisté dans les cieux noirs à la séparation des réservoirs.

Photo : R. Boulanger

Cette nuit-là nous avions prévu une chasse dans une éclaircie marécageuse et prometteuse. Nous avons dîné tôt comme toujours car il se doit que le piège lumineux soit opérationnel dès 18h pour profiter des premiers insectes crépusculaires. Sur la piste, roulant trop vite, je ne peux éviter dans un virage un gros morceau de bois tombé, un des bouts formant un pointe et rentré dans le passage de roue droit de la Laguna et a terminé entre les jambes de mon passager. Plus de peur que de mal sauf au rendu de la location !

Nous arrivons à l’endroit repéré dans l’après-midi, au bout de la piste du PK28 sur la route de Kaw, mais à peine installé, nous sommes déjà assaillis par les moustiques. Étant debout près des lampes, ils nous laissent un peu tranquille mais  c’est une position inconfortable, malgré tout, nous collectons rapidement des odonates intéressants, une belle Hespérides ainsi qu’un papillon de jour assez rare Panacea bleuzeni sans doute dérangé de son support pour la nuit. Mais les agressions de moustiques sont insupportables. Par deux reprises nous nous réfugions dans la voiture, mais ils nous suivent et nous les tuons sur le tableau de bord et l’intérieur du pare-brise à coup de cartes routières. Nous essayons aussi de nous protéger avec des K-way mais ces petits vampires nous piquent tout de même au travers de nos pantalons et ainsi vêtus, avec  la chaleur, il est impossible de chasser correctement. Aussi,  nous abandonnons au bout de 2 heures cette chasse qui devait nous emmener au petit matin. Si nous avions insisté, on aurait retrouvé plus tard nos corps exsangues.

Comme tous les jours, cette journée avait commencé dès le lever du jour pour chasser le fabuleux Morpho Eugenia. Ensuite, nous avons arpenté la piste au Pk 40, trois ou quatre fois dans toute la longueur, collectant de-ci de-là une des neuf espèces de morpho présentent en Guyane, des gracieux heliconides et d’autres papillons et insectes. Avec de la chance un sphinx diurne.

Nous approchons midi et nous sommes sur le retour. A moins de 300 m de notre voiture, filet sur le dos, je presse le pas et je ne suis plus en action de chasse. Mais soudain à ma droite, quinze mètre devant moi ! Un petit éclair rouge-orange attire mon attention. Je me dirige vers l’endroit, mais rien, je me prépare à repartir mais instinctivement avec mon épuisette, je bouge les herbes du bas-côté et là, un superbe criquet s’envole et va se poser huit mètre plus loin, je veux le poursuivre, mais un fossé assez profond me fait obstacle et en voulant le franchir, dans la précipitation, je m’empierge dans les lianes au sol et je tombe lourdement. Je mets un certain temps à me relever et j’ai perdu mes repères, ou est-ce criquet ? S’il et encore là !

J’avance très doucement dans la direction qu’il avait prise et soudain il s’envole à cinquante centimètre de moi, je tente un coup filet, mais je raccroche le haut des herbes et je ne voie plus l’insecte. Je suis dépité car je n’avais jamais vue cette espèce de criquet et je ne l’ai d’ailleurs jamais revu lors de mes voyages suivants. Amer, je fais demi-tour mais je replace ma poche de filet et miracle, l’animal est dedans. Il aurait pu se sauver mais non, il attend sagement. C’est une énorme chance que j’ai réussi à attraper ce criquet dans ces conditions d’autant que j’étais certain de l’avoir raté.

Régis BOULANGER

Avant de prendre le temps de le mettre en sécurité, je serre la poche contre le manche de mon épuisette et je récupère, mon cœur bas la chamade, gros coup d’adrénaline surement.

Au bout de quelques minutes, je le collecte précautionneusement à la main et je le mets dans un bocal.

Ensuite je retraverse sans précipitations le fossé et je rejoins la voiture ou m’attend déjà mon compère. A la vue de ce superbe criquet, il sera admiratif et surement envieux.

Ce superbe et rare criquet se dénomme Aenelacris casternaulti.

