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article traitant de fourmis

Portrait d’entomologiste : Claire Villemant

Claire Villemant, maître de conférence et spécialiste des hyménoptères au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, a donné une conférence sur le thème du métier d’entomologiste jeudi 14 juin, Salle des Noues, à Verneuil en Halatte. Spécialiste des guêpes parasitoïdes (Tordicidae), elle met au jour les complexes parasitaires, les réseaux et leurs relations. Elle est également responsable des collections du MNHN.

Cette  conférence a été initiée par l’association L’agrion de l’Oise lors de sa 17ème réunion trimestrielle.

Plusieurs thèmes ont été abordés parmi lesquels le cursus exceptionnel qu’elle a suivi pour en être arrivé là, mais aussi la gestion des collections d’Hyménoptères du Muséum (1 million de spécimens à s’occuper, fruits de collections privées ou de missions partout dans le monde, 2000 nids de guêpes, abeilles, termites…, plusieurs milliers de galles, etc). La préparation du matériel pour des prêts aux chercheurs du monde entier qui en font la demande. Claire Villemant et sa collaboratrice, sont pourtant seules à prendre en charge ce travail colossal !

A ceci s’ajoute la diffusion des connaissances. Administratrice de l’OPIE, elle détermine, diffuse nombre de découvertes exceptionnelles, participe à de nombreux ouvrages et est sollicitée pour la relecture d’articles scientifiques, thèses ou des ouvrages à destination du grand public comme, entre autre, « le journal le plus lu dans les terriers » : « la Hulotte » bien sûr !

Son travail ne s’arrête pas là, loin s’en faut. L’étude de la biodiversité est une mission d’importance. Elle participe aux expéditions autour du globe dans les milieux encore vierges où l’Homme n’a pas (encore) mis le pied. Elle rappelle l’étude allemande sur l’érosion de l’entomofaune (article à consulter sur notre site), les problématiques de déforestation, de monoculture et de pollution.

La seconde partie de la conférence bardée d’anecdotes et d’informations « croustillantes » fut consacrée au Frelon asiatique Vespa velutina Lepeletier, 1836 dont elle suit l’irrémédiable expansion en France et en Europe.

La gentillesse de la conférencière, ses explications et son expérience ne pouvaient qu’enchanter le public, malheureusement trop peu nombreux compte tenu des enjeux environnementaux et économiques qui en découlent…

 

Photo : L Colindre avec l’aimable autorisation de Mme Claire Villemant.

 

Quelques fourmis (et autres !) du Nicaragua et du Costa Rica.

Photos et textes : L. Colindre – 04-05/2018

 

 

Nichés en plein cœur de l’Amérique centrale, les deux pays frontaliers n’ont rien à s’envier : une chaîne volcanique commune, une forêt tropicale humide et sèche, deux côtes océaniques, une situation géographique d’intérêt, etc. J’y rajoute également une beauté des paysages à couper le souffle.

Nous pourrions donc en déduire que la biodiversité devrait être similaire. Pourtant, si le Costa-Rica fait l’objet de nombreux projets de recherches scientifiques et technologiques, il en n’est pas de même pour le Nicaragua.

Concernant les fourmis, la base AntWeb arrêtée au 07/05/2018  (https://www.antweb.org/) identifie pour le Costa Rica, 107 genres, 1032 espèces (dont 117 endémiques et 16 introduites) contre 91 genres, 464 espèces (dont 6 endémiques et 9 introduites) au Nicaragua. Le différentiel est d’importance, qui plus est, quand on sait que la superficie de ce dernier pays est 2.5 fois supérieure au Costa-Rica.

L’ouverture récente du Nicaragua permettra sans doute d’y révéler une biodiversité tout au moins identique à son voisin. Espérons que les derniers évènements politico-sociaux ne viennent pas gâcher les efforts réalisés en ce sens…

Ecrin de verdure. Costa-Rica ; forêt tropicale humide.

Nicaragua : lac du cratère (volcan Apoyo) et volcan Mombacho en arrière plan. Forêt tropicale sèche.

