Archives de catégorie : Insectes d’ailleurs

Atlas de fourmis du Luxembourg

Pour les passionnés des fourmis, nous vous proposons de retrouver l’intégralité de l’atlas des fourmis du Luxembourg dirigé par notre collègue Philippe WEGNEZ.

Cet atlas myrmécologique est le résultat d’une recherche
quinquennale (2013–2017) menée sur l’ensemble du
territoire du Grand-Duché du Luxembourg et ciblant
tous les types de milieux possibles afin d’obtenir la
meilleure représentativité de la faune luxembourgeoise
des fourmis, avec leurs spécificités et exigences écologiques.
Une liste globale reprend les 66 espèces qui ont
été trouvées au Luxembourg depuis plus d’un siècle
avec une indication sur leur statut de conservation, des découvertes et une clé d’identification.

Mon merveilleux criquet et journée prenante, pleine de péripéties

Nous somme en aout 2008 précisément le 14, ce soir-là bien qu’étant à 50 kms à vol d’oiseau de Kourou, nous entendons le tir d’Ariane et même sentis des vibrations de sol. Ensuite quelques minutes plus tard nous avons assisté dans les cieux noirs à la séparation des réservoirs.

Photo : R. Boulanger

Cette nuit-là nous avions prévu une chasse dans une éclaircie marécageuse et prometteuse. Nous avons dîné tôt comme toujours car il se doit que le piège lumineux soit opérationnel dès 18h pour profiter des premiers insectes crépusculaires. Sur la piste, roulant trop vite, je ne peux éviter dans un virage un gros morceau de bois tombé, un des bouts formant un pointe et rentré dans le passage de roue droit de la Laguna et a terminé entre les jambes de mon passager. Plus de peur que de mal sauf au rendu de la location !

Nous arrivons à l’endroit repéré dans l’après-midi, au bout de la piste du PK28 sur la route de Kaw, mais à peine installé, nous sommes déjà assaillis par les moustiques. Étant debout près des lampes, ils nous laissent un peu tranquille mais  c’est une position inconfortable, malgré tout, nous collectons rapidement des odonates intéressants, une belle Hespérides ainsi qu’un papillon de jour assez rare Panacea bleuzeni sans doute dérangé de son support pour la nuit. Mais les agressions de moustiques sont insupportables. Par deux reprises nous nous réfugions dans la voiture, mais ils nous suivent et nous les tuons sur le tableau de bord et l’intérieur du pare-brise à coup de cartes routières. Nous essayons aussi de nous protéger avec des K-way mais ces petits vampires nous piquent tout de même au travers de nos pantalons et ainsi vêtus, avec  la chaleur, il est impossible de chasser correctement. Aussi,  nous abandonnons au bout de 2 heures cette chasse qui devait nous emmener au petit matin. Si nous avions insisté, on aurait retrouvé plus tard nos corps exsangues.

Comme tous les jours, cette journée avait commencé dès le lever du jour pour chasser le fabuleux Morpho Eugenia. Ensuite, nous avons arpenté la piste au Pk 40, trois ou quatre fois dans toute la longueur, collectant de-ci de-là une des neuf espèces de morpho présentent en Guyane, des gracieux heliconides et d’autres papillons et insectes. Avec de la chance un sphinx diurne.

Nous approchons midi et nous sommes sur le retour. A moins de 300 m de notre voiture, filet sur le dos, je presse le pas et je ne suis plus en action de chasse. Mais soudain à ma droite, quinze mètre devant moi ! Un petit éclair rouge-orange attire mon attention. Je me dirige vers l’endroit, mais rien, je me prépare à repartir mais instinctivement avec mon épuisette, je bouge les herbes du bas-côté et là, un superbe criquet s’envole et va se poser huit mètre plus loin, je veux le poursuivre, mais un fossé assez profond me fait obstacle et en voulant le franchir, dans la précipitation, je m’empierge dans les lianes au sol et je tombe lourdement. Je mets un certain temps à me relever et j’ai perdu mes repères, ou est-ce criquet ? S’il et encore là !