Photo : R.B.

Merci à dame nature

Régis Boulanger

Observer les insectes

DISCOURS DE LA MÉTHODE

Ou comment l’on chasse et pourchasse les insectes et autres arthropodes pour les observer ou inventorier

Il existe toutes sortes de méthodes, utilisées par les entomologistes et naturalistes pour provoquer l’occasion de rencontrer leurs chères bestioles ; des procédés les plus aléatoires et hasardeux, du déploiement de moyens actifs, voire hyperactifs aux méthodes plus passives, voire passoires. Nous allons tenter ici d’en dresser un petit inventaire, non exhaustif, à destination des débutants et de tous les curieux de nature.

Illustration Noémie Derozier

LA RECHERCHE « À VUE » DE NUIT, avec une lampe torche ou une lampe frontale ; cette méthode combine l’attraction lumineuse au plaisir de la balade nocturne. De nombreux insectes, attirés par la lumière viennent volontiers se faire observer. Ah… les feux de la rampe !

Illustration Noémie Derozier

► LES FOUILLES PLUS POUSSÉES SUR LE TERRAIN : quand à la mauvaise saison ne volent plus que des feuilles mortes, on peut patienter en attendant le retour des beaux jours en débusquant les petites bêtes jusque dans leur refuge hivernal ; dans les souches, sous les écorces des arbres, dans les grottes et cavités et toutes sortes de cachettes (jusque dans les maisons).

Illustration Noémie Derozier

► LE FILET À PAPILLONS qui peut attraper au vol les papillons bien sûr, mais aussi de multiples familles d’insectes volants. Un « filet de voiture » a même été inventé : fixé sur une voiture, ce grand filet permet de capturer les insectes se déplaçant sur le trajet de la voiture. On peut bien sûr l’utiliser de nuit, l’éclairage des phares de la voiture attirant d’autant plus.

Illustration Noémie Derozier

► LE FILET TROUBLEAU  pour aller chercher les petites bêtes vivant au fond de l’eau ; ce petit filet, fixé au bout d’un manche solide, sera enfoncé dans les herbiers aquatiques et la vase dans lesquels vivent des coléoptères, punaises, larves de libellules, etc.

► LE FILET-FAUCHOIR, plus solide que le filet à papillons, il permet de ratisser les herbes basses en faisant un mouvement de va-et-vient pour y collecter les petites bêtes qui s’y trouvent.

Illustration Noémie Derozier

► LA MÉTHODE DU BATTAGE utilise le parapluie japonais, encore appelé nappe de chasse ; cet objet présente une toile plane sur une armature légère que l’on tient horizontalement sous les branches des arbres que l’on va battre pour en faire tomber chenilles, araignées, punaises et toutes sortes de petites bêtes qui se croyaient bien tranquilles.

Illustration Noémie Derozier

► LES TAMIS ; dispositifs permettant par exemple de filtrer la litière et de la séparer des multiples petits arthropodes cachés dedans. Indispensables pour l’étude des fourmis, par exemple. Certains tamis sont fixés au fond d’un filet-fauchoir pour que les bêtes capturées ne se sauvent pas illico.

► L’ÉLEVAGE (c’est-à-dire le nourrissage de chenilles et autres larves, ou la mise en caisse de bûches contenant des larves de coléoptères xylophages, par exemple) ; vous avez la fibre maternelle ? Alors adoptez une chenille, une larve de coléoptère, de punaise ou autre. Fournissez-lui les conditions nécessaires à sa jeune vie et attendez patiemment la fin des métamorphoses : vous pourrez alors découvrir qui se cachait derrière la jolie petite larve !