 

Hyménoptères / Formicidae :

Les fourmis « légionnaires » ou fourmis « nomades » se déplacent en colonnes rangées impressionnantes de plusieurs mètres de long (constituées de 100 000 à 750 000 individus, Passera 2008). Elles dévorent (et par conséquent nettoyent) tout ce qui passe sur leur chemin. Elles ne laissent pas indifférent quand on croise leur chemin. Leur piqure est douloureuse (je l’ai testé pour vous !). Si on peut comparer l’intensité de la piqure à celle d’une guêpe, la différence est nette dans sa durée. Plus de 5 à 7 minutes après, la douleur est encore vive puis s’estompe sans autre conséquence.

 

Fourmi légionnaire du genre « Eciton ». Ici un soldat aux mandibules démesurées (que les Indiens d’Amérique du Sud utilisent pour suturer les plaies en se faisant mordre puis en arrachant le corps et laissant la tête !). Sur la photo on peut distinguer une ouvrière « media » juste en-dessous. Le polymorphisme est particulièrement important chez ces espèces avec plus de 4 castes décrites.

Les espèces de fourmis dites « champignonnistes » (« Zompopa ») appartiennent principalement aux genres Atta et Acromyrmex (Formicidae/Myrmicinae).

Ne digérant pas la cellulose, les fourmis cultivent un champignon qui fait le travail pour leur compte. Pour le cultiver, elles collectent des morceaux de feuilles puis les transportent dans la fourmilière (cf. photo ci-dessous), un nid de structure complexe et souvent très grand. L’impact sur la végétation alentour est considérable (8775 kg / hectar /an pour un nid important d’Atta en Amérique du Sud, Passera 2008). Néanmoins elles assurent également par ce moyen, l’aération et la régénération des sols souvent pauvres. Les ouvrières « minors » se chargent de réduire les feuilles afin que le champignon puisse s’y développer. Cette cellulose apporte alors le sucre dont le couvain des fourmis à besoin.

En échange, elles assurent au champignon une protection contre d’autres champignons pathogènes (les fourmis possédant des glandes antibactériennes), facilitent son implantation dans la litière du nid et assurent sa dissémination lors des essaimages.

 

Il existe trois castes d’ouvrières (et probablement des « sous-castes ») : les ouvrières minors (2-4 mm) qui s’occupent du couvain ainsi que du nettoyage du nid. Les ouvrières médias (5-10mm) qui récoltent et les ouvrières majors ou soldats (>10mm), protégeant la fourmilière dès qu’il y a danger. Il suffit de taper du pied proche de l’entrée du nid pour que les ouvrières majors en sortent instantanément. Elles sont facilement reconnaissables à leur large tête et à leurs fortes mandibules. Une amie qui a voulue manipuler un soldat l’a su très rapidement avec une coupure sur un doigt (merci Christelle pour cette expérience !!). Elles sont en outre quasiment les seules à tenir tête aux fourmis légionnaires…

Ouvrière major du genre Atta ou Acromyrmex.

 

La fourmi « balle de fusil » (Paraponera clavata, ci-dessous), est une très grosse ponéromorphe. Gare aux étourdis qui mettraient la main dessus ! (d’où le patronyme comparant la douleur à une balle reçue). Une piqûre peut tuer une souris (Passera 2007).

Entrée du nid de Paraponera clavata

Quelques autres arthropodes rencontrés :

Coléoptères :

D’autres Hyménoptères :

Quelques guêpes et abeilles…

Guêpe sp

Cette abeille de quelques millimètres, inoffensive du Nicaragua (appelée « Mariola ») est élevée pour son miel. Le nectar n’a bien sûr absolument pas le même goût que celui de nos abeilles (elles butinent sur les fleurs d’avocat). En outre, son miel est très liquide et la production ne dépasse pas le litre par ruche !

Ruche et nid

Isoptères :

 

Nids de termites omniprésents en forêt tropicale humide et sèche et quelques individus !

 

Lépidoptères :

En haut : papillon du genre Morpho et dessous le « Hibou » (Caligo eurilochus).

 

Orthoptères :

Sauterelle « feuille » (Nicaragua).