J’avance très doucement dans la direction qu’il avait prise et soudain il s’envole à cinquante centimètre de moi, je tente un coup filet, mais je raccroche le haut des herbes et je ne voie plus l’insecte. Je suis dépité car je n’avais jamais vue cette espèce de criquet et je ne l’ai d’ailleurs jamais revu lors de mes voyages suivants. Amer, je fais demi-tour mais je replace ma poche de filet et miracle, l’animal est dedans. Il aurait pu se sauver mais non, il attend sagement. C’est une énorme chance que j’ai réussi à attraper ce criquet dans ces conditions d’autant que j’étais certain de l’avoir raté.

Régis BOULANGER

Avant de prendre le temps de le mettre en sécurité, je serre la poche contre le manche de mon épuisette et je récupère, mon cœur bas la chamade, gros coup d’adrénaline surement.

Au bout de quelques minutes, je le collecte précautionneusement à la main et je le mets dans un bocal.

Ensuite je retraverse sans précipitations le fossé et je rejoins la voiture ou m’attend déjà mon compère. A la vue de ce superbe criquet, il sera admiratif et surement envieux.

Ce superbe et rare criquet se dénomme Aenelacris casternaulti.

Photo : R.B.

Merci à dame nature

Régis Boulanger

Souvenirs de Guyane : quatrième voyage entomologique, l’arrivée en forêt pour la première nuit.

Photo : R.B.

Il est déjà presque 17 h en cette journée du 10 avril 2011. Nous arrivons à l’entrée du PK 32 sur la route de Kaw. Déjà, nous avons derrière nous les longs préparatifs en métropole, les presque neuf heures d’avion, l’arrivée au-dessus de la forêt, moment magique de voir cette immensité verte avec des bouquets d’arbres fleuris. L’atterrissage toujours angoissant et les procédures de débarquement. Location de voiture, pas toujours simple en Guyane! Quelques courses à l’hyper du coin  et enfin, la très mauvaise route étroite et tortueuse depuis Roura. Mais nous voulons être opérationnels pour cette première nuit au drap. En cet endroit, nous avons fait quelques années précédentes des chasses de nuit riches et prenantes.

Nous nous engageons sur la piste. J’avais souvenir d’un espace ouvert ou volaient quantité de papillons dont les merveilleux Morpho et les fascinantes Héliconides mais les arbres se rejoignent maintenant faisant une voute sombre sur les trois quart de la longueur. La végétation racle la carrosserie de la camionnette. J’ai peine à reconnaitre l’endroit mais quelques topographies du terrain et autres indices m’indiquent que nous sommes sur la bonne piste. Enfin, au bout de quelques kilomètres périlleux à cause des grosses branches tombées et des ornières quelquefois profondes ou l’eau ravine, nous entrons dans la « queue de carpe », du moins ce qu’il en reste. Cet espace découvert formant un demi-rond au bout des pistes, créé pour les chargements et manœuvres des camions de grumes mesurait cinquante mètres de diamètre il y a encore quatre ans, il est réduit de moitié par la végétation qui reprend ses droits et des bouquets d’arbustes ont poussé en son centre de-ci de-là. Nous arrêtons le bruyant diesel de notre véhicule. Quel calme !

Photo : R.B.

Après quelque minutes d’adaptation, nous entendons les bruits et cris des animaux, insectes et batraciens surtout. Puis, à espaces réguliers, le cri typique et perçant du piauhau hurleur ou paypayo comme le nomme les autochtones. Il nous rappelle que nous sommes en forêt amazonienne. Pour moi, l’oiseau nous souhaite la bienvenue ! C’est à cet instant que commence vraiment mon séjour

Je repère deux gros rondins de bois, vestige du bucheronnage et qui ont servi jadis de sièges ou de tables. Comme à mon habitude, et comme je le fais  en bord de mer avec les rochers, même si ce n’est pas bien, je veux retourner ces morceaux. J’interpelle mes trois compères. Préparez-vous à attraper un lézard, scorpions ou autres pour les photos en faisant attention aux éventuels serpents !

Sous le premier, rien. Mais sous le second, un énorme ver de terre au frais. Sans hésitation je saisi le lombric mais il commence à rentrer dans un trou avec une force incroyable. Je peine à le retenir et cela dure de longues minutes avant qu’il ne relâche son effort. Enfin je peux le prendre en mains pour la photo, ce spécimen mesure pas loin d’un mètre quand il n’est pas contracté, mais il parait qu’il y en a encore de plus grands !  Au bout de quelques minutes, je le relâche et remets le morceau de bois en place.