Illustration Noémie Derozier

► LA MÉTHODE DITE DE « LA MIELLÉE » ; il s’agit de concurrencer les sources nectarifères par une gourmandise savamment préparée et étalée pour y attirer les insectes, de jour comme de nuit. Chacun y va de sa recette, mêlant bière, confitures, jus de fruits, sucres, fruits avancés, vin rouge, miel et autres mixtures… mais chut ! La recette reste secrète, chacun la sienne ! Cette mixture sucrée peut être introduite dans une bouteille trouée et suspendue dont les insectes ne pourront ressortir. Il est également possible d’attirer certains coléoptères avec… de la truffe, m’sieurs dames, rien que ça !Ou les fourmis avec des rillettes de poisson ! Moins gourmande, mais particulièrement attirante pour les insectes nécrophages (= mangeurs de cadavres) : la pose d’un cadavre de petite bête en voie de décomposition pourra permettre d’observer les indispensables insectes nettoyeurs qui profitent de cette source de nourriture, dans laquelle ils peuvent également pondre leurs larves.

Illustration Noémie Derozier

– LE PIÉGEAGE PAR ATTRACTION LUMINEUSE (piège lumineux sur dispositif vertical, horizontal, pyramidal, cubique, etc.) ; autant d’entomologistes, autant de dispositifs ! Le principe restant de dérouter et détourner les insectes se déplaçant incognito la nuit en les attirant par une lumière spéciale (lampe led ou à UV) qui les incite irrésistiblement à se poser sur la surface réfléchissant la lumière (souvent un drap ou un mur blanc).

Illustration Noémie Derozier

► LE PIÉGEAGE PAR PHÉROMONE ; cette méthode permet de sélectionner d’avance l’espèce que l’on cherche à attirer au moyen d’une phéromone qui lui est propre. L’idée est de disposer un petit tube imprégné d’une imitation chimique de l’odeur émise par la femelle pour attirer les mâles et se reproduire (phéromone). Cette phéromone est mise dans une boîte dans laquelle le mâle va rentrer sans pouvoir en ressortir. On peut aussi utiliser une femelle vierge (c’est-à-dire venant d’éclore) pour attirer des mâles. Cette méthode fut notamment utilisée par Jean-Henri Fabre.

Illustration Noémie Derozier

– LES PIÈGES AU SOL : ce sont des pièges en forme de  gobelet, que l’on enterre au ras du sol, et qui contiennent soit un mélange attractif soit un mélange d’eau saturée de sel et d’un peu de liquide vaisselle permettant de conserver les bêtes qui coulent au fond. Cette méthode permet d’échantillonner les petites bêtes qui se déplacent au sol dans le secteur du piège. Il faut régulièrement venir récolter les insectes et araignées tombés dans le piège.

Illustration Noémie Derozier

► LA MÉTHODE DU PIÉGEAGE PAR COULEURS, dans le même registre, consiste à disposer au sol des récipients vivement colorés (jaune, bleu ou blanc) en fonction des familles d’insectes que l’on cherche à attirer. Un peu de liquide (eau salée pour la conservation + quelques gouttes de liquide vaisselle pour éviter que les insectes flottent à la surface du récipient) permettra de conserver les bêtes jusqu’au retour de l’observateur. Les rubans « tue-mouche » de nos grands-mères utilisaient cette attraction par la couleur, en piégeant non plus avec un liquide, mais avec une glu.

Illustration Noémie Derozier

► LES PIÈGES À INTERCEPTION : il s’agit de dispositifs la plupart du temps verticaux et invisibles (voilage, plastique transparent), situés sur la trajectoire des insectes, qui s’y engouffrent et sont ensuite capturés dans un réceptacle. Ce principe peut être décliné de multiples manières selon les matériaux et récipients utilisés. C’est le principe utilisé par la tente malaise, par exemple.

Etc. ! La plupart des objets décrits peuvent être bricolés par l’amateur et perfectionnés selon ses besoins et expériences, et même combinés entre eux. Par contre, les enfants veilleront à se faire accompagner d’adultes expérimentés, car les rencontres avec les bestioles ne sont pas toujours simples à gérer (frelons, guêpes, chenilles de processionnaires… sans parler des vilaines tiques).

Illustration Noémie Derozier

Pour une bonne pratique, respectueuse des espèces sensibles, l’amateur commencera par les techniques les plus douces, sans prélèvement, afin de perfectionner ses connaissances et de ne pas tuer inutilement les insectes dont chacun a désormais conscience que s’il est utile de les inventorier et de les mieux connaître pour les préserver, il faut également veiller activement à leur conservation et à celle de leurs milieux de vie : ils sont notre bien commun !