Criquet sp (Costa-Rica)

 

Arachnides :

En dehors des insectes, notons la présence de cette belle Arachnide :

Mygale sp (=Tarentule pour les anglophone). Nicaragua

 

Parce que ces deux pays ne sont pas qu’un « réservoir » d’insectes, je ne résiste pas à l’idée de vous montrer quelques représentants emblématiques :

Paresseux à trois doigts (Bradypus tridactylus).

Toucan à carène (Ramphastos sulfuratus)

Singe capucin avec son jeune (Cebus capucinus)

Evolution de la systématique myrmécologique

De nombreux changements sont intervenus dernièrement, dans la systématique concernant les fourmis : synonymies, modifications d’espèces ou de genres. Ces modifications touchent l’ensemble de la faune myrmécologique française.

Nous indiquons ici, les seuls changements qui impactent les espèces connues des Hauts-de-France :

  • Myrmica martini est mise en synonymie avec Myrmica scabrinodis.
  • Tetramorium « U2 » et Tetramorium « sp. D » sont mis en synonymie avec Tetramorium caespitum.

 

 

Myrmica schencki Viereck, 1903 : espèce identifiée dans le département de la Somme.

Deux prélèvements venus des communes de  Daours et de Corbie (merci Yann !!), viennent confirmer la présence de l’espèce dans le département de la Somme (80). Nous connaissions l’espèce dans quelques communes de l’Aisne et de l’Oise, mais ces occurrences « remontent » l’espèce géographiquement bien plus au nord. L’espèce n’étant pas encore connue du département du Nord (59), ni du Pas-de-Calais (62) à ce jour.

 

Ci-dessus : Myrmica schencki Viereck, 1903 : Cartographie picarde de l’espèce pour la période 2014-2017 (Conception : LC).

Ci-dessous : DAOURS, 1er site où l’espèce a été détectée par Yann Duquef – (Photo LC).

 

 

 

 

 

 

Fourmis parasites : découverte de 2 nids mixtes.

 

 

 

Les fourmis sont des insectes exclusivement sociaux et il n’existe aucune espèce « solitaire », comme c’est le cas chez les abeilles par exemple. Chaque  colonie est un lieu « fermé » à toute concurrence qui possède un « laisser-passer odorant » unique. Si d’autres fourmis (y compris de la même espèce) ne possèdent pas le « laisser-passer odorant », la guerre éclate.

Certaines espèces ont pourtant su trouver des parades en « copiant » ce laisser-passer, pour usurper, s’introduire dans une colonie. Il existe plusieurs formes de parasitages chez les fourmis.

Dernièrement, deux parasitages dit « temporaires » ont été immortalisés dans l’Oise. La reine parasite pénètre dans la colonie hôte, tue la reine profitant ainsi des ouvrières présentes pour faire élever son propre couvain. Au cours du temps, les ouvrières-hôtes meurent jusqu’à l’indépendance totale du nid parasité. Le parasitage est dit « temporaire » puisque la colonie est mixte uniquement pendant cette transition.

Le premier à été photographié cet été, sous une pierre forestière en compagnie de Jean-Luc Hercent. Nous avons observé un nid mixte de Formica. On y voit Formica rufa L. 1758 (flèche noire) bicolore, en compagnie de F. fusca, L. 1758 (flèche blanche) plus petite et entièrement noire.

Photo : J.L. Hercent.

Le second parasitage a été filmé dans une colonne de fourmis fourrageant en fin d’après midi. La qualité de la vidéo est très mauvaise mais on peut y voir des fourmis « noires » : Lasius fuliginosus (Latreille, 1798) en compagnie de fourmis « jaunes »  : Lasius umbratus (Nylander,1846).

Les Chthonolasius (fourmis « jaunes »), parasitent de manière temporaire d’autres espèces (Cautolasius et Lasius s. str. notamment).

Une fois indépendant, le nid de ces parasites, peut-être, lui-aussi la cible d’une autre espèce parasite : Lasius fuliginosus (qualifiée donc « d’hyper-parasite », selon Seifert, 2007).

Ici, la mixité est constatée aisément par la couleur différente des individus. Néanmoins, sur le terrain les nids mixtes contenant deux espèces « jaunes » peuvent passer complètement inaperçus !