Nous déployons le drap de chasse et allumons les lampes, il est dix-huit heures quinze, c’est déjà les prémices du crépuscule. Dans un quart d’heure, les ténèbres seront maitres des lieux.  Nous nous installons le plus confortablement possible pour les douze heures que dure la nuit à cette latitude tropicale et à la lumière du piège nous préparons un diner spartiate, Ti’ punch et cassoulet  froid ! Déjà quelques papillons et deux coléoptères  parsèment le drap blanc…. La nuit sera longue….et presque trois semaines d’aventures nous attendent !

Guyane, je t’aime

Souvenirs de Guyane- Janvier / février 2006 Premier voyage entomologique, marche en forêt

Lors de ce premier voyage très pluvieux, « Il n’a plu qu’une fois mais pendant trois semaines » comme l’a dit en plaisantant mon ami André, il était impossible de chasser certains jours. Il fallait donc trouver d’autres occupations. C’est ainsi que pendant une discussion autour de l’incontournable ti ’punch en soirée, Francis, l’ancien responsable du musée de la nature aux Pripri de Yiyi  nous a invité  à une longue excursion en forêt sur une grande propriété de plusieurs hectares lui appartenant.

Rendez-vous est pris tôt ce matin du trois février, nous partons à pied sous la pluie non sans être muni d’imperméables qui au final se révèleront plus encombrants qu’utiles

Comme dans les films de Tarzan visionnés dans ma jeunesse,  Francis ouvre la route à coups de sabre d’abattis et la colonne des sept aventuriers que nous sommes suit avec un espace de un à deux mètres entre chaque. Je ferme la marche ! Le terrain est accidenté et l’eau ravine la latérite du layon, c’est glissant d’autant que la pluie ne cesse pas. Des gros arbres tombés nous obligent à les contourner et pour certains à des escalades aventureuses voir dangereuses pour les franchir. Impossible de ne pas tomber de temps à autres. C’est éprouvant, d’autant qu’il ne faut absolument pas essayer de se raccrocher à la végétation environnante, certain troncs ou feuilles coupent comme des rasoirs, sans parler des épines, à croire que le bon dieu s’est débarrassé ici de ses boites d’épingles à la fin des six jours de la création du monde !

Parfois une crique plus ou moins large ou profonde nous barre la route, il nous faut chercher un passage, un gué, un tronc pour traverser et à plusieurs reprises, nous tournons en rond, nous revenons sur nos pas, tant  par endroit la configuration du terrain partiellement inondé forme des méandres ou des îles plus ou moins formées

La « jungle » de Francis est belle, la vraie forêt tropicale verte et luxuriante. Mais l’allure de la marche va trop vite car je voudrai collecter de-ci delà une bestiole sans perdre mes compagnons  de vue. Dès qu’un rayon de soleil perce les nuages, les insectes apparaissent. Là, dans une trouée, sur ma droite, à moins de trois mètres, une grosse Pepsis est posée sur le sable mais la végétation dense m’interdit même un écart, encore moins d’essayer sans risque d’attraper ce prédateur des mygales.

Pepsis attaquant une Mygale : Coll & photo : Régis Boulanger

Soudain, nous entendons un bruit inquiétant, surtout pour moi, allergique aux guêpes ! Un essaim d’hyménoptères, je reste un peu en recul, mais Francis nous rassure, pas de danger, ce sont des « taons-lézard » dit–il ! Effectivement, nous traversons la  zone ouverte ou volent des milliers de ces insectes, mais aucun ne nous agressent. En fait c’est plutôt une colonie et c’est la terre sableuse présente en cet endroit qui est la cause de ce rassemblement, ils y ont tous un terrier, leur nid individuel. Ils auraient la réputation de protéger l’homme en chassant les moustiques. Je décide d’en collecter quelque uns pour ma collection mais le terme taon, m’induit en erreur car je saisie un premier spécimen à pleine main et…. je me fais piquer … sans réaction allergique, heureusement ! En fait ce ne sont pas des taons (diptères) mais bien des hyménoptères comme les quatre ailes en témoignent. Il s’agit de Monedula signata (Bembicinae).