On l’a vu, les méthodes sont multiples, mais quelles que soient celles utilisées, le plus efficace est de les varier en fonction de la saison, du matériel à disposition, des milieux prospectés, des bêtes recherchées.

Avec une unique motivation : le plaisir de la découverte !

Les périodes d’essaimage des fourmis parasites du sous-genre Chthonolasius observées dans la région Hauts-de-France

Les périodes d’essaimage des fourmis parasites du sous-genre Chthonolasius sont ici étudiées dans le Nord de la France. Ce travail,
mené entre 2014 et 2020, permet de mieux comprendre leur stratégie de parasitage des espèces hôtes. Le rôle du piégeage dans
le cadre de l’étude de ce groupe d’insectes est souligné, notamment celui du piège lumineux qui semble être la technique la plus efficace pour détecter les individus appartenant à ce sous-genre. Les données recueillies permettent également de s’interroger sur
la valeur patrimoniale de ces espèces.

Photo de mise en avant : C. Lebas (AntArea).

ABC Noailles

CAP SUR NOAILLES ! (2)

Oh, punaise !

L’entomologiste qui fait un inventaire rêve bien entendu de rencontrer un grand nombre d’espèces d’insectes communs, mais espère surtout observer des petites bêtes un peu inédites pour lui et donc peu communes.


Ce fut le cas le dimanche 18 avril, lors de mes premières observations dans le cadre de l’ABC (Atlas de la Biodiversité Communale) organisé sur la commune de Noailles, où la visite d’un petit coteau m’a permis entre autres l’observation de quelques hémiptères :

Haematoloma dorsata (Ahrens, 1812) :

Photo : Carole Derozier

Deux exemplaires de ce joli Cercope furent obtenus au fauchage des herbes basses, non loin de petits résineux. Le Cercope fait partie de l’ordre des Hémiptères, comme les Punaises, Cigales, Pucerons ou Cochenilles. Il appartient à la famille des Homoptères. Il pond ses œufs à la base des tiges de graminées ou sur le sol pour cette espèce précise, ses larves s’enduisent ensuite pour se protéger d’une mousse blanche appelée « crachat de coucou » ; tout promeneur un peu attentif en a déjà remarqué. Ce Cercope particulier, dont la base des ailes est ourlée de rouge, se distingue ainsi facilement des deux autres espèces de Cercope, plus communes : Cercopis vulnerata Rossi, 1807, le Cercope sanguin, qui possède trois paires de taches rouges sur les élytres, dont un joli W vers le bas des ailes :

Photo : Carole Derozier

et Cercopis intermedia Kirschbaum, 1868, le Cercope intermédiaire, reconnaissable à  ses genoux rouges :

Photo : Carole Derozier

Peritrechus gracilicornis Puton, 1877 

Photo : Carole Derozier

Une petite punaise Lygaeidae (moins de 5 mm !), dans la famille des Ryparochromidae ; difficile à distinguer des autres espèces de Peritrechus, il faut ici regarder de très près la répartition des couleurs sur le pronotum et les élytres,  l’épaisseur du 3ème segment antennaire, les petites épines et la grande sur le tibia avant, la couleur des tibias arrière… Un genre compliqué à identifier ! Cette petite punaise affectionne les milieux secs.

Gonocerus juniperi, Herrich-Schäffer, 1839,

le Gonocère du genévrier :

Photo : Carole Derozier

Cette punaise au corps allongé appartient à la famille des Coreidae, au genre Gonocerus ; rouge et verte sur le dessus, elle est d’un vert presque jaune au-dessous. Relativement commune lorsque sa plante préférée est présente, il était logique de la trouver au battage de genévrier. Mais on peut également la rencontrer sur thuya.

Piezodorus lituratus (Fabricius, 1794)

la Punaise des genêts :

Photo : Carole Derozier

Trouvée au fauchage des herbes basses, non loin de pieds de genêts, sa plante préférée, cette jolie punaise de la famille des Pentatomidae peut revêtir des couleurs très variées, allant du vert jaune au brun doré, avec des touches de rouge, en fonction de sa maturité sexuelle et de la saison, mais toujours d’aspect brillant. Ses antennes sont orangées et le bord de son abdomen est de couleur vert jaune. Assez commune, il est cependant toujours plaisant de la rencontrer ; elle aime également les milieux secs.