 

 

Nouvelle fourmi pour le département de l’Oise : Dolichoderus quadripunctatus (Linné, 1771)

Découverte de l’espèce Dolichoderus quadripunctatus (L, 1771) à Fontaine Chaalis ce week-end. Une première donnée pour le département de l’Oise et plus largement dans les Hauts de France. C’est aussi le point le plus septentrional français à ce stade. Nous y reviendrons plus en détail dans le prochain bulletin.

 

Les 4 points caractéristiques sur l’avant du gastre, d’où son nom.

Photos et texte : L. Colindre

Maculinea et Myrmica : une relation indispensable papillon-fourmi.

Avertissement : Le texte utilise une multitude de répétitions : « Myrmica » et « Maculinea » indispensable à la compréhension du phénomène biologique. Par avance toutes nos excuses auprès de nos lecteurs !

Définition :

  1. Fourmi :

Le genre Myrmica regroupe aujourd’hui 23 taxons français depuis la découverte d’une nouvelle espèce pour la France en 2016. En Picardie, il a été répertorié 7 espèces. Souvent appelées « fourmis rouges », c’est un groupe homogène en coloration et en taille (env. 5 mm).

Gyne (à droite) et ouvrières Myrmica. Photo : L.C.

2. Papillon :

Le genre Maculinea (ou Phengaris) regroupe 4 espèces françaises de papillons (Lépidopètres / Rhopalocères). Ces papillons sont gravement menacés en France comme en Europe avec une perte estimée à 55% des populations en 22 ans (« The European Grassland Butterfly Indicator : 1990-2011 European Environment Agency, 2013 »). En Picardie nous connaissons 2 espèces :

  • M. arion (L. 1758) l’Azuré du serpolet connu dans l’Aisne exclusivement.
  • M. alcon (Denis & Shiffermüller, 1775) qui se divise en deux écotypes :
    • M. alcon « rebeli » (Hirschke, 1904) l’Azuré de la croisette. Aisne et Oise.
    • M. alcon « alcon » (Denis & Shiffermüller, 1775) l’Azuré des mouillères. Aisne et Oise.

Biologie :

Leur biologie nécessite non seulement la présence d’une plante-hôte (Gentiana) pour s’alimenter mais aussi (et c’est là leur particularité), d’une « fourmi-hôte ». La chenille terminant en effet sa nymphose dans une fourmilière.

Ponte Maculinea rebeli sur Gentiana cruciata, Photo : T. GERARD.

Au troisième stade, la chenille se laisse choir de sa plante-hôte. Une fois au sol et incapable de se déplacer (Als et al, 2001), les fourmis du genre « Myrmica » vont la transporter jusqu’au nid. La chenille « myrmécophile » dispose d’une molécule permettant d’imiter l’odeur (hydrocarbures) des Myrmica. Ce leurre (parmi d’autres, L. Passera et al, 2016) va permettre à l’insecte de se faire « adopter ». Sans ce subterfuge, la chenille se ferait tuer par les hyménoptères. Une fois prise en charge et installée dans le nid, elle bénéficiera de la protection des fourmis et sera alimentée par les ouvrières (Elmes et al, 1991), ou, selon l’espèce, dévorera le couvain (Thomas & Elmes, 1998).

Il semble que chaque espèce de Maculinea soit associée à un certain nombre d’espèces de Myrmica, mais, localement une espèce de Maculinea se spécialise sur une espèce particulière de Myrmica. Les études réalisées dans les Pyrénées sur M. alcon écotype « rebeli » montrent que certaines populations utilisent Myrmica schencki Viereck, 1903 et d’autres Myrmica sabuleti Meinert, 1861. Mais, si les chenilles utilisant M. schenki sont « prises en charge » dans un nid de M. sabuleti (et vice-versa), les chenilles meurent. Il y a donc bien adaptation locale du papillon à une espèce particulière de Myrmica. Dans chaque station il y a une espèce de Myrmica avec laquelle une espèce donnée de Maculinea aura plus de chances de se développer. Toutes les Myrmica d’un site en revanche ne peuvent pas jouer le rôle d’hôte. Par conséquent, dans les stations où plusieurs espèces de Myrmica coexistent, la chenille mourra si elle est ramassée par une autre espèce de Myrmica que son hôte « attitré ».