Nous arrivons à un endroit curieux où se sont formés des trous ronds dans la roche qui constitue le sol (photo ci-dessus). Ils sont plus ou moins profonds, remplis et recouvert de lentilles d’eau. Certain ne mesurent que quelques dizaines de centimètres de diamètre, mais d’autres dépassent largement un mètre. Un grand manche d’épuisette n’atteint pas le fond, mystère géologique ! Nos deux chasseurs de coléoptères aquatiques Pierre et Daniel se mettent à l’œuvre pour trouver la bête rare dans ces cuvettes naturelles. J’en profite pour chasser aux alentours. Je collecte entre autres des jolis petits fulgores Lystra pulverulenta (Olivier, 1791) avec des prolongations de cire blanche terminant leurs abdomens et je ne manque pas de récupérer dans les coups de troubleau des deux spécialistes ci-dessus nommés des grosses ranatres et des impressionnantes punaises aquatiques de la famille des Belostomatidae.

Lystra pulverulenta (Olivier, 1791) Coll. & photo : Régis Boulanger

Pour revenir au imperméables, certes ils protègent efficacement de la pluie, mais avec la température et la sueur, nous sommes autant trempés et de plus…. on crève de chaud ! Le mieux est encore de se laisser mouiller par la pluie qui au final sèche très vite. Cette balade à durée cinq bonnes heures et nous rentrons sur les genoux.

Gérard notre hôte et déjà revenu de son boulot, la bouteille de rhum et des petits citrons verts trônent sur la table, la fin de journée sera longue et riche des histoires de tout un chacun…..

Merci Francis

Souvenirs de Guyane : Partie 1

Octobre 2017, Les morpho (suivi du chant du Paypayo)

Nous sommes au Pk 48, piste prenant naissance sur la toute de Kaw. Il est onze heures en ce lundi vingt-trois octobre et le soleil commence à peser. Nous chassons les papillons depuis l’aube, avec une nuit au drap de chasse derrière nous.  Mon ami Gilles et mon fils traquent uniquement les splendides Morpho.

Morpho hecuba hecuba MHNT dos.jpg
Morpho hecuba Didier Descouens – Own work sous licence CC BY-SA 4.0

Positionné en bordure de piste, je vois de loin arriver un grand planeur (Morpho hecuba). Il est encore à plus de cinquante mètres et Gilles est placé entre moi et le lépidoptère. Mon complice l’aperçoit et commence alors un jeu de duperie fantastique. Mon ami est venu avec toute une série de leurres qu’il a fabriqués en métropole, il s’agit de faux papillons en plaquette de bois recouvert de divers papiers colorés bleu électrique et d’autres matières, toile des ballons de baudruche par exemple. Mais ce qui parait être à l’image des canards en bois, pour certains taillés grossièrement et utilisés par les chasseurs de gibiers d’eau. Le matériel de Gilles est savamment élaboré, il y en a pour toutes les sortes de Morpho et même des différents pour certaine espèce en fonction de l’heure et du comportement de l’insecte. J’ai moi aussi déjà attrapé quelques Morpho rhetenor ou  menelaus avec des faux papillons en carton bleu, mais il devait s’agir de spécimens suicidaires! Revenons à cet hecuba, il arrive maintenant à dix pas de Gilles et à environ cinq mètres de haut et ne semble aucunement sensible aux agissements de mon ami qui fait, il me parait, des demi-moulinets horizontales avec son leurre, l’épuisette dans l’autre main. Le papillon s’avère ne manifester aucun intérêt à ce qui devrait être pour lui un mâle concurrent, il donne un coup d’aile de temps à autre pour maintenir son vol plané et décroche d’un petit mètre de temps en temps pour enfin revenir à sa hauteur de croisière, il passe au-dessus de mon ami et se rapproche de moi. A cette hauteur, je ne peux même pas espérer tenter un coup de filet. Je reste immobile à regarder ce splendide papillon. Gilles n’a pas dit son dernier mot et change de leurre, il se rapproche de moi et agite maintenant l’engin en faisant des mouvements différents et plus amples. Soudain, alors que le lépidoptère est juste à ma hauteur, il décroche de deux mètres en faisant  demi-tour et fonce droit sur Gilles. Un majestueux et ample coup de filet et hop ! Le papillon est pris. Le jeu a duré presque dix minutes et j’aurai parié que ce Morpho continuerait son chemin. On pourra toujours dire que c’est la chance, le hasard, mais Gilles m’en fera plusieurs fois l’expérience. Il maitrise à merveille ce que je considère comme un art… similaire à la tauromachie d’une certaine façon.