Taphropeltus contractus (Herrich-Schäffer, 1835) :

Photo : Carole Derozier

Moins de 4 mm pour cette petite punaise appartenant aux Lygaeidae ; la tête se resserre derrière les yeux, qui sont proéminents, elle a de longs poils sur les fémurs avant. Elle affectionne les habitats secs. Celle-ci fut trouvée au tamisage de litière ; merci à Laurent notre myrmécologue de m’avoir permis de picorer dans son tamis !

Osphya bipunctata (Fabricius, 1775) :

Enfin, pour changer des Hémiptères, un joli et peu commun coléoptère, qui appartient à une petite famille peu connue, les Melandryidae.

Photo : Carole Derozier

Longiligne, de coloration variable selon le sexe, le pronotum est bordé de jaune presque translucide, les 2 premiers articles des antennes sont jaunes ainsi que le haut des pattes. Ce coléoptèrevraiment peu commun est surnommé le faux Cantharide ; en effet, il trompe son monde en ressemblant à un Cantharidae, mais il n’a pas leurré Jean-Claude Bocquillon, coléoptériste de l’ADEP, qui m’a aidée à l’identifier, merci à lui.













Cap sur Noailles !

Les premières sorties ont eu lieu ce WE pour un inventaire faunistique sur la commune de Noailles (Oise).
Bien entendu, les arthropodes sont au « menu » de l’étude menée par l’ADEP. Cet inventaire est l’occasion de mettre à jour la biodiversité à l’échelle communale.

Voici les premières photos en avant première !

Nous remercions chaleureusement Valentin pour son accompagnement sur le terrain.

Photo : L. Colindre

Ci-dessus : la « dream team » tout sourire du dimanche 18/04 : Ludivine, Adrien et Carole. Samedi 17/04 déjà, Alexis et Julie accompagnés de Valentin et d’Adrien avaient déjà investi les lieux.

Photo : L. Colindre

Différentes techniques sont utilisées pour découvrir le monde des insectes et araignées. Ici le filet entomologique.

Photo : Alexis Bliot

Un syrphe (ici, une femelle Xanthogramma citrofasciatum) : souvent confondu et pris pour une guêpe, il s’agit en fait d’une mouche pollinisatrice, indispensable à nos écosystèmes.

Photo : L. Colindre.
Photo L.Colindre.

Les premières découvertes. Ci-dessus : la minuscule fourmi « fugace » Solenopsis fugax (2 mm). Ci-dessous, une belle Hespérie se chauffant au soleil.

Photo : L.Colindre
Photo : L. Colindre

Le second site : un reliquat d’ourlet calcicole. Ces milieux sont essentiels pour y trouver des espèces d’intérêt patrimonial.

Ci-dessous Valentin nous rejoint et Laurent utilise un tamis portable (une autre technique pour révéler la pédofaune).

Photo : Carole Derozier
Photo : L. Colindre

Une journée bien agréable et ensoleillée qui s’achève sous l’œil vigilant d’une élégante fauvette grisette.

Souvenirs de Guyane : quatrième voyage entomologique, l’arrivée en forêt pour la première nuit.

Photo : R.B.

Il est déjà presque 17 h en cette journée du 10 avril 2011. Nous arrivons à l’entrée du PK 32 sur la route de Kaw. Déjà, nous avons derrière nous les longs préparatifs en métropole, les presque neuf heures d’avion, l’arrivée au-dessus de la forêt, moment magique de voir cette immensité verte avec des bouquets d’arbres fleuris. L’atterrissage toujours angoissant et les procédures de débarquement. Location de voiture, pas toujours simple en Guyane! Quelques courses à l’hyper du coin  et enfin, la très mauvaise route étroite et tortueuse depuis Roura. Mais nous voulons être opérationnels pour cette première nuit au drap. En cet endroit, nous avons fait quelques années précédentes des chasses de nuit riches et prenantes.