Globalement, Maculinea alcon écotype « alcon » utilise surtout Myrmica scabrinodis Nylander 1846, Maculinea alcon écotype « rebeli » utilise surtout Myrmica schencki Viereck, 1903 et Maculinea arion utilise principalement Myrmica sabuleti Meinert, 1861 (Thomas et al, 1989, P. Dupont, 2011).

Maculinea rebeli (Photo : T. Gérard)

Maculinea arion (Photo : T. Gérard)

Maculinea arion (Photo : T. Gérard)

La survie de la population de Maculinea dépend donc de nombreux paramètres :

    1. de la densité absolue des nids de l’espèce de Myrmica-hôte ;
  • de la proportion de ces nids par rapport aux autres espèces de Myrmica ;
  • de la présence de la plante-hôte pour les premiers stades de développement de la chenille ;
  • de la présence de fourmis-hôtes à proximité des plantes-hôtes.
  • de plan de sauvegarde d’habitats favorables.

Avant la mise en place d’un PNA (Plan National d’Action) en faveur des Maculinea, les études se concentraient plus particulièrement sur la plante-hôte. Aujourd’hui le travail passe d’avantage par l’identification des fourmis-hôtes compte tenu d’une meilleure connaissance de la systématique myrmécologique. Ainsi, en collaboration avec le Conservatoire des Espaces Naturels de Picardie (CENP), plusieurs études entrant dans ce cadre ont étés initiées pour la Picardie (la toute première dans l’Oise, T. Cheyrezy & L. Colindre, 2015) ou sont en cours.

Il est crucial de connaitre :

  1. les potentialités d’une station pour assurer la survie des populations de Papillons ;
  2. la présence, la répartition de fourmis du genre Myrmica ;
  3. le cortège de fourmis associé (bien qu’approximatif car les prélèvements du dispositif sont trop sélectifs) afin d’apprécier la compétition interpécifique.

Le rôle de l’ADEP étant de garantir l’identification des espèces de fourmis et de collaborer à la transmission des données vers la base nationale ANTAREA.

L’indispensable relation « tripartite » : plante-papillon-fourmi pour leur survie et lié à l’indispensable relation « tripartite » : botaniste-lépidoptériste-myrmécologue pour leur sauvegarde.

Outil d’aide à l’identification des Myrmica :

http://webissimo.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Antarea_Myrmica_DREALr_cle7f8b73.pdf

Remerciements :

A Thibaut GERARD pour ses clichés.

Bibliographie :

Als T.D., Nash D.R. & Boomsma J.J. (2001). Adoption of parasitic Maculinea alcon caterpillars (Lepidoptera : Lycaenidae) by three Myrmica ant species. Anim. Behav.62, 99-106 p.

Dupont P. (2011), PNA 2011-2015 en faveur des Maculinea. Document validé par la Commission faune du CNPN du 21 Octobre 2010, 138 p.

Duquef M, Fournal M. & Pruvost D. (2004) La Picardie et ses Papillons, Tome 1, les Rhopalocères, ADEP avec la participation du CSNP, 248p.

Elmes, G W , JC Wardlaw & J A Thomas (1991). Larvae of Maculinea rebeli, a large-blue butterfly, and their Myrmica host ants : wild adoption and behaviour in ant nests. J. Zool. (London) 223 : 447-460.

Passera L. & Wild A. (2016) : Formidables fourmis, Ed Quæ 160 p.

Thomas J A G W Elmes, J C Wardlaw & M Woyciechowski (1989). Host specificity among Maculinea butterflies in Myrmica ant nest. Oecologia 79 :452-457.

Thomas, J A & G W Elmes (1998). Higher productivity at the cost of increased host-specificity when Maculinea butterfly larvae exploit ant colonies through trophallaxis rather than by predation. Ecological entomology 23 (4) : 457-464.

Ouvrages myrmécologiques récents

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici les 4 principaux ouvrages traitants de la systématique myrmécologique.

fourmis-de-francefourmis-deurope-occidentale

Les auteurs : R. Blatrix -C. Galkowski – C. Lebas – P. Wegnez – 2013 et 2016 – Editions Delachaux et Niestlé.