Description de cette image, également commentée ci-après
Morpho rhetenor rhetenor – Face dorsale Didier Descouens sous licence CC BY-SA 4.0

Les matins au lever du jour, c’est le Morpho eugenia qui ne vole qu’un quart d’heure, qui est l’objet de nos attentions. Ensuite au fur et à mesure que la journée s’écoule, les espèces se succèdent l’une après l’autres. Nous sommes depuis plus d’une semaine en Guyane, et Gilles tente d’apprendre cet art à mon fils. Deux jours plus tard, alors que le soleil joue à cache-cache avec les nuages, lors des éclaircies, Florent se démène sur la piste pour essayer de faire descendre des Morpho assez abondant en cette deuxième partie de matinée, ce sont cette fois des rhetenor. Il agite son leurre un peu de façon désordonné il me semble et surtout je croie de façon trop ample, mais plusieurs papillons sont déjà venus à lui. Soudain un  volontaire lui descend droit dessus. Florent rate son coup et trébuche, le Morpho fait demi-tour et attaque mon fils par derrière,  Il lui frôle le chapeau. Florent, excédé par la bravoure de l’insecte, le poursuit à la course, mais rapide, le papillon gagnera cette fois la partie.

Vers la fin du séjour, Florent est plus aguerri. Il ne lâche pas Gilles de la journée et les deux compères se font un plaisir immense. Florent aura passé un merveilleux séjour et sans exceller dans la pratique autant que Gilles, ses résultats n’en sont pas moins respectables.

Merci Gilles pour ces moments de ravissement donnés à mon fils.

Le chant du Paypayo

Le puissant chant de cet oiseau mythique des forêts tropicales amazoniennes et plus particulièrement pour ma part de Guyane française, est comme un signe de ralliement, mon chant des sirènes ! Il me manque de l’entendre (au point que je l‘ai mis quelques temps en sonnerie de mon portable). Mais, au-delà du chant très spécifique de cet oiseau, je crois que c’est l’appel de la Guyane qui soit pour moi le véritable attrait de cette mélodie de quelques notes que l’on n’oublie pas.

Appelé Paypayo par les autochtones, son nom vernaculaire est le Piauhau hurleur et Lipaugus vociferans pour son nom latin, c’est un  petit oiseau gris de 25 à 28 cm de l’ordre des Passeriformes et de la famille des Cotingidae qui regroupent aussi les Cop-de-roche, les Cotinga et plus de soixante espèces d’autres oiseaux plus ou moins colorés.

Lipaugus vociferans - Screaming Piha; Manaus, Amazonas, Brazil.jpg
Piauhau hurleur (Lipaugus vociferans) Hector Bottai – Own work photo sous licence CC BY-SA 4.0
chant de l’oiseau : XC105496 · Piauhau hurleur · Lipaugus vociferans, sous licence CC Patrick INGREMEAU

Il chante haut dans la  futaie, et lors de mes séjours dans ce département français, muni de jumelles et d’un appareil photo, malgré plusieurs approches silencieuses difficiles et parfois longues car il s’entend de loin, je n’ai jamais eu la chance de le voir étant même parfois au-dessous de son perchoir. Il faut dire que la végétation luxuriante annule presque tout espoir de l’apercevoir dans les frondaisons.

Parfois, deux ou trois mâles dans un même secteur jouent de concert et se répondent à espaces réguliers. Mais, bien que perçants et atypiques, ces cris ne sont pas dérangeants. Le matin, ils attendent que le soleil inonde la forêt et que l’air se réchauffe avant de lancer les premiers cris, bien après les toucans, qui eux, à peine le jour levé, se régalent bruyamment des baies de wassei ou palmiers açaï

J’ai hâte de mon prochain rendez-vous avec cet oiseau….