Nous nous engageons sur la piste. J’avais souvenir d’un espace ouvert ou volaient quantité de papillons dont les merveilleux Morpho et les fascinantes Héliconides mais les arbres se rejoignent maintenant faisant une voute sombre sur les trois quart de la longueur. La végétation racle la carrosserie de la camionnette. J’ai peine à reconnaitre l’endroit mais quelques topographies du terrain et autres indices m’indiquent que nous sommes sur la bonne piste. Enfin, au bout de quelques kilomètres périlleux à cause des grosses branches tombées et des ornières quelquefois profondes ou l’eau ravine, nous entrons dans la « queue de carpe », du moins ce qu’il en reste. Cet espace découvert formant un demi-rond au bout des pistes, créé pour les chargements et manœuvres des camions de grumes mesurait cinquante mètres de diamètre il y a encore quatre ans, il est réduit de moitié par la végétation qui reprend ses droits et des bouquets d’arbustes ont poussé en son centre de-ci de-là. Nous arrêtons le bruyant diesel de notre véhicule. Quel calme !

Photo : R.B.

Après quelque minutes d’adaptation, nous entendons les bruits et cris des animaux, insectes et batraciens surtout. Puis, à espaces réguliers, le cri typique et perçant du piauhau hurleur ou paypayo comme le nomme les autochtones. Il nous rappelle que nous sommes en forêt amazonienne. Pour moi, l’oiseau nous souhaite la bienvenue ! C’est à cet instant que commence vraiment mon séjour

Je repère deux gros rondins de bois, vestige du bucheronnage et qui ont servi jadis de sièges ou de tables. Comme à mon habitude, et comme je le fais  en bord de mer avec les rochers, même si ce n’est pas bien, je veux retourner ces morceaux. J’interpelle mes trois compères. Préparez-vous à attraper un lézard, scorpions ou autres pour les photos en faisant attention aux éventuels serpents !

Sous le premier, rien. Mais sous le second, un énorme ver de terre au frais. Sans hésitation je saisi le lombric mais il commence à rentrer dans un trou avec une force incroyable. Je peine à le retenir et cela dure de longues minutes avant qu’il ne relâche son effort. Enfin je peux le prendre en mains pour la photo, ce spécimen mesure pas loin d’un mètre quand il n’est pas contracté, mais il parait qu’il y en a encore de plus grands !  Au bout de quelques minutes, je le relâche et remets le morceau de bois en place.

Nous déployons le drap de chasse et allumons les lampes, il est dix-huit heures quinze, c’est déjà les prémices du crépuscule. Dans un quart d’heure, les ténèbres seront maitres des lieux.  Nous nous installons le plus confortablement possible pour les douze heures que dure la nuit à cette latitude tropicale et à la lumière du piège nous préparons un diner spartiate, Ti’ punch et cassoulet  froid ! Déjà quelques papillons et deux coléoptères  parsèment le drap blanc…. La nuit sera longue….et presque trois semaines d’aventures nous attendent !

Guyane, je t’aime

Souvenirs de Guyane- Janvier / février 2006 Premier voyage entomologique, marche en forêt

Lors de ce premier voyage très pluvieux, « Il n’a plu qu’une fois mais pendant trois semaines » comme l’a dit en plaisantant mon ami André, il était impossible de chasser certains jours. Il fallait donc trouver d’autres occupations. C’est ainsi que pendant une discussion autour de l’incontournable ti ’punch en soirée, Francis, l’ancien responsable du musée de la nature aux Pripri de Yiyi  nous a invité  à une longue excursion en forêt sur une grande propriété de plusieurs hectares lui appartenant.