Chaque livre possède une clé dichotomique (photos) des principales espèces.

fourmis-de-wallonie

Les auteurs : P. Wegnez – D. Ignace et al – 2012 – Editions SPW.

Clé dichotomique (photos) des espèces Wallonnes.

guide-des-fourmis-de-france

Les auteurs : T. Monnin – X. Espadaler – A. Lenoir – C. Peeters – 2013 – Editions Belin. Clé dichotomique (dessins) des principales espèces françaises.

 

Pour s’intéresser à leur écologie je vous propose de lire ce formidable ouvrage :

« Formidables fourmis » Luc Passera et Alex Wild, Ed Quae – 2016

 

Reconnaître les principales sous-familles de Fourmis.

 

 

 

 

Ordre : Hyménoptères – Sous-ordre : Apocrites – Infra-ordre : Aculéates

En France la famille des Formicidae est divisée en 6 sous-familles :

1- Les Dolichoderinae Forel, 1878 :

Très similaire à la sous-famille des Formicinae, les Dolichoderinae s’en distinguent par une fente cloacale (sans poil, flèche noire) et un gastre à 4 tergites. L’unique pétiole est porté bas et globalement incliné (flèche blanche). Les nymphes sont nues. En Picardie nous connaissons 2 espèces (1 genre).

dolichoderinae

 

2- Les Formicinae Latreille, 1809 :

Sous-famille caractérisée par l’unique pétiole dressé et porté haut (flèche). Le gastre comporte lui 5 tergites (cf. photo). Absence d’aiguillon remplacé par un acidopore (avec une frange de poils visible uniquement à la loupe à fort grossissement). Leurs nymphes se développent dans des cocons. Le Genre Formica est certainement le plus connu du grand public. Ce sont les fourmis rousses des bois formant de grandes fourmilières et comprenant souvent plusieurs centaines ou milliers d’individus. En Picardie coexistent 27 espèces (4 genres).

 

formicinae

 

3- Les Myrmicinae Lepeletier de Saint-Fargeau, 1835 :

Sous-famille caractérisée par un double pétiole (pétiole et post-pétiole cf. photo). L’abdomen porte un aiguillon fonctionnel rétractile et de taille très variable. Certaines espèces ne piquent cependant pas. Leurs nymphes sont nues. On trouve dans cette sous-famille le genre Myrmica qui offre aux chenilles de papillons de la famille des Phengaris (=Lycaenidae) la protection nécessaire à leur développement au sein de la fourmilière. Ce sont aussi les fourmis comprenant le plus d’espèces dans le monde. En Picardie : 20 espèces connues (8 genres).

 

myrmicinae

 

4- Les Ponerinae Lepeletier de Saint-Fargeau, 1835 :

Caractérisée par l’unique pétiole massif et un étranglement du gastre bien visible (flèches). Présence d’un aiguillon rétractile. Surtout des fourmis tropicales. En France, ce sont de petites espèces endogées. En Région nous avons identifié 3 espèces (2 genres).

 

ponerinae

 

Les deux autres sous-familles : Leptanillinae Emery, 1910 et Proceratiinae Emery, 1895 sont absentes de notre région (fourmis rares et/ou sous détectées, uniquement dans le Sud de la France).

 

Pour aller plus loin je vous invite à vous connecter sur le site de Claude LEBAS (Antarea) :

http://cle.fourmis.free.fr/

 Photos de l’auteur. Tous droits réservés.

 

Inventaire des fourmis picardes

Les fourmis sont des insectes sociaux qui connaissent un engouement récent chez les entomologistes. L’actualisation de la systématique de ce groupe depuis quelques années y a fait pour beaucoup. Depuis trois ans l’ADEP inventorie les espèces présentes sur notre sol et déjà 52 taxons y ont été identifiés. Les fourmis ont un rôle très important dans la nature, point sur lequel nous reviendrons régulièrement sur le site de l’ADEP.

Nous aurons besoin de vous pour nous aider dans cet inventaire, alors… à très bientôt.

L. Colindre

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Emergence de Gynes de Lasius flavus à l’essaimage. Photo : L. Colindre 2016.