A Gérard, Michel, Jean-Bernard … amis perdus !

Régis Boulanger

Régis Boulanger et Nephila clavipes, PK 40 Route de Kaw Guyane Française.

Les Punaises du Loiret

Hémiptères Pentatomoïdes par Jean-David Chapelin-Viscardi, Michel Binon, Jean-Claude Gagnepain et Julie Leroy. Une coédition de la Revue L’Entomologiste et de la Société pour le Muséum d’Orléans et les Sciences (So.MOS). Publié en 2020.

Un ouvrage de référence
• Un état des lieux de la faune historique et contemporaine dans le département
• Une synthèse de plus de 6 000 observations loirétaines
• Fruit de 5 années de travail d’analyse, d’illustration et de rédaction

66 espèces traitées et illustrées :
• 58 espèces contemporaines
• 8 espèces non revues depuis au moins 30 ans

Un beau livre :
• Format à la française 16 × 24 cm
• 232 pages
• Plus de 200 photographies couleurs
• Près de 70 cartes

25 euros (hors frais de port)

Pour en savoir plus :

https://somosorleans.org/ouvrages/

Pièges à frelons, attention aux amalgames !

Dans la revue de l’ARC (Agglomération de la Région de Compiègne) bulletin annuel 2020 est paru un encart page 27 : Notons la distribution de 2000 pièges à frelons asiatiques. Nous voulions revenir sur ce point. Un article très instructif réalisé dernièrement et paru dans le dernier bulletin de l’ADEP, nous apprend que sur 365 arthropodes piégés, on comptait seulement 16 frelons asiatiques ! Je vous laisse donc le soin de multiplier ces chiffres par 2000… La lutte contre le frelon asiatique ne doit pas faire oublier que bien d’autres insectes pollinisateurs sont sacrifiés (158 hyménoptères, 126 diptères etc) prouvant que l’alcool n’éloigne pas les abeilles….Il n’est donc pas nécessaire de faire plus de mal et déconseillé de pratiquer ce piégeage.

Aproceros leucopoda Takeuchi, 1939, la Tenthrède zigzag

(Hymenoptera, Symphyta, Tenthredinoidae, Argidae)

Originaire d’Asie, l’espèce s’est rapidement répandue en Europe de l’Est dès 2003 (Bull. SV, 2018) : Hongrie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Ukraine, Serbie, etc. et maintenant l’Europe de l’Ouest : Italie, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Belgique (en 2013), France dès 2017 (Legrand, 2017).

La première donnée confirmée dans l’Oise nous provient de notre collègue J.-L. Hercent à Villers St Paul (Oise, 60) en 2018, puis l’espèce est redécouverte cette année par M. T’Flachebba toujours dans l’Oise.

En Italie, les études démontrent que le transport routier est bien l’une des principales causes de dispersion rapide de l’insecte dans le pays. Des ormes défoliés ont été observés dans les zones de stationnement d’autoroute où les véhicules (voitures et camions) s’arrêtent souvent en transit en provenance d’Europe centrale (Zandigiacomo et al, 2011).

Imago.  Cliché : Thomas Legrand, photo sous licence CC BY NC

L’espèce est multivoltine et produit probablement au moins quatre générations par an.  Sa reproduction est donc rapide et les larves sont nombreuses (Zandigiacomo et al, 2011). Ces dernières, exclusivement phytophages, s’attaquent aux populations d’ormes (Ulmus).

Larve. Stephan M. Blank (2009) photo sous licence CC BY SA 3.0 

La graphiose de l’orme qui a atteint l’Europe depuis les années 70 a déjà éliminé une grande partie des ormes adultes. Nul doute que les jeunes populations subsistantes d’ormes lisses ou blancs (Ulmus laevis Pall., 1784) et d’ormes champêtres (Ulmus minor Mill., 1768) encore présentes dans nos régions, n’avaient pas besoin de ça…

Le « zig-zag » d’où est tiré le nom vernaculaire, évoque les dessins caractéristiques que réalisent les larves (= fausses chenilles) en s’alimentant (cf. photo ci-dessous).