Rendez-vous est pris tôt ce matin du trois février, nous partons à pied sous la pluie non sans être muni d’imperméables qui au final se révèleront plus encombrants qu’utiles

Comme dans les films de Tarzan visionnés dans ma jeunesse,  Francis ouvre la route à coups de sabre d’abattis et la colonne des sept aventuriers que nous sommes suit avec un espace de un à deux mètres entre chaque. Je ferme la marche ! Le terrain est accidenté et l’eau ravine la latérite du layon, c’est glissant d’autant que la pluie ne cesse pas. Des gros arbres tombés nous obligent à les contourner et pour certains à des escalades aventureuses voir dangereuses pour les franchir. Impossible de ne pas tomber de temps à autres. C’est éprouvant, d’autant qu’il ne faut absolument pas essayer de se raccrocher à la végétation environnante, certain troncs ou feuilles coupent comme des rasoirs, sans parler des épines, à croire que le bon dieu s’est débarrassé ici de ses boites d’épingles à la fin des six jours de la création du monde !

Parfois une crique plus ou moins large ou profonde nous barre la route, il nous faut chercher un passage, un gué, un tronc pour traverser et à plusieurs reprises, nous tournons en rond, nous revenons sur nos pas, tant  par endroit la configuration du terrain partiellement inondé forme des méandres ou des îles plus ou moins formées

La « jungle » de Francis est belle, la vraie forêt tropicale verte et luxuriante. Mais l’allure de la marche va trop vite car je voudrai collecter de-ci delà une bestiole sans perdre mes compagnons  de vue. Dès qu’un rayon de soleil perce les nuages, les insectes apparaissent. Là, dans une trouée, sur ma droite, à moins de trois mètres, une grosse Pepsis est posée sur le sable mais la végétation dense m’interdit même un écart, encore moins d’essayer sans risque d’attraper ce prédateur des mygales.

Pepsis attaquant une Mygale : Coll & photo : Régis Boulanger

Soudain, nous entendons un bruit inquiétant, surtout pour moi, allergique aux guêpes ! Un essaim d’hyménoptères, je reste un peu en recul, mais Francis nous rassure, pas de danger, ce sont des « taons-lézard » dit–il ! Effectivement, nous traversons la  zone ouverte ou volent des milliers de ces insectes, mais aucun ne nous agressent. En fait c’est plutôt une colonie et c’est la terre sableuse présente en cet endroit qui est la cause de ce rassemblement, ils y ont tous un terrier, leur nid individuel. Ils auraient la réputation de protéger l’homme en chassant les moustiques. Je décide d’en collecter quelque uns pour ma collection mais le terme taon, m’induit en erreur car je saisie un premier spécimen à pleine main et…. je me fais piquer … sans réaction allergique, heureusement ! En fait ce ne sont pas des taons (diptères) mais bien des hyménoptères comme les quatre ailes en témoignent. Il s’agit de Monedula signata (Bembicinae).

Nous arrivons à un endroit curieux où se sont formés des trous ronds dans la roche qui constitue le sol (photo ci-dessus). Ils sont plus ou moins profonds, remplis et recouvert de lentilles d’eau. Certain ne mesurent que quelques dizaines de centimètres de diamètre, mais d’autres dépassent largement un mètre. Un grand manche d’épuisette n’atteint pas le fond, mystère géologique ! Nos deux chasseurs de coléoptères aquatiques Pierre et Daniel se mettent à l’œuvre pour trouver la bête rare dans ces cuvettes naturelles. J’en profite pour chasser aux alentours. Je collecte entre autres des jolis petits fulgores Lystra pulverulenta (Olivier, 1791) avec des prolongations de cire blanche terminant leurs abdomens et je ne manque pas de récupérer dans les coups de troubleau des deux spécialistes ci-dessus nommés des grosses ranatres et des impressionnantes punaises aquatiques de la famille des Belostomatidae.

Lystra pulverulenta (Olivier, 1791) Coll. & photo : Régis Boulanger

Pour revenir au imperméables, certes ils protègent efficacement de la pluie, mais avec la température et la sueur, nous sommes autant trempés et de plus…. on crève de chaud ! Le mieux est encore de se laisser mouiller par la pluie qui au final sèche très vite. Cette balade à durée cinq bonnes heures et nous rentrons sur les genoux.

Gérard notre hôte et déjà revenu de son boulot, la bouteille de rhum et des petits citrons verts trônent sur la table, la fin de journée sera longue et riche des histoires de tout un chacun…..

Merci Francis