Cliché de Mathieu T’Flachebba

Ci-dessus, détail de la photo sous contraste qui permet de mieux voir la forme caractéristique de la découpe.

Il s’agit d’un insecte que nous pouvons facilement identifier lors de nos inventaires du moins au stade larvaire. A ce jour, les informations sur sa dispersion sont fragmentaires et nous ne connaissons pas encore l’impact de cet hyménoptère invasif sur les ormes. L’espèce est saisissable dans la banque de données ClicNat, ce qui permettra rapidement de mieux appréhender le phénomène.

A suivre…

Remerciements à Mathieu T’Flachebba pour l’utilisation de sa photo.

Bibliographie et sites internet :

ZANDIGIACOMO P, CARGNUS E, VILLANI A. (2011) – First record of the invasive sawfly Aproceros leucopoda infesting elms in Italy. Bulletin de Insectology 64 ( 1): 145-149.

LEGRAND T, (2017) – Nouvelle espèce invasive pour la France, La Tenthrède zigzag de l’orme AprocerosleucopodaTakeuchi, 1939 (Hymenoptera, Tenthredinoidea, Argidae). Bulletin de la Société Entomologique du Nord de la France, n°365 –4ème trimestre 2017, pp. 10-12

BSV Jardins et espaces verts, Hauts-de-France (2018). La Tenthrède zigzag de l’orme présente en France. Lettre N°3. Site : http://draaf.hauts-de-france.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/BSV_JEV_HdeF_no3_cle49a891.pdf

Lien ClicNat de l’espèce : http://www.clicnat.fr/?page=fiche&id=12545

Inventaire entomologique cantonal

Inventorier les espèces de son jardin, bon nombre d’entomologistes et de naturalistes le font régulièrement voire quotidiennement. Inventorier les espèces d’une commune c’est aussi assez fréquent. Par contre, inventorier les espèces à l’échelle d’un canton entier c’est déjà plus rare, le temps à investir étant beaucoup plus important. C’est pourtant ce qui est actuellement entrepris dans le canton de Noailles (Oise) où les 21 communes sont scrutées pour avoir une liste la plus exhaustive possible des espèces qui vivent sur ce territoire. L’inventaire n’est d’ailleurs pas limité strictement aux Insecta ni même aux Arthropoda. Tout le règne animal est examiné dans la limite des compétences des personnes participant quotidiennement ou ponctuellement à l’inventaire. Oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, mollusques… tout y passe même s’il faut bien le souligner, l’objectif premier reste les insectes. Pour cette année 2019, plusieurs objectifs ont été mis en avant. En premier lieu: compulser les archives et carnets de terrain des années passées pour y retrouver les observations entomologiques en attente d’être valorisées. Il y en a beaucoup. Au moment d’écrire ces lignes, les recherches sont déjà remontées à l’été 2010 et ce sont plus de 22000 données de près de 1300 espèces qui ont été ainsi prises en considération. En second lieu: tenter d’homogénéiser au moins un peu les prospections sur l’ensemble du territoire cantonal car il faut bien le dire (l’écrire), jusqu’à présent les recherches ont été très ciblées sur 6 ou 7 communes qui à elles seules regroupent 90% des données. L’objectif de l’année 2019 est donc que toutes les communes du canton soient renseignées chacune pour un minimum de 200 espèces (sans limite supérieure évidemment). Ce deuxième objectif reste encore difficile à atteindre pour 14 communes mais il est maintenant dépassé pour les communes de Noailles, Warluis, Villers-Saint-Sépulcre, Laboissière-en-Thelle, Hermes, Berthecourt et Silly-Tillard. Plusieurs autres communes sont en bonne voie avec des recensement compris entre 174 et 193 espèces: Mortefontaine-en-Thelle, Cauvigny, Ponchon, Sainte-Geneviève, Lachapelle-Saint-Pierre, Ponchon ou encore Montreuil-sur-Thérain. En troisième lieu: réussir à trouver encore suffisamment de nouvelles espèces dans la commune la mieux renseignée à l’heure actuelle pour que la diversité animale connue dépasse les 1000 espèces. Actuellement renseignée pour 916 espèces, des inventaires complémentaires approfondis sont en cours et espérons le vont conduire rapidement à passer ce plafond symbolique.

Nombreux sont d’ailleurs les observateurs qui ont contribué à la réalisation de cet inventaire cantonal. Nul besoin de les nommer ici, ils se reconnaîtront. Par contre, il faut les remercier pour leur contribution qu’elle soit unique ou multiple car sans leur aide et sans leurs encouragements ce projet titanesque ne serait pas aussi avancé.

La participation n’étant pas strictement limitée aux adepiens, les personnes qui souhaiteraient participer ponctuellement à cet inventaire cantonal, peuvent se signaler auprès de l’association.

Semaine Mondiale de l’Education BIC

Dans le cadre de son engagement de Développement Durable d’améliorer les conditions d’apprentissage de plus de 250 millions d’enfants dans le monde à horizon 2025, BIC a organisé du 1er au 5 Octobre 2018 la première édition de la “Semaine Mondiale de l’Education BIC”.  Pendant toute la semaine, tous les collaborateurs de BIC à travers le monde ont eu la possibilité de consacrer une journée de travail à des actions permettant d’améliorer les conditions d’apprentissage des enfants et étudiants près de chez eux.

Ainsi, le 04 octobre 2018, Bic Rasoirs a décidé de s’investir pour les enfants de Verberie.

Dans un contexte mondial assez alarmant concernant la biodiversité, Bic Rasoirs a eu l’idée de faire découvrir la signification de ce terme à la classe de CM1 et la classe de CM2 de l’école des remparts. Bic Rasoirs a profité de la friche attenante au site et d’une collaboration avec l’ADEP (Association Des Entomologistes de Picardie) pour organiser une journée à la découverte de la biodiversité au travers des arthropodes.

A travers différentes activités ludiques et pratiques, la biodiversité ainsi que l’utilité des friches ont été expliquées. Les ateliers « chasses » et loupes binoculaires ont fait découvrir les multiples différences et très nombreuses formes de vie présentes dans la friche. Les enfants ont fait fi de leurs craintes pour capturer temporairement des scarabées, araignées et autres « toutes relatives » petites bêtes afin de les observer.

 

 

 

 

Un carnet recueillant informations, jeux, zones de notes et une clé d’identification des arthropodes a été remis à chaque enfant. Un diplôme nominatif attestant de leur participation a été distribué à la fin des animations.

Pour le plaisir des enfants, le bonhomme Bic avait décidé d’être de la partie et a distribué des lots de produits d’écriture à chaque enfant des classes présentes. Pour les autres, il s’est déplacé à l’école primaire des remparts.

 

 

Photos : Marina Chavernoz et ADEP

Papillons : un site spécialement dédié

 

 

Notre collègue et ami Dominick PRUVOST, s’est lancé dans la construction d’un site internet dédié à l’ensemble des papillons vivants sur notre planète.

Vous retrouverez ci-dessous un extrait et bien sur le lien :

https://www.lepidop-terra.fr/

        « Le but de ce site est de vous présenter l’ensemble d’un très gros travail de fond (répertorier toutes les espèces de papillons vivant sur notre planète) afin que celui-ci ne reste pas une œuvre inutile  et sans suite. J’espère qu’il pourra grandement aider les entomologistes amateurs et professionnels en leur fournissant une quantité importante de données provenant de mes captures personnelles et de renseignements compilés en consultant un grand nombre d’ouvrages spécialisés et de sites internet.

Cela a demandé beaucoup de temps en vérifications et recoupements car malheureusement, en particulier sur internet, on trouve de nombreuses erreurs scientifiques mais j’espère en avoir fait le moins possible. Il y en aura inévitablement étant donnée l’importance du travail, que les spécialistes veuillent me le pardonner et me faire part des corrections nécessaires !

       La présentation de ce travail a été réalisée pour une partie sous forme de tableaux Excel que tous ceux qui accéderont à ce site pourront consulter et pour l’autre sous forme de documents photographiques effectués à partir de spécimens provenant de ma collection personnelle ou de celle d’autres collègues qui ont souhaité s’y associer.

Avertissement : le site est encore en cours de construction. Certaines parties sont donc incomplètes et seront complétées dans les semaines voire les mois à venir ».

D. Pruvost.